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IMMERSION : La compagnie gardoise des 100 Têtes raconte son Festival d’Avignon

Célia Demaret, Ronan Ducolomb et Grégoire Aubert de la compagnie les 100 Têtes. Photo DR / SM

La compagnie gardoise des 100 Têtes revient au Festival d'Avignon pour la sixième fois. Elle y joue Qui a peur du grand gentil loup ? tous les jours à L'Art en scène Théâtre.

Le Festival d'Avignon, 47ème édition. 1161 pièces à l'affiche. Des affiches qui depuis deux semaines déjà ont envahi les rues de la Cité des Papes, sur les murs, les fenêtres, les arbres, les panneaux de signalisation... L'image est forte, c'est à celui qui sera le plus vu. Car au fil des années, il faut bien le dire le Festival d'Avignon est devenu une industrie, une fosse à théâtreux prêts à croquer le public, un instant coupé de la réalité où les comédiens, auteurs et metteurs en scène n'ont qu'une hantise celle de la salle vide. Alors il faut jouer des coudes car la qualité artistique (texte, jeu des acteurs, mise en scène) ne fait pas tout, il faut se faire remarquer... Un bon ou un mauvais Festival d'Avignon se mesure au nombre de sièges occupés. Le tableau est noir, mais c'est la réalité épuisante du plus prestigieux festival de théâtre au monde.

Fort heureusement, nombreuses sont les compagnies à se balader sourire aux lèvres dans les rues d'Avignon parce que la critique est aimable avec eux et que le public est au rendez-vous. Ce Festival d'Avignon prend, alors, une toute autre dimension. La compagnie des 100 Têtes vit son sixième Festival en toute sérénité. Depuis le 7 juillet, leur spectacle jeune public, Qui a peur du grand gentil loup ? écrit par Grégoire Aubert, un auteur parisien membre des Ecrivains Associés du Théâtre, Gardois d'adoption, se joue à guichet fermé. Et pourtant, les comédiens, Célia Demaret et Ronan Ducolomb, accompagnés de Grégoire Aubert (aussi comédien) continuent d'arpenter les rues affiches et tracts à la main. "On a imprimé 500 affiches et 10 000 tracts, il faut les écouler" s'esclaffe l'auteur. Non, le succès ne lui ait pas monté à la tête, l'homme est tout simplement détendu. Oui la salle est pleine tous les jours, pourquoi s'en cacherait-il ? "Ce Festival, même s'il y avait un peu de peur, on l'a abordé dès le premiers jours avec beaucoup de plaisir. J'ai connu la pression, la tension lors de précédents passages à Avignon et c'est la meilleure façon de faire exploser une compagnie" raconte-t-il. Le plaisir, en avoir et en donner, voilà la clé.

Le Festival... un rythme effréné

Trois semaines de théâtre non-stop, comment les comédiens tiennent-ils le choc ? "C'est vrai que lorsque l'on fait le Festival d'Avignon, on a que le théâtre à la bouche, on ne vit que pour le théâtre et ça peut être pesant" confie la comédienne Célia Demaret. Mais à la fois, "ce Festival est très formateur. Jouer pendant trois semaines sans s'arrêter, il n'y a qu'à Avignon que l'on voit ça." Alors, même si les cernes se creusent sous les yeux, si la douleur torture quelque peu les pieds à force de marcher... L'envie de jouer est pendant trois semaines toujours là. "On ne joue jamais la même pièce car au fil des représentations, le comédien fait évoluer son personnage, il observe le public pour savoir ce qui marche, ce qui ne marche pas, c'est plus un rapport d'évolution que de lassitude au fil des représentations. Et puis, on va voir d'autres pièces,on rencontre des gens passionnés et ça donne encore un peu d'inspiration" explique la comédienne, Montpellieraine qui, le temps du Festival est hébergée chez sa belle famille à Villeneuve-lez-Avignon.

Grégoire Aubert, lui, s'accorde une pause une à deux fois par semaine et rentre chez lui à Nages dans le Gard. "C'est un peu pour souffler mais aussi pour gérer les autres projets de la compagnie."  Les autres jours de la semaine, Ronan, le troisième comédien de la bande, lui offre le gîte à Sarrians. "Ce qui est quand même plus proche d'Avignon que Nages. Notre horloge est bien réglée. On se lève vers 9h30 pour quitter Sarrians à 10h30. On arrive à 11 heures à L'Art en scène Théâtre, moi je suis à la billeterie, tandis que Célia et Ronan se préparent à installer le décor, on joue à 11h35." Et pas question de rigoler avec la montre, la compagnie loue la salle d'une jauge de 50 places 3 000€ de l'heure montage et démontage de décor compris. "J'ai même dû raccourcir la pièce pour pouvoir rentrer dans le créneau" précise l'auteur et comédien.

10 000€ de budget pour trois semaines de Festival d'Avignon

En parlant d'argent, la question brûle les lèvres : quel est le budget de la compagnie pour trois semaines de festival ? C'est sans détour que Grégoire Aubert répond : tous frais compris (location de salle, affiches, flyers, salaires de comédiens et faux frais) environ 10 000€. Un budget divisé par trois comparé à 2009. "Cette année là, nous jouions au Théâtre du Bourg-Neuf. Nous avions loué un appartement à Avignon, enfin bref, nous n'avions pas regardé les dépenses. Bien sûr, dès le début du Festival nous jouions à perte même si le public venait nous voir." Cette année, la donne n'est pas la même, "le surplus des recettes sera redistribué aux comédiens, c'est donc un très bon festival !" Sans compter sur les quelques propositions de programmateurs. Très bon cru 2012 pour la compagnie des 100 Têtes à tel point qu'elle a déjà réservé la même salle pour l'année prochaine.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

Vu au Festival d'Avignon

Claudia Tagbo dans Crazy au Capitole à 22 heures

Claudia Tagbo, la pile électrique du Jamel Comedy Club joue pour la première fois au Festival d'Avignon. A cette occasion, celle qui a vécu un peu plus de trois ans à Alès lors de son adolescence, n'hésite pas à aller tracter dans la rue. Généreuse, elle est à coup sûr, jusque sur la scène où elle offre à son public un spectacle survolté (mise en scène par son acolyte du Jamel Comedy Club, Fabrice Eboué), un show à l'américaine quoi. Elle danse, elle chante, elle secoue son public qui se laisse emmener dans l'univers complètement "Crazy" de l'humoriste. Bien entendu, on a déjà vu quelques sketches de Claudia Tagbo, le plus connu, l'imitation de Maurice Green. Mais ce que l'on connaît moins, c'est son histoire, la transition entre Abidjan (Côte d'Ivoire) où elle est née, à Chanac en Lozère avant d'arriver à Alès. Et quand elle le raconte, c'est à se tordre de rire. Le spectacle se termine par un "Oh Happyday" entonné par toute la salle, les bras levés pour le public, les larmes aux yeux pour Claudia Tagbo.

Flamenco y puro au Théâtre de l'Oulle à 20h50  

21 ème Festival d'Avignon et Luis de la Carrasca ne se lasse pas. Il revient donc cette année avec son spectaclE Flamenco y puro et rend ainsi hommage, accompagné de ses musiciens José Luis Dominguez (guitare), Kadu Gomez (Cajón, percussions) et danseurs Ana Peréz et Kuky Santiago, à sa terre natale, l'Andalousie. La tradition Flamenca, Luis de la Carrasca l'interprète avec sa voix rauque reconnaissable parmi mille, la célèbre dans une création sombre, poignante mais aussi caractérielle dans une danse puissante. A voir.

Hitch au théâtre du Balcon à 14h

Eté 1962. Le bureau d'une major hollywoodienne. Un cadavre. Un Français sur le gril. Le début d'un malentendu...ou la fin. Les auteurs revisitent une des rencontres les plus fameuses du cinéma, celle d'Alfred Hitchcock et François Truffaut. Qu'avaient donc à se dire le maître du suspense et le jeune chef de file de la Nouvelle Vague ? Et quel étrange rôle Alma, la femme d’Hitchcock, joue-t-elle dans cette affaire ? Depuis le premier jour du Festival d'Avignon, Hitch fait salle comble. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis pour attirer le succès : deux grands personnages du cinéma, une intrigue bien ficelée, des pointes d'humour délicieuses, trois comédiens Joe Sheridan, Mathieu Bisson, Patty Hannock, excellents, percutants toujours au bon moment. Une petite mention pour Joe Sheridan, le sosie parfait d'Alfred Hitchcock. Il ne pouvait en être autrement. C'est la révélation du Festival d'Avignon 2012.

Roméo hait Juliette au Capitole à 15h30  

Les grands classiques, on les retrouve toujours au Festival d'Avignon... mais ils sont rarement aussi bien remanier, c'est en tous cas ce que les esclaffements du public dans la salle nous laissent entendre. Dans ce remaniement créé il y a dix ans et retravaillé, Gilles Ramade, auteur et metteur en scène de cette comédie, offre à ses comédiens, Virginie Bracq, Juliette, Olivier Denizet, Roméo et  Djamel Mehnane, Tibalt, de nouvelles pistes d'interprétation de cette fameuse tragédie de William Shakespeare, Roméo et Juliette, enfin un passage réadapté qui sera répété encore et encore mais à différentes sauces.  On aura ainsi la version so british, espagnole Olè, russe, allemande, suédoise, finlandaise, afro ou encore chinoise. Une réussite.

 

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