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BEAUCAIRE. « Je ne suis à la botte de personne! » Jacques Bourbousson s’explique sur le dossier Moncigale

Les salariés de Moncigale devant la mairie, le 10 avril.

Il est excédé par les déclarations de certains salariés, de certains responsables politiques. Des invectives, qui ne seraient "pas représentatives de ce que pensent la majorité des personnes qui me soutiennent", assure Jacques Bourbousson, maire UDI de Beaucaire et administrateur du groupe Belvédère. Le groupe français de spiritueux propriétaire de l'embouteiller beaucairois, Moncigale.

Placé en redressement judiciaire, le tribunal de commerce a validé le plan de continuation de la filiale et devrait statuer demain sur un plan de restructuration, comportant la suppression de 74 postes. Une "surprise" pour les salariés qui s'étaient invités la semaine dernière au conseil municipal pour parler au maire. Sans succès.

Suppression de postes : "les employés savaient"

"Si je ne me suis pas exprimé en conseil sur le dossier, c'est qu'en France il y a des lois ! Et vous ne pouvez pas commenter une décision de justice dans un lieu public avant qu'elle ne soit officiellement rendue. (…) Certains hommes politiques de l'hémicycle auraient aimé que je le fasse pour m'attaquer ensuite. C'est dégueulasse de jouer avec 250 emplois", réagit le maire. Et d'ajouter : "j'avais convié les salariés à venir me rencontrer ce matin. Ils ne l'ont pas fait!".

Concernant la "surprise" de ces derniers quant à l'annonce des suppressions d'emploi, le maire invite "certains" à se remémorer une réunion, en septembre dernier. Autour de la table : le ministre délégué à l'agroalimentaire Guillaume Garot, les salariés et lui-même. "Nous savions que nous serions obligés de supprimer des emplois (…) Moncigale connait des difficultés financières et la filière viticole va mal", lance Jacques Bourbousson, faisant valoir sa qualité de "viticulteur depuis l'âge de 13 ans" ainsi que ses fonctions au sein de la chambre d'Agriculture.

Des qualités qui, selon lui, lui auront valu d'être nommé "personnalité extérieure qualifiée" au C.A (Conseil d'Administration) du groupe Belvédère. Une fonction pour "voir ce qu'il s'y passait. (...) Je ne suis à la botte de personne!".

Des salariés de Moncigale, devant le tribunal de commerce,le 9 avril.

Moncigale : l'orage est-il bientôt passé ?  

La santé économique de l'entreprise est loin d'être au beau fixe. Jacques Bourbousson avance les "1,4 hectolitres" que produisait jadis Moncigale, contre "les 800.000 actuels". "Jadis", c'était en 2006, avant que le groupe de spiritueux ne rachète Marie Brizard (propriétaire de Moncigale, ex-Chais beaucairois), "pour 630 millions, avant de se rendre compte que cette dernière ne valait pas plus de 185 millions !"

Une belle erreur d'investissement pour le groupe côté en bourse qui a visiblement voulu se faire plus gros que le boeuf. Si bien qu'en mars, le tribunal de commerce de Dijon a approuvé un plan de restructuration de la dette du groupe, qui prévoit la conversion de la dette FRN (obligations à taux variable) en capital de la société. Le premier actionnaire de la société est donc devenu Oaktree Capital, un fond d'investissement américain. Du destin de Belvédère a dépendu durant longtemps celui de Moncigale.

"A partir de maintenant c'est un travail de fond qu'il faut mener", lance le maire qui énumère les grands axes pour faire tourner tout azimut l'embouteiller : "il faut développer le contrat avec Casino. Nous devons aussi développer les produits de marques, comme Fruit and Wine; faire du premier prix oui, mais pas beaucoup. Et surtout, nous devons d'avantage nous tourner vers l'export". Outre "les difficultés actuelles de la filière viticole", "le loyer du hangar d'un montant de 900.000 euros" est une chose qu'il faut revoir, pour Jacques Bourbousson. Ce dernier assurant se battre "pour que l'entreprise perdure".

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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3 commentaires

  1. Que les salariés soient trahis par les uns et les autres n’a rien d’étonnant.
    Beaucaire et les Beaucairois méritent mieux que cette politique mi PS, mi UMP mais totalement UMPS.

  2. Pour info:
    BVD à racheté MBRI pour 378M€ puis à revendu Pulco et sirop sport pour un montant avoisinant 180M€.
    Le sirop était produit à Moncigale.
    Le personnel de Moncigale ne travail pas dans un hangar mais plutôt sur une plateforme de logistique. Son loyer mensuel s’élève à 63 000€. Soit 63000 x 12= 756 000€
    Apparemment, les chiffres ne sont pas sa tasse de thé au maire.
    Les salariés se retrouvent seul face à des dirigeants et des élus locaux incompétent qui ont entraîné Moncigale dans un gouffre sans fond.

  3. En réponse à cfdt, quand le Maire parle de 900 000 €, c’est pour additionner le loyer de 756 000 € + 200 000€ de transports entre les deux plates formes, soit 956 000 €. Le Maire est très bien renseigné. Et les 900 000 € dont il parle ne sont pas exagérés.

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