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FRANCE-ALGERIE : Le sentiment des Gardois algériens face à la visite de F.Hollande

En octobre, une vingtaine de militants associatifs, d’algériens et de franco-algériens, s’étaient réunis devant le palais de justice de Nîmes, pour commémorer “la mort des Algériens tués par la police française en 1961″.

Le président français s'envole aujourd'hui pour la capitale algérienne. Une visite de deux jours, saluée par l'association des Algériens du Languedoc-Roussillon, qui y voit "un signe de respect". "Nous sommes dans les premiers pas de l'apaisement entre les deux peuples", affirme son président, Djaffar Amir. Mais le plus difficile reste à faire…

Pour les Algériens du Gard, la visite est significative. "Nicolas Sarkozy n'était resté qu'un jour. François Hollande va rester deux jours, on peut y voir une marque de respect", pense Djaffar Amir, président de l'association des Algériens du Languedoc-Roussillon et coordinateur de la structure dans le Gard.

"Un signe d'apaisement" de la part du chef d'état français, bien accueilli par la communauté gardoise algérienne et les Algériens. Notamment après "la reconnaissance des crimes perpétrés le 17 octobre 1961 ", rajoute Djaffar Amir, qui, arrivé à l'âge de 10 ans en France, garde des contacts avec les habitants de l'autre rive de la Méditerranée.

"Attention, ce sont des premiers pas. Mais pour pacifier réellement les relations, il faudrait que les deux pays reconnaissent leurs crimes", perpétrés durant la guerre d'indépendance et au-delà. De son côté, l'Algérie attend toujours de la France "une repentance" des crimes coloniaux. "La France ne veut pas reconnaitre l'erreur de la colonisation", explique Djaffar Amir.

"Pour réconcilier les deux peuples, il faudra attendre plusieurs générations", pense le président, qui garde espoir. "D'ailleurs, je m'interroge : à partir de quel moment peut-on dire qu'une nation a commis un crime ? A partir de combien de morts ?", lance t-il en faisant référence à la reconnaissance, "historique" de la participation de la France dans le génocide juif, de Jacques Chirac en 1995.

Si cette visite est symbolique, Djaffar Amir n'est pas dupe : "l'économie tient les hommes politiques. Si François Hollande y va, c'est aussi pour faire des affaires". Dans sa grosse délégation :  9 ministres; une quinzaine d'élus et de personnalités, telles que Benjamin Stora ou Kad Merad... François Hollande sera aussi accompagné de 40 chefs d'entreprises ! Des accords de coopération dans les domaines de l'Industrie, de l'agriculture et militaires devraient être conclus sur la période 2013-2017. Dans ce registre là, les deux présidents sont vraisemblablement sur la même longueur d'onde…

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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2 commentaires

  1. Pourquoi n’avoir pas interrogé des pieds noirs et des harkis,au moment ou F Hollande a promulgué une loi faisant du 19 mars une journee du souvenir alors que cela a marqué leur abandon par la France?

  2. “La France ne veut pas reconnaitre l’erreur de la colonisation“, explique Djaffar Amir.

    Mr Djeffar Amir reconnait il la colonisation Arabo-islamique du Maghreb Berbère et de ses conséquences qui encore aujourd’hui hypothèque l’avenir démocratique ?

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