« Ma vie, c’est de la merde », s’exclame Marcel, prévenu dans une affaire de vol à l’arraché, jugée devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mercredi 18 mars. Le 3 décembre 2025, en fin d'après-midi, plusieurs témoins ont été spectateurs d’une scène de violence inouïe, en plein centre-ville de la cité des Antonin. Au niveau de la pharmacie du boulevard de Bruxelles, un homme d’une trentaine d’années a reçu un coup de poing au visage, avant d’être frappé au sol par un autre homme, vêtu de noir.
C’est sur l’origine de cette altercation violente que les versions du prévenu et celle de la victime divergent. Selon la victime, son bourreau lui aurait arraché son téléphone des mains avant de prendre la fuite en direction de l'avenue Feuchères. Souhaitant récupérer son bien, le jeune homme l’a donc suivi en appelant « au secours ». C’est un coup de poing du prévenu qui l’aurait arrêté dans sa tentative de récupération de son téléphone. S’en sont suivis de multiples coups de pied, pour certains au niveau de la tête, selon des témoins. La version du prévenu est pourtant toute autre. Au lieu du fameux téléphone, ce serait une trentaine d’euros qui auraient été dérobés à la victime.
La théorie de l’achat de cocaïne
« Il voulait m’acheter de la cocaïne, mais je l’ai arnaqué », explique Marcel. L’homme lui aurait confié 30 € en échange de stupéfiants, que le prévenu ne lui a jamais donnés. Énervée, la victime aurait donc violenté le prévenu pour récupérer sa mise. « Il m’a sauté dessus, sinon ça ne se serait pas passé comme ça », ajoute le prévenu. Une théorie qui n’a pas su convaincre le tribunal, présidé par Jérôme Reynes : « Si je frappe un dealer, je ne pense pas que je le poursuis en disant au secours », souligne-t-il.
Suite à son passage aux urgences, le propriétaire du téléphone volé, victime d’une déviation de la cloison nasale, de céphalées, de multiples hématomes et d’œdèmes, a été sujet à une amnésie, liée à la commotion cérébrale subie, et à dix jours d'interruption totale de travail. Un quantum ramené à six jours par le médecin légiste. Une fois interrogé par les forces de police, il a reconnu le prévenu sur planche photographique. Un jeune homme de quelques années de plus que la victime, déjà défavorablement connu de la justice. Examiné lors de l’audience, son casier judiciaire comprend de nombreuses mentions, notamment pour des vols et des cas d’extorsion, toujours avec violences.
Incarcération blâmée
Incarcéré à plusieurs reprises, Marcel tente de justifier son comportement violent par le fait que, selon lui, « la prison, ça m’a détruit la vie ». Une allégation qui n’a pas manqué de faire réagir le tribunal et le ministère public. « On y croit pas une seconde », lance Arnaud Massip, procureur de la République, face à « des faits d’une violence extrême ». Le ministère public a donc requis 5 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre du prévenu ainsi qu’une interdiction de séjour dans le Gard.
Après délibération, le prévenu a été déclaré coupable des faits reprochés. Il a écopé de 6 ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt. L’homme, interpellé ce mardi 17 mars, va donc dormir en prison. En guise de peine complémentaire, il est soumis à une interdiction de se présenter dans le Gard et à une interdiction de détenir ou de porter une arme, le tout pendant 5 ans.