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FAIT DU JOUR Du « larbin » au PDG, l’affaire de drogue au cœur de la « jet set » nîmoise

Photo d'illustration. Palais de Justice de Nîmes. D.R/
Photo d'illustration. Palais de Justice de Nîmes. D.R/

Un braqueur au lourd casier judiciaire, deux cousins sans histoires, le patron d'un grand magasin, un employé du tribunal de commerce… Le tribunal correctionnel de Nîmes a dû démêler une étonnante histoire de drogue.

Ce mardi 10 juin, il y a au moins un point commun qui unit les trois accusés qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nîmes : la drogue. A la barre, comparaissant libres, on trouve deux cousins : Alain et Samuel, deux individus inconnus des services de police. Dans le box, détenu, c’est Rémi, un poids-lourd des cours d’assises avec onze condamnations à son casier et trente ans de prison cumulés notamment pour des braquages. Entre les cousins et le repris de justice, les liens semblent donc très éloignés voire même inexistants. Pourtant, ils sont bien impliqués dans la même affaire. Une histoire de drogue qui mouille les trois prévenus mais également des personnalités aussi diverses que le PDG de Château d’Ax ou un employé du tribunal de commerce.

« J’ai failli tout perdre », regrette l’accusé

La présidente du tribunal, Elisabeth Toulouse, questionne d’abord Samuel, 33 ans, le plus jeune des accusés. Cheveux ras, barbe de trois jours, le trentenaire reconnaît être un consommateur de drogue. Rien de plus. Oui, il le concède, il a acheté de la drogue en grosse quantité, pour 2.400€, avec son cousin Alain, 49 ans. Commercial chez Conforama, ce dernier a lui aussi parlé d’une « bonne occasion proposée par un gars de la ZUP ». Une bonne occasion de plus pour cet homme qui travaille au pays où la vie est moins chère.  « Avec cet achat, j’avais l’opportunité d’être tranquille pendant six à huit mois. Je regrette à 300% ce que j’ai fait. J’ai failli tout perdre », explique Alain qui avait oublié de prévenir sa compagne qu’il achetait de la drogue en si grandes quantités…

« Avec vous, en deux heures, on était livrés ! », ironise la procureure

Rémi, lui, n’a pas l’air impressionné et assume complètement son rôle : « J’étais chargé de trouver de la cocaïne et on se retrouvait deux fois par semaine (avec d’autres personnes que les deux premiers accusés, NDLR) et on consommait. Ca me permettait de consommer gratuitement ». Pour la procureure, Laurène Dorlhac, Rémi faisait du « service à la personne. Avec vous, en deux heures, on était livrés ! », ironise-t-elle avant de requérir 18 mois de prison avec sursis pour Samuel, trois ans dont deux avec sursis pour Alain et cinq ans dont un avec sursis pour Rémi.

« Il faisait le larbin de ces messieurs de la jet set », plaide l’avocate

En défense, Maîtres Marc Roux et Sylvie Josserand n’oublieront pas les autres acteurs de ce dossier : les consommateurs à qui Rémi fournissait la cocaïne. « Il est où le directeur de Château d’Ax ?, interroge Maître Roux. Il est où ? (…) Les gros trafiquants, les notables de la ville, ils ne sont pas là… ». Sylvie Josserand, elle, plaide pour Rémi : « Si le trafic de drogue n’est pas légal, il faut que ce ne soit pas légal pour tout monde ou pour personne » avant de résumer le rôle de son client : « Il faisait le larbin de ces messieurs de la jet set ». Au terme d’un court délibéré, Samuel a été condamné à un an de prison avec sursis, deux ans avec sursis pour Alain ainsi qu’une obligation de soin. Rémi repart pour 30 mois de plus en prison. Une ligne de plus à son palmarès.

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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