Nîmes Olympique
Publié il y a 20 jours - Mise à jour le 13.01.2023 - Corentin Corger - 4 min  - vu 8863 fois

L’INTERVIEW Zinedine Ferhat : « Je n’arrivais pas à faire semblant »

ferhat nîmes olympique

L'international algérien a joué trois saisons chez les Crocos

- Anthony Maurin

Ce soir à 20h45, Nîmes Olympique se déplace au Havre pour la 19e journée de Ligue 2. Un match particulier pour Zinedine Ferhat. Passé par le club normand de 2016 à 2019, il a ensuite évolué trois saisons chez les Crocos. Recruté par le club turc d’Alanyaspor, l’international algérien a accepté de revenir sur son passage dans le Gard. Même s’il garde de bons souvenirs, il n’a pas totalement digéré son transfert avorté à Strasbourg à l’été 2021.

Objectif Gard : Comment se passe votre nouvelle vie en Turquie ?

Zinedine Ferhat : Ça se passe très bien ! Au début c’était un peu difficile parce que je ne connaissais pas le pays et la langue. Au fur et à mesure ça va, on est sept, huit joueurs à parler français dans le club et là je prends des cours d’Anglais, je progresse. Franchement, je kiffe la vie là-bas car je dans une ville touristique et aussi le travail. On a un staff italien avec aussi des Espagnols qui prônent un football d’attaque et c’est pour cela que j’aime le foot. On travaille bien au quotidien. Après depuis mon arrivée je me suis blessé deux fois (il a joué 13 matches sur 18 en championnat) et donc j’ai raté quelques matchs. Mais je bosse dur et pour l’instant je suis content.

À l’été 2021, vous aviez des envies de départ et vous êtes finalement resté. Que s’est-il passé ?

Honnêtement, je n’avais rien à faire en Ligue 2 ! Au contraire, j’avais des accords avec la direction. En gros, on m’avait dit que si le club descendait en Ligue 2, Zinou après tout ce que tu as fait pour nous, on ne va pas te bloquer et demander des grosses sommes. De mon côté, j’ai été clair dès le début, je vais tout faire pour garder Nîmes en Ligue 1 mais si ça ne marche pas président, je pars. Il m’a dit : « oui je suis tout à fait d’accord, finis bien la saison et essaie de nous sauver. » J’étais dans un virage de ma carrière où je n’avais pas le droit à l’erreur et j’avais l’opportunité de partir. Finalement, le président me bloque.

« Il m’a bloqué pour 300 000 euros »

Pourquoi Rani Assaf vous aurait bloqué ?

Il faut lui demander. Je pense qu’il voulait plus. Strasbourg était prêt à donner 3,2 M€ et pour nous tous c’était OK. J’avais commencé à négocier mon contrat, Strasbourg et Nîmes sont tombés d’accord à 3,2 M€. M. Assaf a demandé 3,5 M€, il m’a bloqué pour 300 000 euros. Strasbourg m’a fait comprendre qu’il ne mettrait même pas 10 euros de plus car le président avait donné sa parole. 

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Pour Ferhat, les joueurs formaient une famille au NO  • Norman Jardin

Sur votre comportement après cet épisode, avez-vous des choses à vous reprocher ?

Je n’avais plus envie de jouer car ce n’était pas le même discours que l’année d’avant. Je le répète, ce n’était pas mon objectif de rejouer en Ligue 2 surtout que j’avais eu l’opportunité de rester au haut niveau. Après je ne regrette pas du tout. Je ne sais pas tricher. J’aurais même été capable de rester en Algérie avec mes parents et ne pas m’entraîner, si ma fille n’avait pas été scolarisée à Nîmes.

« Il y avait une sorte de famille dans l’équipe »

Vous n’étiez plus motivé à jouer ?

Au bout de trois mois à m’entraîner avec le préparateur physique Aurélien Boche, que je salue chaleureusement, je suis parti voir le coach Pascal Plancque dans son bureau en lui disant : « coach je pète un câble, je m’entraîne tout seul, j’ai envie de jouer. » Il m’a répondu que pour jouer, il fallait que je montre le vrai Zinou. Je ne voulais pas le décevoir. Je suis titulaire au Paris FC et durant le match j’ai senti que non en fait. Je n’arrivais pas à faire semblant et que dans la tête je n’étais pas capable de jouer. J’ai repris parce que j’aime le foot mais au bout de quelques matchs je n’y arrivais plus. C’était dans la tête et c’était vraiment dur pour moi.

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Ferhat a gardé des contacts avec plusieurs anciens coéquipiers dont Moussa Koné  • Anthony Maurin

Malgré tout, quels bons souvenirs gardez-vous de ces trois années à Nîmes ?

Franchement, je ne garde que de bons souvenirs. Les supporters sont vraiment des fans. L’année de la relégation on était dans la merde, pourtant ils étaient toujours derrière nous. J’ai vu des gens qui aimaient leur club. En plus, on avait un vrai groupe, il y avait une sorte de famille dans l’équipe. On méritait de rester en Ligue 1. Ce qui est dommage, c’est que le club soit entouré de personnes qui ne connaissent pas le foot.

« J’espère qu’ils vont s’en sortir »

Êtes-vous resté en contact avec d’anciens coéquipiers ?

Oui plusieurs ! Anthony Briançon, Gaëtan Paquiez, Pablo Martinez et même des joueurs encore au club comme Yassine Benrahou, Lamine Fomba, Moussa Koné… Du coup je suis encore les résultats. Je sais qu’ils sont dans le dur en ce moment et j’espère qu’ils vont s’en sortir. Je pense que ça va le faire car il y a vraiment des bons joueurs.

Que représentent ces deux clubs dans votre carrière ?

Pour la petite histoire, ma fille aînée est née au Havre et la deuxième est née à Nîmes donc pour moi ces deux villes sont importantes. Le Havre a été mon premier club en Europe en arrivant d’Algérie. Je vois que le club est premier et j’ai toujours dit qu’il mérite de monter. Et à Nîmes, j’ai découvert la Ligue 1. C’est un match spécial pour moi, j’espère que le meilleur gagnera. Je vais le regarder avec Arnaud Lusamba, un coéquipier qui connaît bien la Ligue 2.

Corentin Corger

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