Publié il y a 1 an - Mise à jour le 04.03.2023 - Propos recueillis par Norman Jardin - 3 min  - vu 1900 fois

NÎMES OLYMPIQUE Antoine Di Fraya : « Jouer le Barça aurait été exceptionnel »

Antoine Di Fraya lors d'un match de match de coupe de France entre Nîmes et Sète

- Photo : Ariane Gil - Archives municipales de Nîmes

Alors que Nîmes Olympique joue ce soir à Bastia pour le compte de la 26e journée de Ligue 2, l’ancien milieu de terrain qui porté le maillot des deux clubs évoque ses souvenirs avec les Crocodiles. De la Coupe d’Europe à la montée en D2 en passant par le derby contre Montpellier, le meneur de jeu nous embarque 27 ans en arrière. Un voyage à l’accent à corse.

Objectif Gard : Pourquoi avoir choisi de rejoindre le Nîmes Olympique en 1996, alors que le club jouait en National ?

Antoine Di Fraya : J’étais en fin de contrat à Valence et le discours de Pierre Mosca m’avait plu. C’était la fin de ma carrière et le projet nîmois était ambitieux. Il fallait faire remonter le club en deuxième division. Et puis, il y avait la Coupe d’Europe comme cerise sur le gâteau.

Jouer en National ne vous rebutait pas ?

Au départ, j’avais envie de continuer à jouer en D2, mais Nîmes c’était quand même un club professionnel. Quelques mois plus tôt, il y avait eu la finale de la Coupe de France. Avec l’historique du club et la ferveur des supporters, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire et je ne regrette pas mon choix.

Jouer une Coupe d’Europe avec un club de National ce n’est pas commun, quel souvenir en gardez-vous ?

On est devenu le premier club de niveau 3 à passer un tour de Coupe d’Europe. Mais j’ai des regrets face à l’AIK Stockholm Solna car j’ai raté le match retour à cause d’une blessure.

« On a fait une belle bringue à Budapest »

Les Suédois, qui vous ont éliminés, sont tombés au tour suivant face au FC Barcelone. On se dit que ça aurait pu être vous. Vous y pensez parfois ?

C’est le seul regret que l’on peut avoir dans ce parcours. On a été déçu au moment du tirage, mais on est vite passé à autre chose. Jouer le Barça aurait été exceptionnel pour chacun d’entre nous, mais nous n’étions pas formatés pour cela. Cette élimination était peut-être un mal pour un bien, car en championnat nous n’étions pas dans les temps pour monter en D2.

Il reste tout de même les deux victoires contre les Hongrois du Kispest Honved.

Oui et on a fait une belle bringue à Budapest. On était à la Une de l’Équipe. Tout ça c’est un plaisir plus collectif qu’individuel. Ils savaient être sérieux mais aussi faire la fête.

Antoine Di Fraya s’accorde un peu de repos au retour de Budapest • Photo : Robert Ricaulx - Archives municipales de Nîmes

Cette saison là, il y a eu aussi un derby aux Costières contre Montpellier. Comment l’avez-vous vécu ?

J’étais capitaine de cette équipe de jeunes loups et je leur avais dit que nous ne pourrions inquiéter Montpellier qu’à travers le jeu et l’engagement. Nous avons déjoué ce match et on a perdu logiquement.

Avec Bazdarevic et Karwat, vous étiez les grands frères de l’équipe. Est-il facile d’encadrer les « jeunes loups » comme vous les appelez ?

Ils étaient un peu fougueux et cette bande avait une histoire en commun avec la finale de la Coupe de France. Je suis arrivé avec beaucoup d’humilité et j’ai été bien accueilli. Il y avait une différence d’âge, mais nous étions dans le même esprit. Aujourd’hui, il reste mes potes et je les croise parfois comme Ecker, Zugna et Jeunechamp. Ils n’avaient peur de grand-chose.

Comment jugez-vous leur parcours individuel ?

Je pense que Omar Belbey a été freiné par un sur-tempérament et Cyril Jeunechamp est arrivé à se canaliser car au début il se faisait souvent expulser.

« Il faut s’accrocher car le maintien est primordial »

Après la montée, comment se sont passées les saisons nîmoises pour vous ?

La deuxième année on s’est maintenu en D2. Ensuite, lors de ma troisième saison, je jouais moins donc on s’est séparé et j’ai signé à Montpellier. Louis Nicollin cherchait des joueurs en fin de contrat pour son équipe corpo. J’ai saisi l’opportunité car il y avait une reconversion derrière.

C’est-à-dire ?

Depuis 1998 que je suis parti de Nîmes, j’ai été responsable des partenariats avec le club de Valence foot pendant cinq ans. Dans ce club, j’ai été entraîneur des gardiens de but, ensuite j’ai entraîné l’équipe corpo de Nicollin. Depuis 14 ans, je suis responsable de la cellule de recrutement de Montpellier dans un secteur allant de Dijon à Valence où j’habite. Mais je me déplace aussi en Amérique du Sud, en Asie, en Afrique et dans le reste de l’Europe.

Ce soir Bastia accueille Nîmes pour le compte de la 26e journée de Ligue 2. Peut-on dire que les deux clubs se ressemblent ?

Oui au niveau du public connaisseur et très chauvin. Les Costières et Furiani sont des stades qui sont chauds. L’adversaire est près des supporters. Quand ces deux clubs étaient au plus haut niveau, ils avaient le même profil.

Suivez-vous toujours l’actualité de Nîmes Olympique ?

Bien sûr. Je ne vais pas sur les matchs car ce n’est pas mon secteur mais je reste informé. Je suis les résultats, je connais les joueurs et je sais que c’est compliqué en ce moment. Pour les joueurs et pour le staff, il faut s’accrocher car le maintien est primordial.

Propos recueillis par Norman Jardin

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