Publié il y a 1 h - Mise à jour le 09.07.2026 - Propos recueillis par Corentin Corger - 4 min  - vu 177 fois

COUPE DU MONDE Adil Hermach : "Le Maroc va regarder la France droit dans les yeux"

adil hermach nîmes olympique versailles

Adil Hermach

- Photo Anthony Maurin

Ce soir à 22 heures, la France et le Maroc se retrouvent en quart de finale de la Coupe du monde de football. Un match forcément particulier pour Adil Hermach. Né à Nîmes, ancien joueur et entraîneur de Nîmes Olympique, le Franco-Marocain a porté le maillot des Bleus en jeunes avant de devenir international sous le maillot des Lions de l'Atlas. Il donne son sentiment avant ce choc. 

Objectif Gard : Que devenez-vous depuis votre départ il y a un an de Nîmes Olympique ?

Je suis conseiller du président au Wydad Casablanca, l'un des plus grands clubs d'Afrique et le club le plus titré du Maroc. Il y a beaucoup de choses à faire. Après avoir changé de coach plusieurs fois dans la saison, je me retrouve à dépanner comme entraîneur sur les trois derniers matchs dans un contexte particulier, puisque la saison est déjà finie mais on joue encore. Donc vivement la fin. En tout cas, c’est une expérience de malade dans un club incroyable avec le top trois des meilleurs supporters au monde. J’espère continuer dans mon premier rôle car c’est un poste que j’apprécie.

Comment les Marocains abordent-ils ce choc face à la France ?

Le Maroc vit au rythme des matchs de foot. On peut s’en vanter, il n’y a pas beaucoup de pays dans le monde comme nous. Quand le Maroc joue, il n'y a plus personne dans les rues. Les commerces ferment. Tout s'arrête. Tout le peuple est derrière son équipe. France-Maroc, c’est encore particulier car c’est un pays avec qui on a de très bonnes relations, il y a une forte communauté de Marocains en France et vice versa. C’est un gros match de football entre peut-être les deux meilleures nations sur ce Mondial.

Et vous ?

Je l’ai déjà dit, je supporterai le Maroc bien sûr. Maintenant, si la France passe en demi, on supportera la France contre n’importe quel autre pays.

"L'équipe réserve de la France pourrait être en quart de finale"

Qu’est-ce qui a changé par rapport à la demi-finale gagnée par la France en 2022 ?

Il y a quatre ans, le Maroc était satisfait d’être arrivé à ce niveau. C’est déjà un exploit ce que l’on a fait. Aujourd’hui, certains observateurs ont mis le Maroc dans les favoris. Il y a une différence de statut, de confiance et d'attente du peuple marocain vis-à-vis de cette équipe nationale. On voulait rencontrer la France le plus tard possible et c’est valable dans les deux sens. C'est une affiche qui a des allures de finale. De se rencontrer dès les quarts de finale, c’est dommage. Ce soir, le Maroc va jouer crânement sa chance et n’est plus le Petit Poucet qui crée la surprise. Le Maroc va regarder la France droit dans les yeux. Les Marocains jouent tous dans des grands clubs. La France va quand même devoir se méfier car il y a plus d'expérience et de fraîcheur. Après, il faut le dire, la France est meilleure qu'en 2022. Aujourd'hui, c’est la meilleure équipe du monde avec le plus gros effectif, de loin. L'équipe réserve de la France pourrait être en quart de finale. Si les joueurs perdent mais mouillent le maillot, le peuple marocain ne leur en voudra pas.

hermach maroc
Adil Hermach a été international marocain entre 2008 et 2014 • PANAPRESS/MAXPPP

Comment on explique ce changement de statut ?

C’est un tout. On a vu lors de la CAN 2026 organisée au Maroc que les pelouses étaient meilleures que certaines aux États-Unis. Ce n’est pas pour rien que le Maroc co-organise la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Aujourd'hui, le Maroc a pris une place centrale dans le football mondial. Cela ne plait pas à tout le monde mais c’est la réalité. C’est mérité et tout ça a été construit avec un travail de fourmi sur la formation depuis 10, 15 ans. Aujourd’hui, tu peux avoir un gosse en Asie qui te dis : "Moi, je supporte le Maroc." Comme nous, on supportait le Brésil quand on était petit.

"Il faut maîtriser le contexte quand on travaille au Nîmes Olympique"

Où allez-vous suivre le match ?

Je regarde tout le temps les matchs à la maison. Dehors c’est plein, faut réserver et arriver à l'avance. Je préfère le voir chez moi tranquillement. Ce sont des matchs que j'aime regarder au calme pour en profiter pleinement. Je serai avec ma maman.

Un mot sur Nîmes Olympique, avez-vous suivi le renouveau du club ?

Bravo déjà à Micka (Mickaël Gas), je suis très fier de lui quand je vois qu'il est parti chercher cette deuxième place. Ce n’était pas facile. Maintenant, il y a un nouveau coach qui a la lourde mission de faire remonter Nîmes Olympique en National (Ligue 3). Nîmes Olympique est fait de plein d'histoires, on le sait. Il faut maîtriser le contexte quand on travaille au Nîmes Olympique. Et c'est le plus dur. J'ai vu qu'il y avait une super ambiance aux Antonins. Ça change tout aussi. L’année dernière, on m'en a voulu, quand j'ai dit à un moment donné qu'il ne fallait pas se tromper de combat. Je sais ce que c'est d'avoir des supporters. Au Wydad, on joue devant 45 000 personnes en moyenne. Tu ne perds pas à la maison.

Avez-vous fait une croix sur Nîmes Olympique ?

Jamais de la vie ! Je ne fais pas de croix sur un club comme Nîmes Olympique. Je resterai toujours à disposition. Si un jour, il y a un retour, je le ferais naturellement. Ça reste aussi mon club, je suis les résultats des jeunes et j’ai encore des potes au club.

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Corentin Corger

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