Publié il y a 1 h - Mise à jour le 04.04.2026 - Tony Duret - 2 min  - vu 290 fois

AU PALAIS Une contrariété, un coup : gare à la terreur de Conqueyrac !

Il faudra près de quinze minutes au président du tribunal correctionnel d’Alès, Vincent Edel, pour égrener les 25 chefs de prévention visant Julien, un quadragénaire au crâne rasé à blanc et à la carrure imposante.

« Ce monsieur est incapable de gérer ses émotions et se prend pour la justice », résume la procureure du tribunal alésien devant lequel Julien était jugé vendredi matin. À la barre, ce prévenu de 47 ans, auto-entrepreneur qui vit à Conqueyrac, tente de justifier les nombreuses violences qui lui sont reprochées, se trouvant à chaque fois des circonstances atténuantes. Il reconnaît effectivement avoir frappé un locataire à qui il loue une parcelle. Mais, il y a un mais… « Je loue des jardins potagers. Sauf que ce monsieur y organise des fêtes techno et y fabrique de la kétamine ». Cela méritait-il pour autant des violences ? « Si ma main a terminé dans le visage de cette personne, ce n’était pas mon intention », a-t-il déclaré aux gendarmes. Sa victime présumée, qui a fait le déplacement au tribunal, est toujours choquée : « C’est une personne particulièrement violente. Et dès que quelque chose ne lui plait pas : il frappe. Et il frappe fort… »

Les inconnus qui croisent sa route ne sont pas plus épargnés. Lors d’une brocante, il accuse un homme d’avoir pris une clé à molette à son fils. « Je lui ai demandé de me la rendre et il n’a pas voulu… » Sanction : une gifle ! Un autre jour, il lance une chaise sur un autre locataire. « Oui, mais elle était en plastique ». Un troisième homme reçoit une bûche de bois dans le dos. « Je l’ai jetée, mais je ne voulais pas lui faire mal ». Julien a réponse à tout. Et s’il s’emporte si souvent, assure-t-il, c’est parce que ses locataires lui « mettent la pression ». « Vous n’avez pourtant pas l’air impressionnable », glisse le président Edel, un brin ironique. « J’ai aussi des acouphènes qui me rendent très irritable », complète-t-il.

Deux fusils découverts à son domicile

Au fil de l’audience, les épisodes de violence s’accumulent : un automobiliste frappé, une ex-compagne qui découvre un traceur GPS sous sa voiture et reçoit un coup à la lèvre. « Un concours de circonstance », se défend Julien. Un autre homme se serait fait insulter et menacer de mort au niveau d’un rond-point : « Il a mal lu sur mes lèvres. » Même sa famille y passe. Il est accusé d’avoir menacé une cousine avec qu’il partageait un chalet en indivision. Terrorisée, elle témoigne : « C’est une personne nocive. J’en ai très très peur, surtout après tout ce que j’ai entendu à cette audience. »

Comme si cela ne suffisait pas, les gendarmes ont découvert à son domicile deux fusils accompagnés de munitions. « C’est pour tirer les sangliers », explique Julien, qui a trois mentions sur son casier judiciaire. Mais le juge s’inquiète légitimement de leur usage en cas de nouvelle explosion de colère.

La procureure résume l’affaire en évoquant « un véritable climat de terreur » qu’il infligerait « à ses voisins, ses locataires, des inconnus et même à sa propre famille ». Elle requiert deux ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire, avec obligation de soins et d’indemnisation des victimes. Elle demande également l’interdiction de port d’arme et de contact avec les victimes. Le jugement a été mis en délibéré au 14 avril prochain à 9h.

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