Quelques semaines avant la Feria d'Alès, et après les élections municipales qui se sont déroulé dans un climat marqué par la hausse historique du Rassemblement National lors des dernières élections municipales, le Prolé, lieu historique de rassemblement du Parti Communiste a tenu une conférence de presse. Giovanni Di Francesco, représentant du PCF à Alès, a rappelé ce contexte pour aborder la violente aggression subit par ses camarades le 30 mai dernier. « On assiste à une banalisation de la violence politique, et cette affaire en est un exemple criant. Les faits sont suffisamment graves pour avoir justifié la dissolution du Bloc Montpelliérain, mais l’enquête judiciaire, elle, n’avance pas », a-t-il déclaré.
Une agression collective, des victimes toujours en attente de justice
Le 3à mai 2025, lors de la Feria d’Alès, une agression violente a eu lieu au Prolé, un lieu associatif emblématique de la ville. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une victime gravement touchée. Les faits, qualifiés de violences collectives préméditées, ont été documentés par de nombreux témoins, mais le dossier peine à aboutir.
Cécile Alphon Layre, représentante des victimes, a rappelé l’ampleur des conséquences de cette agression : « Au-delà des blessures physiques, les victimes ont subi un traumatisme psychologique profond, avec des arrêts de travail prolongés. Pourtant, malgré les témoignages et les reconnaissances formelles des agresseurs lors des confrontations, aucune suite n’a été donnée à l’enquête. »
Les victimes, confrontées à trois suspects interpellés puis relâchés, attendent toujours une réponse judiciaire. « On nous a promis des actes complémentaires, mais aujourd’hui, près d'un an après les faits, nous n’avons toujours aucune nouvelle », a-t-elle ajouté.
Un manque de communication et des témoignages ignorés
Les avocats des victimes, Sophie Mazas et Ralph Blindauer, ont dénoncé un manque de transparence de la part du parquet de Montpellier, en charge du dossier. « Le procureur a annoncé des investigations complémentaires, mais nous n’avons aucun contact avec lui. Pire : plusieurs témoins directs, dont des personnes présentes à deux mètres des faits, n’ont jamais été sollicités par la justice », a expliqué Sophie Mazas.
Ralph Blindauer a souligné l’urgence à faire avancer le dossier, évoquant la possibilité de saisir le tribunal correctionnel pour faire pression sur les autorités. « L’État a la responsabilité de faire respecter le droit et de protéger les victimes. Si la justice ne joue pas son rôle, nous serons obligés d’agir par nous-mêmes », a-t-il déclaré.
Le Bloc Montpelliérain dissous, mais l’enquête stagne
La dissolution du Bloc Montpelliérain, annoncée en mars 2026, a été saluée par les participants à la conférence de presse. Pourtant, cette décision administrative n’a pas eu d’impact sur l’avancée de l’enquête judiciaire. « Les faits sont suffisamment établis pour justifier cette dissolution, mais il est incompréhensible que les auteurs présumés de l’agression ne soient pas déférés devant la justice », a regretté Sophie Mazas.
Les participants ont également rappelé que, dans d’autres dossiers similaires, comme celui de l’agression de Lyon où un jeune a perdu la vie, les enquêtes aboutissent plus rapidement. « Pourquoi cette différence de traitement ? », s’est interrogé Giovanni Di Francesco.
Une mobilisation pour la Feria 2026
Alors que la Feria d’Alès approche, les organisateurs du Prolé ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité pour l’édition 2026. « Nous ne céderons pas à la peur. Le Prolé reste un lieu de fête et de rencontre, ouvert à tous. Mais nous serons vigilants », a assuré Giovanni Di Francesco.
L’événement a également été l’occasion de rappeler l’importance de la solidarité lors de l’agression de 2025. « Sans l’intervention des autres participants, les blessures auraient été bien plus graves. Cela montre que, face à la violence, c’est la mobilisation collective qui fait la différence », a conclu Cécile Alphon Layre.