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FAIT DU JOUR Benjamin Mathéaud, PS, 2 mois après sa défaite aux municipales : « Hollande est cramé »

Vincent Marignan remporte pour la deuxième année consécutive la Palme d'Or. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)
Benjamin Mathéaud, candidat PS aux munucipales 2014 sur Alès. Photo DR/S.Ma

Plus de deux mois après sa débâcle aux municipales, le conseiller municipal PS de l'opposition à Alès revient sur sa défaite et sur la politique controversée menée en national par son parti qu'il soutient coûte que coûte. Même s'il admet quelques erreurs.

Objectif Gard : Avec le recul, comment analysez-vous votre défaite aux municipales?

Benjamin Mathéaud : Je ne l'ai pas pris pour une sanction personnelle, dans d'autres villes aussi, les résultats ont été difficiles pour le PS, notamment à Perpignan. Ça aurait été plus dur si les scores avaient été meilleurs en national. Ce qui a été plus difficile, c'est le décalage entre l'accueil qu'on a reçu pendant la campagne et les résultats. Lors de ma première campagne en 2004, on se faisait insulter. Ce n'était pas du tout le cas cette année.

O.G. :  Justement, ce vote sanction contre le PS est-il justifié?

B.M : L'erreur de Hollande est de ne pas avoir tenu sa promesse de réforme fiscale. Les députés ont prétendu que les petits ménages seraient épargnés par l’impôt et ça n'a pas été le cas. Certains foyers non imposables ont dû faire face à l’impôt et à une taxe d'habitation en sus. C'est une connerie. Ça l'a flingué et il est cramé. Il ne remontera pas dans les sondages.

O.G : Vous continuez pourtant de soutenir sa politique...

B.M : Le PS ne s'arrête pas en 2017 et je reste persuadé que le parti est l'avenir du pays. Par ailleurs, mon engagement est surtout local. On ne peut pas seulement être indexé au baromètre de la politique nationale. Avec la réforme territoriale, Alès sera la 8e agglo de la région et a tout à y gagner. Quant au pacte de responsabilité, il faut arrêter de dire que tous les patrons sont des voyous. Ce sont tout de même les entreprises qui créent l'emploi.

O.G : Revenons justement à votre mandat local. Comment appréhendez-vous ces six prochaines années au conseil municipal d'Alès?

B.M : On va être vigilent sur les promesses de campagne du candidat Max Roustan. Veiller notamment à ce que la place des Martyrs de la Résistance ne soit pas un gouffre financier pour la ville. Il s'agit d'un partenariat public-privé dans lequel la mairie verse un loyer de 900 000€ par an à Vinci, qu'elle ponctionne sur ses frais de fonctionnement. Ce projet n'alourdit donc pas la dette de l'hôtel de ville mais le total de ces versements s’élèveront tout de même à 30 millions dans 25 ans.

C'est à surveiller. Il y a également le projet de golf qui n'est pas enterré. 70% du terrain est propriété de l'agglo et Roustan peut passer en force grâce à la loi ALUR, votée en février 2014. Ce texte prévoit le transfert de la compétence urbanisme aux communautés de communes et aux communautés d’agglomération.  Un quart des communes représentant au moins 10 % de la population peuvent s’opposer à ce transfert de compétences dans les trois mois précédant le terme du délai de trois ans. Il faudra donc se mobiliser.

O.G : L'opposition est aujourd'hui écrasée au conseil municipal. Comment allez-vous faire entendre votre voix?

B.M : D'ici la fin de l'année, avec mes anciens colistiers de campagne, nous allons monter une association d'action locale. Ce sera ouvert à tout le monde, politique, mais non partisan. Ceux qui ne sont pas encartés sont les bienvenus.

O.G : Quelle est votre marge de manœuvre au conseil municipal?

B.M : Elle est très faible. Mais ce n'est pas parce qu'on est peu d'élus (2, NDLR). L'an dernier, j'avais déposé des résolutions contre des arrêtés mais elles sont passées à la trappe ou traitées par-dessus la jambe. Notre seul droit, c'est celui de la parole. Quand on nous la donne. La marge devrait être plus importante au conseil communautaire car Roustan y possède moins de soutien.

 

Propos recueillis par Eloïse Levesque

Eloïse Levesque

Eloïse Levesque, journaliste diplômée de l'université de droit et de science politique de Montpellier, à Objectif Gard depuis mars 2014

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2 commentaires

  1. Mathéaud qui déclare Hollande « cramé », c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Plus cramé que Mathéaud, on cherche encore. Malheureusement il n’en n’a pas encore pris son parti. Mieux vaut se taire dans ces cas là.

  2. Hollande est cramé mais le feu s’est propagé à son parti et à toute la gauche. Valls a peur que sa gauche meure : on a envie de lui dire : « qu’elle trépasse vite ». On a besoin d’une vraie gauche pas de celle qui mime la droite.

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