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NÎMES : La visioconférence entre l’hôpital de Langogne et le CHU de Nîmes souffle ses quatre bougies

Jean-Olivier Arnaud, Directeur Général du CHU de Nîmes, ouvre la réunion

On célèbre un anniversaire, ce mardi 26 juin, au CHU de Nîmes. Celui des quatre ans des visioconférences entre l'hôpital de Langogne, en Lozère, et le CHU de Nîmes. Pour l'occasion, une quarantaine de personnes, essentiellement des médecins, s'est réunie dans une salle du centre hospitalier. Le premier à prendre la parole est Jean-Olivier Arnaud, le Directeur général du CHU de Nîmes :" L'enjeu est de faire de la télémédecine un réel moyen de prise en charge des populations. La télémédecine n'est pas un gadget, c'est de la médecine", tient-il à préciser.

Dans la foulée, le professeur Jean-Emmanuel de la Coussaye, président de la Commission Médicale d'Etablissement du CHU de Nîmes, présente quelques chiffres. "Depuis le 19 mars 2008, jour de la première visioconférence, 60 à 70 cas de patients ont été discutés. Cela représente environ 1 000 patients par an. On a calculé que les économies réalisées, notamment en frais de déplacements pour plusieurs médecins, doit avoisiner le million d'euros économisé pour l'assurance maladie". Dans la pratique, tous les jeudis, entre 13h et 14h, une poignée de médecins et de spécialistes se regroupent autour d'une table et abordent les différents cas médicaux auxquels ils sont confrontés. Dans l'hôpital d'en face, on répond grâce à la visioconférence.

La télémédecine, c'est sûr, présente de nombreux avantages comme le rappelle Pierre Merle, médecin généraliste à l'hôpital de Langogne :"La visioconférence nous permet à nous, médecins, de nous maintenir au niveau. En plus, les patients sont très demandeurs. Parfois plus que nous ! Ils tiennent à ce que l'on présente leurs dossiers lors de notre point hebdomadaire." Parmi les autres avantages, on note également que la télémédecine permet de lutter contre la désertification médicale dans les campagnes. Elle permet aussi d'intervenir auprès des personnes âgées qui ne peuvent se déplacer, dans le milieu carcéral ou pour les femmes enceintes. "Dans ce cas, ajoute Pierre Mares, chef de service de Gynécologie obstétrique du CHU de Nîmes, les femmes sont vraiment gagnantes : elles réduisent leurs déplacements et le temps d'attente s'en trouve allégé."

Une représentante du CCIS, le collectif interassociatif sur la santé du Languedoc-Roussillon, met en garde :" La télémédecine est encore perçue comme un dispositif déshumanisant. Il n'y a pas de proximité physique. Il ne faut pas qu'elle soit un palliatif à l'absence des médecins." D'autres réserves sont émises pendant la réunion. On s'interroge sur la confidentialité entre le patient et son médecin qui disparaît un peu depuis la mise en place du nouveau dispositif. On se demande aussi qui est responsable, en cas d'erreur, quand la décision a été prise de manière collégiale. Enfin, ce système, qui reste informatique, a ses failles : des petits problèmes de connexion sporadiques et la qualité de l'image n'est pas toujours idéale. Il faudra donc améliorer ce dernier point si on veut, un jour, arriver à faire de la "télésimulation", comme le suggère en plaisantant Jean-Olivier Arnaud.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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