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FAIT DU JOUR A Vauvert, Jean Denat joue son va-tout

Jean Denat, président du conseil départemental du Gard et élu du canton de Vauvert se
Jean Denat, président du conseil départemental du Gard et élu du canton de Vauvert se représente aux cotés de Pascale Fortunat-Deschamps. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

Face à un FN aux dents longues et une UMP revancharde, le président PS du conseil général mène, sur le canton de Vauvert, l'un des combats les plus difficiles de son parcours politique. Le premier tour sera décisif.  

Si la victoire de la majorité départementale doit passer quelque part, c'est bien par Vauvert. Élu en Petite Camargue depuis 1998, le leader socialiste des départementales du Gard livre le plus difficile combat de sa carrière politique. Dans un contexte d'impopularité du gouvernement et avec une réforme des cantonales peu favorable à la gauche, les candidats de la majorité sont en danger… Selon les pronostics, la famille socialiste et ses alliés (Front de gauche et EELV) pourraient même perdre la collectivité qu'ils dirigent depuis 1871.

Le FN au second tour 

Le duo Meizonnet-Pruvot avec au centre Jacques Clostermann, lors de leur première réunion publique à Aubord. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
Le duo Meizonnet-Pruvot avec au centre Jacques Clostermann, lors de leur première réunion publique à Aubord. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

Vauvert fait partie des territoires susceptibles de basculer à droite ou au Front National. D'ailleurs, les différents candidats ne se font pas d'illusions : "la question ici est de savoir qui sera au second tour pour bénéficier du Front Républicain", commente un socialiste. Aux européennes - scrutin similaire aux départementales pour son taux d'abstention - le Front National a battu des records dans les communes du canton : 41% à Vauvert, 39% Beauvoisin ou encore 40% à Uchaud. Face aux scénarios les plus sombres, Jean Denat se veut optimiste. La méthode Coué ? "Pas du tout ! Ces analyses sont réalisées derrières les portes de Versailles par des personnes qui ne connaissent pas la réalité du terrain", avance le chef de file, qui signale "qu'à Vauvert les combats ont toujours été durs, comme aux municipales où nous avons battu le FN".

Le parti de Marine Le Pen, dans sa stratégie de conquête et de dédiabolisation a présenté à Vauvert son meilleur casting. C'est Nicolas Meizonnet, ingénieur et fils de Jean-Louis Meizonnet, médecin réputé de la place vauverdoise, qui part au combat. Accompagné de Béatrice Pruvot, l'agricultrice porte un discours beaucoup plus acidulé que ses homologues des autres cantons. Autre particularité : les candidats FN affichent une campagne de proximité, même si leur tract s'évertue à critiquer la politique de François Hollande. "Ces deux personnes n'ont pas de propositions concrètes", dégaine Jean Denat. L'élu combatif, dont la proximité est reconnue aussi bien par ses détracteurs que ses partisans, compte d'abord sur "son bilan". Lors de la dernière commission permanente, la conseil général a attribué environ 400 000 euros au canton de Vauvert, notamment pour soutenir la mission locale, le milieu artistique et celui de l'insertion.

UMP veut passer le premier tour 

Photo : Bon Sens Gardois.
Joëlle Cachia-Moreno, élu d'opposition de Vauvert et Guy Schramm, maire de Beauvoisin. Photo : Bon Sens Gardois.

Pour le Front National et le Bon Sens Gardois, cette politique s'apparente tout bonnement à du "clientélisme". "Faux", rétorque Jean Denat, qui explique être "un bon élu pour son territoire". Parmi les décisions prises par le président du conseil départemental, l'embauche de Katy Guyot continue de faire grincer des dents. La maire de Vauvert - qui a succédé à Jean Denat après son départ à la présidence du conseil général - occupe un poste de conseillère juridique. Interrogé sur la question, le socialiste se défend, tant bien que mal : "Katy Guyot est une fonctionnaire territoriale. Le poste était disponible et elle est très compétente".

La droite représentée par le ticket Joëlle Cachia-Moreno, élu d'opposition de Vauvert et Guy Schramm, maire de Beauvoisin, se voit déjà au second tour. Pour maximiser leurs chances de l'emporter, les formations politiques ont mis les bouchées doubles pour s'unir : "c'est historique en Petite Camargue, puisqu'il y a souvent plusieurs candidats de droite à chaque élection". L'ancienne adjointe aux finances attaque frontalement le président du conseil général sur l'augmentation des impôts: "en 2014 les droits ont augmenté de 18,42 % et 10% de plus pour la taxe additionnelle à la taxe séjour. C'est du matraquage fiscal de Jean Denat, intime de Manuel Valls, qui fait la même chose sur le plan national".

La candidate UMP l'assure : "Avec les 12,5% nécessaires pour accéder au second tour, il n'y aura pas de triangulaire. Nous devons donc tour faire pour parvenir au second tour". Le cas échéant, Joëlle Cachia-Moreno fera "Front Républicain" même si, après l'épisode de la législative partielle du Doubs, l'UMP n'appellera pas à voter pour le PS. 

Front de Gauche, épine dans le pied de Denat

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Avant/Après le redécoupage des cantons de 2013. Droits réservés.

Le redécoupage profitant souvent à ceux qui ont les ciseaux, Jean Denat a fait assurer ses arrières. Le gouvernement a intégré une partie de l'ex-canton Rhony Vidourle - aux mains du communiste Patrick Bonton - dans l'ancien canton de Vauvert. Seulement, un petit caillou s'est glissé dans son soulier : le binôme Front de Gauche, soutenu par l'association Nouvelle Donne. Chantres de l'austérité, Olivier Douard (PCF) et Armelle Grosjean de la CGT, revendiquent avec force le "soutien de Patrick Bonton". Un soutien qui pourrait bien faire perdre quelques précieux points à Jean Denat pour accéder au second tour.

Le président du conseil départemental appelle donc à "voter utile" : "Nous devons tirer les leçons des dernières sénatoriales. La gauche, divisée, a perdu un sénateur en septembre (…) Ce que les partis n'ont pas su faire, il faut que les électeurs le fassent". Ce à quoi Olivier Gouard répond : "voter utile c'est voter pour nous, qui proposons d'autres solutions à l'austérité du gouvernement qui a des impacts sur la politique départementale. On a pu le voir avec l'insertion ou la prévention spécialisée… Il faut sortir de ce mode de raisonnement stratégique". Reste à savoir pour quelle formule du "vote utile" les Gardois opteront les 22 et 29 mars.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objecitfgard.com

 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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