Le choc est réel à Nîmes depuis dimanche soir. Et il dépasse largement le simple score, pourtant inattendu, de Julien Sanchez, eurodéputé et candidat du Rassemblement national. Car ce résultat, sans être spectaculaire sur le plan arithmétique, en dit beaucoup. Il dit la colère qui traverse le pays, nourrie par un contexte politique désastreux. Il révèle aussi l’échec d’une droite locale divisée depuis un an, incapable de parler d’une seule voix pendant toute la campagne des municipales. Mais il exprime surtout l’efficacité redoutable d’une stratégie parfaitement rodée. Une campagne tardive. Un programme standardisé, transposable partout. Et un seul mot d’ordre martelé : l’insécurité. Le tout sans jamais accepter la confrontation, sans jamais entrer dans le débat. En se posant en victime d’un supposé acharnement médiatique, Julien Sanchez s’est essentiellement appliqué à ne rien révéler. Ou presque. Depuis des semaines, les réponses manquent. Les objections restent sans réponse. Les critiques glissent. Silence stratégique. Et, il faut bien le reconnaître, stratégie payante. Mais jusqu’à quand ? Car derrière le vote, il y a une ville. Et derrière la ville, des questions très concrètes. Des questions auxquelles, aujourd’hui encore, personne ne répond. Que deviendra le Nîmes Olympique ? Les anciens du Stade Beaucairois ont déjà leur idée… Quid des écoles, des cantines, des repas de substitution ? Du festival de Nîmes et des spectacles taurins ? Du développement économique et du tourisme d’affaires au Palais des Congrès ? De la propreté, des déchets, des transports ? Des aides aux commerçants ? Et demain ? Les monuments romains, la Maison Carrée et son inscription à l’Unesco ? L’aéroport ? La rénovation urbaine ? Les associations ? L’exemplarité des élus ? Et surtout : quelle réponse face au réchauffement climatique, dans la ville la plus chaude de France ? Les questions sont là, nombreuses, légitimes. Et elles restent, pour l’instant, sans réponse. En face, les autres listes ont, elles, déroulé leurs projets. On peut y adhérer ou les rejeter, ce n’est pas la question. Chacun votera selon ses convictions. Mais une élection ne peut pas reposer sur le silence. Il reste trois jours. Trois jours pour répondre. Trois jours pour clarifier. Trois jours pour dire. Sinon, le 22 mars, beaucoup de Nîmois risquent de découvrir, trop tard, ce qui se décidera pour leur ville. Et comme le dit l’adage : qui ne dit rien consent.
Publié il y a 1 h -
Mise à jour le 18.03.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Municipales 2026 : à Nîmes, le choc et les silences
Julien Sanchez adopte le silence médiatique comme stratégie
- Photo Yannick PonsÀ Nîmes, la stratégie du silence de Julien Sanchez pourrait bien décider de l’élection… sans que les électeurs sachent vraiment pour quoi ils votent.
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Abdel Samari