Un conseil municipal à 9 heures avec une seule délibération à l’ordre du jour : autoriser l’ONF à vendre le bois coupé des arbres de la centaine d’hectares de pinède, ravagée par les flammes, le dimanche 5 juillet. « L’opération devrait démarrer en septembre. On a rencontré l’ONF la semaine dernière. Les pins restants vont être coupés et revalorisés en les vendant à des scieries. Les chênes, eux, resteront sur pied, sauf s’ils sont trop abîmés », explique le nouveau maire, Christophe Zaragoza. Quant à l'argent de ces ventes « sera reversé à la mairie ».
L'expérience de l'incendie de 2022
L’édile aura connu un début de mandat sur les chapeaux de roues. Même si cet ancien premier adjoint de Frédéric Beaume, relativise : « Nous avions eu l’expérience du feu de 2022. À l’époque, la mairie avait ouvert la salle des fêtes dans le cas où nous aurions besoin d’accueillir des habitants. Nous l’avons donc fait, permettant à une quinzaine de personnes d’être évacuées par précaution. » Autre leçon de 2022 : « Notre château d’eau s’était retrouvé à sec, utilisé par les pompiers. Cette fois, les secours ont pris de l’eau dans d’autres territoires. »
De ce sinistre, l’élu retiendra surtout l’action des secours, des élus et des habitants : « Au plus fort de l’intervention, nous avons eu 450 pompiers avec 110 véhicules, sept Canadair, un avion Dash et deux hélicoptères Puma. Notre chance a été d’avoir la base de Garons à côté pour une intervention dans les 20 premières minutes. Sans quoi, le bas du village aurait brûlé. » Le mardi soir, soit deux jours après le départ des flammes, « nous avions encore 110 pompiers présents. Le vendeur de pizzas, la supérette ou encore le restaurant à l’entrée du village ont été solidaires pour nourrir les pompiers et leur fournir de l’eau… »
Les élus de Nîmes Métropole « ont également aidés et apporté des messages de soutien. Ça fait du bien… » L’incendie de Lédenon aura toutefois connu une polémique à la suite de la tribune de la députée européenne, Chloé Ridel. Cette dernière - ayant vécu dans le village - demande une réglementation plus stricte concernant l’ouverture du circuit automobile en cas de risque d’incendie. Le maire objecte : « Le circuit n’est pas responsable de l’incendie. Le feu n’a pas totalement démarré à côté de la route. Les images satellites ont fait apparaître deux colonnes de feu. Certains pensent que l’incendie était criminel… »
« On n'est pas à l'abri que des lapins fument des joints ! »
Pour Christophe Zaragoza : « Le circuit n’est pas le problème, c’est l’humain. » Et de poursuivre : « Oui, on n’est pas à l’abri que quelqu’un qui vienne au circuit jette un mégot, qu’un touriste le fasse aussi… On n’est même pas à l’abri que des lapins fument des joints dans la garrigue ! », moque-t-il. Le maire rappelle : « Les chemins dans les massifs font circuler les habitants du village. Je ne peux pas mettre mon village sous cloche. » Et d’ajouter, à l’endroit de Chloé Ridel : « Elle a le droit d’exprimer des positions, d’avoir ses avis. Le défoulement contre elle, sur les réseaux sociaux, est inacceptable. Toutefois, sur le fond, il faut raison garder… »