Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.04.2026 - Propos recueillis par Norman Jardin - 6 min  - vu 395 fois

FAIT DU JOUR Morgan Puel (NO) : « Ce club nous prend aux tripes »

Morgan Puel est l'entraîneur adjoint de Nîmes Olympique.

- Photo : Norman Jardin.

Toujours de bonne constitution, l’entraîneur adjoint de Nîmes Olympique se partage entre une activité professionnelle la nuit et les Crocodiles le jour. À 34 ans, le Gardois savoure chaque instant dans son club de cœur. Il évoque la fête votive du Cailar, Football Manager, Zidane et bien sûr le métier d’entraîneur, sujet sur lequel il est intarissable.

Objectif Gard : Êtes-vous le plus gardois des membres du staff de Nîmes Olympique ?

Morgan Puel : Je n’en sais rien, mais en tous cas, je suis né à Nîmes, j’ai grandi au Cailar et je suis aussi passé par Le Grau-du-Roi. Je suis un pur Gardois (rires).

Vous avez donc baigné dans la culture camarguaise ?

Oui, il y a quotidiennement des manifestations sur la culture camarguaise. C’est difficile d’y échapper.

Cela veut-il dire que vous êtes un passionné de bouvine ?

Pas forcément, j’étais plus focalisé sur le football, mais ça a commencé à devenir compliqué pour moi, je suis allé un peu plus voir les taureaux.

« Cet été, je serais peut-être en train de courir du pré jusqu'aux arènes »

Si on vient à la fête du Cailar cet été, on va rencontrer le Morgan « festaïre » ?

(Rires) En tous cas, je serais peut-être en train de courir du pré jusqu'aux arènes parce que c’est quelque chose que j’aime bien faire avec les calèches et les taureaux. Ça reste quelque chose qui reste propre au département et des traditions qui sont importantes. Mais je ne serais pas en train de courir après des taureaux dans une abrivado. Après, c’est début août, s’il y a une montée en Ligue 3, on sera à l’entraînement de Nîmes Olympique.

Auriez-vous pu vous diriger vers autre chose que le football ?

Non, et en privilégiant le football, j’ai un peu délaissé les études. Je me suis retrouvé au lycée Dhuoda, où je m’orientais dans les métiers du bâtiment. J’ai eu mon bac, mais c’était un secteur professionnel que j’avais choisi par défaut. En fait ça ne me plaisait pas et j’ai tenté la fac de sport, mais je m’y suis pris trop tard.

Que s’est-il passé ?

L’ancien président du club du Cailar, Simon Salert (le père de l’ancien Crocodile Gaétan Salert, NDLE), m’a proposé un contrat jeune pour encadrer des équipes. J’avais 17 ans et cela me permettait de continuer à jouer et à gagner de l’argent. C’est comme ça que j’ai commencé à passer mes diplômes d’entraîneur.

« Je mangeais dans ma voiture »

Parlez-nous de votre carrière de joueur.

J’ai joué jusqu’à l’âge de 27 ans. J’ai porté le maillot du Cailar, Marsillargues et à Aimargues au niveau régional. J’ai même fait des essais à Nîmes Olympique en tant que joueur, mais ça n’a jamais été concluant.

À quel poste ?

J’étais un peu le couteau suisse, un peu 8, un peu 6, un peu défenseur central et même attaquant.

Entraîneur et joueur à la fois, ce n’est pas trop compliqué à gérer ?

À force de monter de niveau en tant qu'entraîneur, je ne pouvais plus concilier les deux. Je jouais en DHR, l'équivalent de la R2. Le matin je partais en tant qu'entraîneur d’une équipe de jeunes et l’après-midi je jouais. Entre temps je mangeais dans ma voiture. J’ai fait ça pendant deux ans mais à un moment il a fallu faire un choix et j’ai facilement arrêté de jouer.

« À Football Manager, je prenais Nîmes, mais je n’ai pas souvent gagné des titres »

Avez-vous toujours été attiré par le métier d’entraîneur ?

Oui, et je me souviens, déjà tout petit, on jouait dans notre lotissement, je m’amusais à être entraîneur en notant mes consignes dans un cahier.

Étiez-vous un adepte du jeu vidéo Football manager ?

J’ai arrêté, ça prend trop de temps (rires). À Football Manager, je prenais toujours Nîmes mais honnêtement je n’ai pas souvent gagné des titres. Ce qui m'intéressait, c'était le côté compétition et construction. Je passais du temps sur les réglages des entraînements.

Quel est votre parcours d’entraîneur ?

À chaque fois avec des équipes jeunes : Le Cailar, Vergèze, puis je suis allé entraîner les U14 de l’OAC pendant quatre ans.

« La nuit, je travaille dans le transport à Garons et le matin je suis à la Bastide pour préparer les séances »

Pourquoi ne pas avoir continué à Alès ?

J’étais bien à Alès, mais je travaillais la nuit dans le transport et avec la route et les entraînements ça devenait difficile à gérer. Il fallait que je trouve quelque chose de moins loin de mon domicile.

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Morgan Puel toujours aux petits soins pour les joueurs  • Photo Anthony Maurin

Avez-vous conservé cette activité professionnelle ?

Oui, la nuit, je travaille de 2h à 7h30 dans le transport à Garons et le matin, dès 7h45 je suis à la Bastide pour préparer les séances. Je me repose ensuite l’après-midi.

Comment êtes-vous arrivé à Nîmes Olympique ?

J'échangeais régulièrement avec Aurélien Boche qui était au club et j'ai tout simplement déposé mon CV. Puis, le 27 juillet, c’est la fête de maman, je me recueillais sur sa tombe et c’est à ce moment-là que Thierry Lorenzo m'appelle et il m’annonce que je prends en charge les U14. Ça a duré quatre ans, puis j'ai eu les U16 un an avant d’arriver à la N2. D'ailleurs, quand Mika (Mickaël Gas, NDLR) m’appelle pour me proposer de le rejoindre l’été dernier, j’étais à Marignane et je rentrais de notre voyage de noces (rires) à Palma de Majorque. J’attendais mes bagages. Deux ans plus tôt, je n’avais pas saisi l’opportunité de prendre les U16 et j’ai compris qu’il faut prendre le train quand il passe.

« Aujourd’hui, je me sens prêt à travailler avec un groupe de seniors »

Toutes les équipes s'entraînent-elles de la même façon ?

Non, car selon les âges, les aspirations ne sont pas les mêmes. Certaines catégories ne veulent que prendre du plaisir et d’autres privilégient la performance.

C’est la première fois que vous occupez un poste d’adjoint, vous voyez-vous un jour redevenir entraîneur principal ?

Je ne ferme pas la porte. Je pense qu’il me fallait cette année d’expérience en tant qu’adjoint. Aujourd’hui, je me sens prêt à travailler avec un groupe de seniors.

Qu’aimez-vous de particulier dans le métier d’entraîneur ?

À une époque j’aurais dit la formation, mais depuis que je suis passé avec des joueurs plus grands, les deux points fondamentaux, c’est l’aventure humaine et aider du mieux que je peux. Je suis là pour aider les joueurs en dehors du terrain.

« Zidane s’est arrêté pour nous faire coucou »

Le football vous a-t-il permis de tenir le coup dans les moments difficiles ?

Complètement. J’ai perdu ma maman très tôt et mon papa est parti il y a deux ans. Je sais que le foot m’a aidé à passer ces moments. Il y a aussi ma femme, Marion, qui a été très importante.

Avec votre rythme professionnel très soutenu, vous reste-t-il du temps pour profiter de votre famille ?

(Rires) C'est une planification dantesque. J’essaye de planifier au mieux. La difficulté est d’être là pour Marion, qui m’a toujours connu dans le foot, mais aussi pour nos enfants (un garçon de 8 ans et une fille de 5 ans). 

Marion est-elle une fan de football ?

(Rires) Ça, il faudra lui demander, mais je pense un peu. En tous cas elle m’apporte beaucoup sur l’aspect extra-sportif car elle a un œil extérieur et elle m’aide sur des choses auxquelles je n’aurais pas pensé. En revanche, je ne sais pas comment elle vit les matchs. En tous cas elle vient à toutes les rencontres aux Antonins. Quant à notre fils, il est à fond derrière Nîmes Olympique.

« J’ai la cassette VHS de la demi-finale de la coupe de France Nîmes – Montpellier »

Quand vous aviez l’âge de votre fils, quel est le joueur qui vous faisait rêver ?

Zidane reste la référence et j’ai encore ce souvenir aux Costières quand France 98 avait joué un match de bienfaisance au profit des sinistrés des inondations. Je l’ai vu passer et il s’est arrêté pour nous faire coucou. Ça m’a marqué.

Votre histoire avec Nîmes Olympique débute à quel moment ?

Ça a toujours été le club de mon cœur, même si j’ai toujours bien aimé Monaco sans trop savoir pourquoi. Je me souviens de l’épopée nîmoise en Coupe de France en 2005. J’avais fait tous les matchs en pesage. J’ai retrouvé la cassette VHS de la demi-finale de la coupe de France Nîmes – Montpellier de 1996 que mon papa avait enregistrée et une autre de quand il m’avait filmé en débutant. Ce sont de très bons souvenirs que j’ai vécus avec mon papa qui était très fan de Nîmes et c’est lui qui m’a transmis cette passion. Ce club nous prend aux tripes. C’est notre ville et on a envie d’y réussir.

Votre père était un grand supporter du club dans lequel vous êtes aujourd’hui l'entraîneur adjoint. Émotionnellement, cela doit faire remonter des choses très fortes ?

Le premier match de la saison contre Limonest, le contexte était déjà émotionnellement fort et j’ai tout de suite pensé à lui. Le moment du rituel quand on se met en cercle au milieu du terrain, je sentais les émotions monter. Je pensais à lui et aussi à ma maman qui m’a beaucoup soutenu dans cette voie. Cette saison, il y a eu pas mal de clins d’œil, par exemple le déplacement à Istres puisque mon père était de là-bas. S’il était là, il m’appellerait tous les jours pour me poser des questions sur l’équipe et il viendrait à tous les matchs.

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