A la uneEconomieEconomie.PolitiquePolitique.

VILLAGE DES MARQUES : Henry Douais appelle les commerçants à « se mettre en ordre de guerre ! »

Réunion d'information sur le Village des marques, hier soir à la CCI de Nîmes.

Inquiétude et colère, hier soir à la CCI de Nîmes… Lors d'une réunion d'information sur le projet du Village des marques, qui doit voir le jour à Fournès d'ici 2015, les commerçants du Gard ont exprimé leur opposition à ce projet qui "va tuer le commerce de proximité des centres-villes". Henry Douais, président de la CCI de Nîmes, a appelé ces derniers à se mobiliser pour faire pression sur leurs élus politiques.

Anne Seban est inquiète… Arrivée la première, hier soir, dans la salle de la conférence de la CCI de Nîmes, cette commerçante nîmoise appréhende la présentation du Village des marques, qui doit s'implanter à Fournès d'ici 2015. "L'enquête publique du projet a été réalisée en catimini ! Le commissaire enquêteur n'est même pas venu à Nîmes, Bagnols-sur-Cèze ou Avignon… Alors que nous sommes concernés", dénonce-t-elle. Le projet devant se situer à 40 minutes de Nîmes!

Une super zone commerciale à prix cassés ! 

Les commerçants sont venus en nombre. Une cinquantaine de personnes, dont des responsables associatifs qui "se feront l'écho de la réunion", insiste Henry Douais, le président de la CCI de Nîmes. Ce dernier, "arrivé aux affaires en mars", choisit de débuter la rencontre par "un rappel" de "l'avis défavorable" de la CCI nîmoise au sujet du Village des marques. "Nous avons pris connaissance en mars de ce Village. J'ai d'abord dit : mais qu'est-ce que c'est ce truc ?! Puis, nous avons mené des enquêtes et non avons donné, le 13 juin, cet avis défavorable". 

CCI de Nîmes

Le Village des marques a séduit la ville de Fournès puisqu'il a été présenté "comme un projet de développement touristique", explique Henry Douais. A l'initiative des sociétés Advantail et DTZ, les porteurs du projet ont pour ambition de créer une zone commerciale de 22.000 m2, soit 110 boutiques, à proximité de l'échangeur A9 de Rémoulins. "Pour ce type de projet, les promoteurs cherchent une accessibilité automobile rapide d'un maximum de consommateurs", affirme Bernard Michel, directeur du service informations économiques à la CCI de Nîmes.

Les Villages des marques regroupent des magasins de grandes marques qui vendent des vêtements à prix cassés, pouvant afficher jusqu'à -70% ! Une valse des étiquettes qui ne passe pas auprès des commerçants des villes environnantes, dont notamment ceux d'Uzès."C'est une concurrence déloyale", s'insurge Denis Liège, pugnace porte-parole du collectif « Uzès doit continuer de vivre ».

Présent dans l'auditoire, le directeur de la Banque de France, Nicolas Resseguier, a bien tenté "de se faire l'avocat du diable", en estimant que "le Village des marques n'était pas une réelle concurrence" aux activités des commerçants et que ces derniers devaient réfléchir à "l'évolution du commerce" et aux "modes de consommations qui changent". Réaction immédiate de Jean-Michel Testard, vice-président du commerce : " je ne suis pas d'accord avec vous ! Regardez ce qu'il se passe à Tours! Vous avez déjà marché dans le centre-ville?" 

"Les politiques nous expliquent que la zone va créer 300 emplois ! Mais c'est faux, les employés vont être recrutés soit en interne, soit à l'extérieur du département !  C'est une catastrophe et personne ne sait réellement combien d'emplois vont être détruits ", rajoute Denis Liège.  "C'est la mort du commerce de proximité, vecteur de lien social", s'égosille un autre commerçant. "Les villes, favorables au projet, ne voient que les taxes foncières et professionnelles qu'elles vont recevoir ! Ce sera le jackpot !", s'indigne de nouveau Mr Liège.

Etablir un plan d'action

Dans l'agitation générale, le président de la CCI de Nîmes recarde à plusieurs reprises le débat en appellent à "regarder le calendrier du déroulé du projet" pour envisager des actions. Validé par la ville de Fournès qui vient de changer son PLU, par le commissaire enquêteur qui a donné un avis favorable au Village des marques, " les 47 communes du Scot d'Uzège

Denis Liège, commerçant d’Uzès porte-parole du collectif « Uzès doit continuer de vivre »

Pont du Gard viennent de recevoir le projet. Elles ont deux mois pour émettre des observations et un avis (...) Puis elles pourront voter la modification ou non du Scot, ce super PLU, nécessaire à l'établissement du projet ", explique Bernard Michel. Si l'avis est positif, l'ultime étape sera la validation par la CDAC (Commission Départementale d'Aménagement Commercial).

La CDAC est une commission composée pour sa grande majorité d'élus politiques : président du conseil général, maire de la commune d'implantation du projet, maire de la ville la plus peuplée de l'arrondissement autre que la commune d'implantation... "Vous devez à présent faire pression sur vos élus… Vous réunir ! Il faut se mettre en ordre de marche, en ordre de guerre", lance le président Henry Douais avant d'annoncer la mise à disposition pour les commerçants "d'un chargé de mission qui va vous aider à vous fédérer", "de salles de réunion" et "d'une aide juridique gratuite". Les troupes sont en marche, mais feront-elles assez de bruit pour annuler le projet ?

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

4 réactions sur “VILLAGE DES MARQUES : Henry Douais appelle les commerçants à « se mettre en ordre de guerre ! »”

  1. bonjour ,

    Et le portefeille des clients ( qui devient de moins en moins épais ) quelqu’un y pense ?

    C’est facile de gueuler quand on vend les produits avec des marges mirobolantes et que l’on prend les octoctones du coin pour des touristes fortunés !!!

    Commerçants , pensez un peu moins à nous arnaquer et vous verrez que nous ne serons pas obliger d ‘aller voir ailleurs ….

    merci !!!!

  2. Les clients n’appartiennent pas aux commerçants; ceux ci devraient penser à la qualité du service qu’ils sont capables d’apporter. Par ailleurs, si le Gard refuse le projet, celui-ci devrait s’installer à… Miramas.
    Et là, on assisterait au même phénomène sauf que le Gard et même notre région (Miramas est en PACA), n’en tireraient AUCUNE compensation.
    Je connais un village de marque implanté à Cholet (pays de la Loire); celui ci est donc à proximité de Nantes; pour autant cela n’empêche nullement cette ville de prospérer et se développer.
    Il faut dire que les commerçants y sont dynamiques et au lieu de revendiquer le droit à la clientèle comme autrefois les seigneurs sur leurs vassaux, ils proposent des amplitudes d’ouverture adaptées, des produits que les « GROS » ne peuvent proposer car très spécialisés, etc…

  3. Fournès n’est pas à 40 minutes de Nimes ! C’est à 20 minutes et l’autoroute entre les deux ! C’est la mort lente et programmée du centre ville de Nimes déjà qu’il ne va pas bien… Sans parler d’Uzes, Bagnols, Avignon, voire même Montpellier. Quant au porte feuille des clients, il y des soldes deux fois dans l’année + des soldes particulières qui font baisser les marges et qui profitent au chaland.
    Ce projet est une hérésie.
    Si la campagne s’y met aussi, c’est la catastrophe pour nos coeurs de ville!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité