Economie

INSEE Près de la moitié des entreprises, créées en 2006, en Languedoc-Roussillon ont cessé leur activité au bout de cinq ans

Didier Cabanis, Tibo Garcia et Ysabelle Castor autour de l'affiche de la Feria 2021. (Photo Corentin Migoule)
Photo d'ilustration DR/
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En Languedoc-Roussillon, une entreprise sur deux créée au cours du premier semestre 2006 existe en 2011. La part d'entreprises de la génération 2006 toujours en activité en 2011 est légèrement inférieure dans la région à la moyenne nationale. Les chances de survie des entreprises à cinq ans dépendent de plusieurs facteurs, notamment du secteur d'activité de l'entreprise créée, de l'investissement initial, mais aussi du niveau d'études et de l'âge de son créateur. Les caractéristiques des entrepreneurs et de leur entreprise expliquent une partie de l'écart des taux de survie régionaux et nationaux. Une fois ces effets de structure neutralisés, les entreprises implantées dans la région présentent toutefois un risque de disparition à 5 ans plus important qu'au niveau national.

Parmi les 6 471 entreprises créées au premier semestre 2006 en Languedoc-Roussillon, près de la moitié sont toujours en activité en 2011. Toutefois, les entreprises de la génération 2006 encore en activité cinq ans après leur création sont moins nombreuses en proportion en Languedoc-Roussillon par rapport à la moyenne française (51,5 %). Pourtant, le taux de pérennité régional à trois ans de ces entreprises était, en 2009, de même ordre que celui de France, autour de 65 %. L'écart entre la région et la moyenne nationale s'est donc creusé entre 2009 et 2011. Le taux de pérennité à cinq ans en Languedoc-Roussillon est l'un des plus faibles des régions françaises, juste devant celui de Poitou-Charentes (44,8 %) et du Nord-Pas-de-Calais (47,2 %) alors que la région enregistrait la 4ième plus forte création d'entreprises au cours du premier semestre 2006.

La cessation au bout de cinq ans de plus de la moitié des entreprises créées en 2006 a entraîné une perte de la moitié des emplois initiaux, soit environ - 5 300 emplois. Cette perte a été en partie compensée par la hausse du nombre d'emplois, essentiellement salariés, dans les entreprises pérennes (+ 2 300 emplois). Ainsi, entre 2006 et 2011, l'emploi des entreprises créées en 2006 a diminué de - 28 %, avec une baisse de - 50 % de l'emploi non salarié et une hausse de + 13 % de l'emploi salarié. Au niveau national, l'emploi global créé par les entreprises nées en 2006 diminue de - 22 % en cinq ans, sous l'effet d'une baisse de - 50 % de l'emploi non salarié et une augmentation de + 18 % de l'emploi salarié.

La nature du projet et le profil du créateur de l'entreprise influent sur la viabilité d'une entreprise. Les sociétés, qui représentent 42 % des entreprises créées en 2006, survivent davantage que les entreprises individuelles : six sociétés sur dix sociétés créées existent toujours cinq ans après leur création contre seulement quatre entreprises individuelles sur dix. En outre, en Languedoc- Roussillon, les entreprises individuelles sont moins pérennes qu'au niveau national : 41 % survivent en moyenne dans la région, contre 46 % en France.

La proportion d'entreprises actives cinq ans après leur création est différente selon les secteurs d'activité. Dans la région comme au niveau national, les entreprises de l'action sociale ont davantage de chances d'être toujours en activité cinq ans après leur création : 72 % et 70 % en France. Toutefois, ce secteur ne comptait que 7 % des entreprises régionales créées en 2006.

A contrario, en Languedoc-Roussillon, les entreprises relevant du commerce ou des services sont les moins pérennes à cinq ans : 46 % contre 51 % au niveau national. Elles représentaient trois créations sur cinq en 2006, soit 3 800 entreprises. Les entreprises des activités d'hébergement et de restauration sont plus fragiles dans la région qu'au niveau national, seule une création sur trois est encore en activité après cinq ans contre 43 % en France. En revanche, les entreprises des activités de transports et d'entreposage sont plus souvent encore en activité après cinq ans : 70 % dans la région contre 58 % au niveau national.

Le secteur de la construction, représentant près de 30 % des créations régionales en 2006, présente un taux de pérennité régional proche du taux national (49 %). Les entreprises nées en 2006 relevant de l'industrie, peu nombreuses parmi les créations, présentent une fragilité plus importante dans la région : 48 % sont encore en activité en 2011 contre 55 % en France.

A caractéristiques identiques autre que le secteur (profil du créateur, capital investi, nombre de clients…), les entreprises des transports et entreposage créées en 2006 ont près de cinq fois plus de chances d'être toujours en activité après cinq ans que celles du commerce. Celles des services aux ménages, près de deux fois plus de chances, comme celles de la construction.

Les moyens mis en oeuvre au démarrage de l'entreprise, en lien avec le secteur d'activité, sont souvent faibles. En effet, en 2006, plus d'un créateur d'entreprise sur deux avait investi au départ moins de 8 000 euros : 22 % des créateurs ont investi moins de 2 000 euros et 35 % entre 2 000 et 8 000 euros. Cinq ans après leur création, les entreprises à faible investissement initial ont moins de chance d'être encore actives.

Seuls 43 % des entrepreneurs ayant investi moins de 2 000 euros en 2006 sont en activité en 2011, proportion proche de la moyenne nationale. Le taux de survie des entreprises est plus élevé pour les entrepreneurs ayant investi des sommes importantes. En 2006, 11 % des créations ont démarré leur activité avec plus de 40 000 euros. Deux tiers d'entre elles sont toujours actives en 2011. Toutes choses égales par ailleurs, avoir investi 40 000 euros ou plus engendre deux fois plus de chances d'être toujours en activité après cinq ans dans la région, comme au niveau national.

Au-delà des caractéristiques de l'entreprise créée et des moyens mis en oeuvre, le profil du créateur influe également sur la pérennité de l'entreprise. Le niveau d'études est l'une des caractéristiques déterminantes. Plus le créateur d'entreprise est diplômé, plus son entreprise aura de chances d'être encore active cinq ans après sa création. Ce constat réalisé au niveau national s'applique également à la région, avec toutefois quelques nuances. En France, comme dans la région, les créateurs les moins diplômés (non-diplômés ou ayant au plus le BEPC ou un CEP) ont moins de chances de pérenniser leur entreprise. Leur taux de pérennité est de 41 % en moyenne au niveau national et de 36 % au niveau régional, signe d'une fragilité plus accrue en Languedoc-Roussillon. Les diplômés de niveau supérieur ou égal au deuxième cycle universitaire ou diplôme d'ingénieur présentent des taux de pérennité moindres dans la région (52 %) qu'au niveau national (61 %). A l'inverse, les entrepreneurs ayant effectué des études techniques de premier cycle ou diplômés des professions sociales ou de santé ont dans la région le plus de chances d'être encore actifs cinq ans : 60 % contre 56 % au niveau national.

Le diplôme de l'entrepreneur n'est pas la seule caractéristique déterminante quant à la pérennité d'une entreprise. L'âge du créateur apparaît également discriminant pour les jeunes de moins de 30 ans et pour les plus de 50 ans de manière moins marquée dans la région, avec des taux de pérennité respectifs de 39 % et 45 %. Les jeunes créateurs régionaux sont moins nombreux à être toujours en activité après cinq ans en proportion qu'au niveau national (45 %). L'âge le plus favorable pour les créateurs se situe entre 30 et 40 ans avec un taux de survie de 55 %. Cependant, toutes choses égales par ailleurs, un créateur de 50 ans ou plus aura deux fois plus de chances de pérenniser son entreprise qu'un de moins de 30 ans.

La moindre pérennité des entreprises créées par des entrepreneurs de 50 ans ou plus s'explique par des caractéristiques spécifiques : les entrepreneurs les plus âgés sont plus souvent moins diplômés et sont surreprésentés dans le commerce, les activités immobilières et financières.

Si au niveau national, le taux de pérennité des entreprises créées par des hommes est peu différent de celui des entreprises créées par des femmes, au niveau régional, l'écart est notable. Ainsi, en Languedoc-Roussillon, le taux de survie en 2011 des entreprises créées par des hommes est supérieur de 3 points à celui des entreprises créées par les femmes. Cependant, cet écart est expliqué par des effets de structure : les femmes créatrices, bien qu'en moyenne plus diplômées que les hommes, créent davantage dans des secteurs d'activité plus fragiles. A titre d'exemple, une entreprise sur dix créée en 2006 par une femme est dans l'hébergement ou la restauration (une sur vingt pour celles créées par un homme) ; ce secteur présente un faible taux de pérennité à cinq ans (36 %). Ainsi, en neutralisant les effets de structure, la probabilité qu'une entreprise créée en 2006 par une femme soit en activité en 2011 n'est pas significativement différente de celle d'une entreprise créée par un homme.

En Languedoc-Roussillon comme au niveau national, les entreprises créées par des demandeurs d'emploi, des personnes sans activité ou des étudiants sont moins pérennes que celles créées par des salariés ou des chefs d'entreprises même en neutralisant les effets de structure. En 2006, plus de quatre entrepreneurs sur dix se déclaraient au chômage avant de créer leur entreprise et trois sur dix étaient d'anciens salariés.

Au niveau national, avoir déjà créé une entreprise présente un risque moins important de cessation au bout de cinq ans. Dans la région, au contraire, toutes choses égales par ailleurs, un créateur aura deux fois plus de chances de pérenniser son activité à cinq ans s'il s'agit de sa première création comparativement à un entrepreneur ayant déjà créé une entreprise. Cela reflète soit le risque accru d'échecs successifs dans la région, soit la plus forte propension à créer successivement des entreprises à durée de vie limitée.

 

Chiffres / Insee

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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