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SOCIETÉ. La mort à la maison : vous êtes 81% à le souhaiter !

Le saviez-vous : vous êtes une majorité à vouloir finir votre vie à votre domicile, soit 81% des Français ! C'est ce que révèle une étude, publiée le 18 mars par l'ONFV. Pour parvenir à de tels résultats, l'Observatoire National de la Fin de Vie a rassemblé différentes données et a investigué dans trois régions, dont le Languedoc-Roussillon.

"Il faut déjà reconnaitre que ce souhait n'est pas une situation figée et que les avis peuvent évoluer", explique de prime abord, Myriam Pougel Boisse, médecin au sein du réseau des soins palliatifs nîmois. Néanmoins, "ces chiffres ne sont pas très étonnants, le domicile étant leur milieu naturel. D'une certaine façon, les personnes âgées s'y sentent en sécurité", ajoute de son côté Rémi Penchinat, président de  l'ASP (Association des Soins Paliiatifs) et médecin généraliste. Ce professionnel de la santé est d'ailleurs l'un des 2,5% médecins généralistes français à être formé aux soins palliatifs. Ces soins administrés dans le cadre de l'accompagnement en fin de vie.

21% des décès ont lieu vraiment à domicile

Si les aspirations à finir sa vie chez soi sont grandes, la réalité est  bien différente : seulement 25% des décès ont lieu au domicile et 57% à l'hôpital. Un part restée stable depuis les années 90, alors que la proportion de morts à domicile a légèrement baissé 28% à 25 %, au profit de celle des maisons de retraite 8% à 11%.

Cette réalité, ces professionnels de santé l'expliquent par "les conditions familiales". Car si hier, les membres d'un même famille vivaient les uns à côté des autres, aujourd'hui, évolution économique oblige, "les familles sont éclatées un peu partout en France", fait valoir Rémi Penchinat.

Et pas facile, même si les proches sont près du patient, de l'accompagner : "ça peut être très lourd, il faut avoir les moyens. Mais il faut aussi que le lieu d'habitation soit approprié", reconnait Myriam Pougel Boisse. Sans compter que l'hôpital, reste "le gros navire de la santé", dans un pays marqué par le colbertisme et les grosses structures étatiques.

Une autre raison, plus externe à la situation du patient, explique pourquoi la France reste le pays où l'on meurt le moins chez soi : le manque de moyen des soins palliatifs. Un nom qui effraie, la mort étant aujourd'hui bannie de notre société. "Il y a un pu un refus d'accepter cette issue inéluctable (…) Regardez le deuil, c'est caché aujourd'hui, on ne le dit pas. On réfute même les signes extérieurs... On ne s'habille plus en noir", constate Rémi Penchinat.

En France "les soins curatifs ont pris le pas sur les soins palliatifs", pour le spécialiste. Et de prendre pour exemple les multiples chimiothérapies administrées à "un patient dont on sait qu'elles ne lui serviront à rien (…) On pourrait utiliser cet argent pour les soins palliatifs". Des soins renforcés par la loi Leonetti et ce droit de "mourir dans la dignité".

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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