Le soleil n’est pas encore levé. Il est 7h15 ce matin, les premiers Nîmois sont déjà postés devant les portes de l’hôtel de la rue Dorée. « J’ai vu que c’était le dernier conseil municipal du maire. Cette fois, je l’ai noté dans mon agenda pour y assister », commente cette maman de deux enfants. « Nous, on est venu encore plus tôt pour avoir de la place dans le public… », commente Hugo Carlos, collaborateur du groupe Nîmes citoyenne à gauche. Jean-Paul Fournier s’avance. Accompagné par Franck Proust, premier adjoint et candidat à sa succession, le maire marque un arrêt à l’entrée de la salle comme s'il saisissait toute la symbolique de cette dernière séance.
Jean-Paul Fournier : « La flamme ne s’éteindra pas »
Le conseil s’ouvre. Le premier magistrat lit quelques mots sur sa feuille : « C’est un moment très particulier pour moi. J’aborde mon dernier conseil municipal après plus de 40 ans de vie politique et 25 ans de mandat. » Dressant un bilan global, l’édile défend : « Durant un quart de siècle, le paysage urbain a sensiblement évolué. Nîmes a vu son nombre d’habitants croître, elle s’est embellie. Son image a changé, elle est plus attractive. » Il dit toutefois ne pas « sous-estimer » les difficultés restant à surmonter : « La lutte contre le narco-trafic, la continuité de la rénovation des quartiers prioritaires… »
Revenant sur sa pratique politique, l’élu du 'canal historique' RPR - puis UMP et Les Républicains - se souvient des « débats parfois musclés » au sein de l’hémicycle (…) le rapport (avec les Nîmois, NDLR) n’a pas toujours été facile, j’en conviens. Un grognard au contact des réboussiers, ça fait des étincelles. » Enfin, Jean-Paul Fournier estime qu’être maire « a été l’honneur d’une vie (…) La flamme ne s’éteindra pas. » Terminant en « remerciant les Nîmois » qui l'ont élu à quatre reprises, « ce record je leur dois. » Les élus applaudissent. L’opposant communiste, Vincent Bouget, demande la parole. Candidat de la gauche unie (hors LFI) pour prendre sa place de maire en mars prochain, le Nîmois salue à sa manière Jean-Paul Fournier : « Nos désaccords ont été nombreux… Mais il est normal de reconnaitre la durée de l’engagement que vous avez consacré à la ville. »
Julien Plantier : « Je vous le dis dans le blanc des yeux… »
Également dans la sobriété, la présidente du groupe Les Progressistes, Valérie Rouverand, reconnait que « il arrive un moment où le combat politique doit savoir s’effacer devant le respect dû à une personne, à un parcours, à un engagement. Cela ne signifie ni l’oubli, ni l’adhésion totale. » Allocation attendue, Julien Plantier, ex-premier adjoint répudié pour sa candidature aux municipales, a également salué son parcours, précisant : « Nous sommes nombreux à avoir œuvré à vos côtés et à vos réussites. Il serait prétentieux de prétendre détenir le monopole de votre héritage. » Une petite banderille à Franck Proust, candidat LR, soutenu par Jean-Paul Fournier ?
Le quadragénaire poursuit, réglant ses comptes avec quelques "collaborateurs" : « Lorsque j’ai pris ma décision d’être candidat aux municipales, après en avoir discuté à de multiples reprises avec vous, ça a bouleversé notre relation. Il faut dire que certains de vos collaborateurs, très éloignés des préoccupations quotidiennes des administrés et uniquement guidés par des stratégies politiciennes, vous y ont particulièrement aidés, n’hésitant pas à vous mentir sur mes intentions et propos. » Le conseil se poursuit. À la fin de ce dernier, le premier adjoint Franck Proust a également prévu un hommage. Pour l'heure, une interruption de séance a lieu après les délibérations concernant le rachat du stade des Costières et des Antonins, qui a particulièrement animé le dernier conseil de Jean-Paul Fournier.