La fin de l’ére Fournier n’aura pas été sans remous. Après l’hommage de circonstance qu’ont rendu les élus, saluant les 25 ans de mandat du maire Les Républicains, la politique a vite repris ses droits. Et pour cause : les élus ont examiné le choix de la ville de racheter à Rani Assaf, ex-président du club, le stade des Antonins (6,8 M€ hors taxe), le complexe d’entraînement de la Bastide (2,4 M€) ainsi qu’une enveloppe de 200 000 € pour le mobilier, les équipements et l’agencement. Un débat passionnant et passionné qui s’est d’abord matérialisé par la « DM » (Décision modificative) du budget 2026, votée en décembre, pour permettre cette acquisition.
François Courdil et les « socialo-communistes »
A priori technique, cette « DM » inscrit une dépense supplémentaire de 9,5 M€ dans la section d’investissement. L’écriture comptable a vite enflammé le conseil. Il faut dire que le discours du rapporteur, Franck Courdil, était loin d’adoucir les esprits. Remplaçant l’adjoint aux Finances, Frédéric Escojido, il démarre : « Sans cette acquisition, le club restait dépendant d’un ancien président qui détenait à la fois les équipements structurants et la marque. Une situation ni saine ni durable. Cette clarification patrimoniale était une condition indispensable à la survie du club. » L’ancien adjoint aux Finances, Pascal Gourdel, objecte : « On peut s’interroger sur la sincérité du budget voté en décembre et du niveau final de l’endettement ! » Le trentenaire défend : « Nous n’avions pas l’avis de France Domaine ! Ça n’aurait pas été sérieux… »
Un tantinet véhément, François Courdil lance : « Sans la volonté du maire, celle de Franck Proust et de la majorité municipale, le Nîmes Olympique n’existerait plus. » Sifflets du public et des élus d’opposition du groupe Nîmes citoyenne à gauche, présidé par Vincent Bouget. Le candidat de la gauche unie (hors LFI) qui a sur sa liste l’ancien président du groupe de supporters Les Gladiators, Dimitri Pialat. « Mais, il est en train de s’arranger… », a lâche même Yvan Lachaud, membre du groupe Les Progressistes. François Courdil va (encore) plus loin en citant la subvention de la ville versée au club : « Un soutien à des années-lumière de la participation décorative du Département et de la Région ! C’était sûrement mieux comme ça, vu l’état de délabrement financier de la gestion socialo-communiste… » Outrée, Sylvette Fayet s’indigne : « Arrêtez M. Courdil, arrêtez ! » « Tout ce qui est excessif devient insignifiant ! », répondra Vincent Bouget.
Vincent Bouget rappelle le « péché originel »
Les élus ont ensuite abrogé la délibération pour la vente du stade des Costières à Rani Assaf. Une décision du tribunal administratif après celle de la ville de ne plus vendre l’équipement. En bon professeur d’histoire, Vincent Bouget fait la génèse du dossier Nîmes olympique : « Il y a dans cette affaire le péché originel. » S’adressant aux élus de la majorité : « Vous vous êtes fait complices du mensonge de Rani Assaf : la vétusté prétendument insurmontable du stade des Costières. Il fallait détruire un stade de 30 ans, signé par un grand architecte, mal entretenu certes, alors même qu’aucune étude sérieuse n’était présentée. »
Plus tard, Franck Proust indiquera : « le stade des Costières nous coûtait 3 M€ de frais de fonctionnement par an ! » Vincent Bouget poursuit sa charge : « Pendant plusieurs années, vous vous êtes accommodés de cette situation… Puis, quand il est devenu évident que le projet de Rani Assaf ne correspondait en rien à un projet sportif acceptable, que la colère des supporters grondait après la perte de l’agrément du centre de formation... Vous avez changé de discours » Seulement, « vous vous êtes rendus impuissants, vous avez affaibli notre club ! »
À qui la faute ?
S’il attendait la délibération officielle sur l’acquisition des infrastructures, Franck Proust n’a pu s’empêcher de riposter : « C’est facile les commentaires a posteriori ! À l’époque où la décision est prise, Nîmes Olympique est en première division. On nous apporte un projet de stade à 240 millions, dont pouvait bénéficier le tissu économique nîmois… Vous-même, vous rencontrez M. Assaf et, sur une émission Objectif Gard, vous avez dit que ce n’était peut-être pas mauvais pour Nîmes. » « Vous mentez ! » lui répondent les élus de gauche.
Nule doute que le sort du Nîmes olympique sera tranché, en mars, par les urnes.