Après la feria des pitchouns, un premier toro piscine, la soirée alésienne des gardians, et les courses camarguaises, place à la tauromachie espagnole avec un mano a mano
Installé au Mas du Sire, près de Quissac, l’élevage de Michel Barcelo est bien connu des aficionados du sud. Issus d’origines Domecq (Antonio Palla - Santafé Marton), ses erales sont appréciés pour leur noblesse et leur mobilité. Ils avaient déjà marqué les esprits au Tempéras lors de la novillada 2024.
À Saint-Dionisy, à deux pas de Nîmes, Joe Gabourdes a fondé cet élevage déjà remarqué. Ses becerros, sont issus du sang d’El Torero, de Jandilla et des Hermanos Sans Pedro. Vifs et exigeants, ils avaient brillé lors de l’édition de la feria de l’Ascension 2025.
L'enfant du pays, même s’il est né à Marseille il y a bientôt 20 ans, s’appelle Mathias Sauvaire. Mais le jeune se fait appeler Matias quand il est dans le ruedo. Ceux qui l'ont vu débuter à Alès il y a deux ans verront qu’il a changé de vie pour continuer celle-là. Deux becerros ce matin et deux possibilités de briller. Le premier sera de Barcelo, un noble, sans vice mais tantôt faible tantôt sans course franche. Le piéton l’attend devant la porte du toril, les genoux en terre, pour lancer la course sur les rails du spectacle. Réussi de justesse mais il prendra Mathias plus tard. Sans se déconcentrer t sans trop cogiter, l’apprenti fait l’effort d’y retourner, comme toujours, et de continuer l’apprentissage. De bons moments à droite, des instants relâchés et agréables à gauche. Vuelta.
Le jeune novillero brindera son second de La Suerte à Sanchez Vara avec qui il s’entraîne et passe pas mal de temps à Madrid. Le maestro torée l’après-midi mais il est là, près de Mathias pour lui donner quelques tuyaux toujours sympas ! Le jeune écoute comme il se doit, avec toute l’humilité qui est la sienne. Pas facile de se lier avec cet adversaire mais le jeune fait encore une fois l’effort, il met la jambe, se la fait prendre mais revient et persévère jusqu’à l’obtention de l’oreille. Heureux de couper « à la maison » avec famille et proches pour le voir. Mais pour lui, hélas, la course ne s’arrête pas là. Oreille.
Week-end de l’Ascension, il était normal de voir Rémy Asensio ! C’est un Nîmois de deux ans plus jeune que Matias. Comme son compañero qui a décidé de partir à l’école de Madrid, il s’est aussi expatrié mais en Andalousie, à l'école de San Fernando. Un an après ses débuts dans la catégorie on le voit dans un bon moment. Reconnaissant de ce que fait pour lui Serge Alméras, il lui brin son premier opposant marqué du fer de La Suerte, un bicho haut et volumineux que Rémy prend avec cœur. On le verra plus s’exprimer à gauche et terminer par des manoletinas avant de saluer car c’est à la mort que le Nîmois a probablement perdu son trophée.
Avec son becerro de Barcelo, le jeune veut tout donner. Il l’attend à genou sous la présidence. Un joli moment, maîtrisé et honnête. Il veut rééditer cela, avec la muleta, en début de faena et au centre de la piste. Le becerro passe une fois, revient, passe une seconde fois puis, à la troisième… La corne gauche percute l’œil gauche du piéton qui est propulsé à terre. Un coup de sabot plus tard, Mathias et les subalternes le portent à l’infirmerie. Direction le CHU pour un scanner. Mathias se remet dans le bain et doit finir le boulot, chose qu’il fait bien, calmement.