GARD « Il n’y a plus de miel ou alors très peu »

A l'Intérieur d'une ruche (Fidber / Flickr / Cc)

A l'Intérieur d'une ruche (Fidber / Flickr / Cc)

Le constat est rude : la situation de l’apiculture dans la région et le département ne cesse d’empirer.

Xavier Roux, apiculteur près d’Alès et président de l’Association de Développement de l’Apiculture Professionnelle en Languedoc-Roussillon (ADAPRO LR), ne dit pas autre chose : « Après deux années déjà difficiles, 2014 est vraiment très très difficile. On perd 50 à 60 % de production pour certains par rapport à 2013, où on avait déjà perdu 30 à 40 %. »

Le climat, principal responsable

Conséquence logique : « On se retrouve dans une situation où il n’y a plus de miel ou alors très peu, explique l’apiculteur. Les apiculteurs qui vendent à des centrales d’achat n’auront pas ou peu de miel à fournir, et il y aura beaucoup de difficultés à trouver du miel français ou gardois. »

Principal responsable de cette situation, « le climat, qui n’a pas été favorable cette année » pour Xavier Roux. Et l’apiculteur de pointer du doigt un problème qui risque fort de s’installer sur le long terme : « aujourd’hui le manque de miel vient du changement climatique. Il faudrait stopper le réchauffement climatique et limiter la pollution, les pesticides comme la pollution automobile. »

D'autres facteurs viennent aggraver la situation

Outre ces problèmes climatiques, Xavier Roux rappelle que « dans le Gard, toutes les exploitations ont des problèmes de parasites, la varroa jacobsoni, un acarien qui affaiblit fortement les abeilles, et contre lequel on n’a rien de très efficace. » Le Gard présente même la particularité d’avoir été l’un des premiers départements infectés, dès 1987.

Quant aux pesticides, régulièrement mis sur le banc des accusés, l'apiculteur explique qu'il y a « dans les Pyrénées-Orientales des cas de grosse mortalité », mais qu'« ici les problèmes sont ponctuels et aussi liés à la pollution générale. »

A terme, « l'apiculture est menacée »

Une situation difficile, qui va avoir des conséquences pour les portefeuilles des consommateurs, prévoit Xavier Roux : « Les miels produits localement vont voir leur prix exploser. Pour l’hiver 2014-2015, il n’y a plus de stock. »

Mais plus grave, pour le président de l’ADAPRO LR « s’il y a encore un déclin comme celui-là sur 10-20 ans, l’apiculture est menacée. » Et pour lui, plus qu’un secteur, c’est une partie de l’écosystème qui serait en danger : « Si demain on ne produit plus de miel, il n’y aura plus assez d’abeilles pour assurer la pollinisation. Or, dans le monde, 80 % des produits que nous consommons sont pollinisés. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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