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DEPARTEMENTALES Canton du Vigan : les gauches se livrent bataille

Richard Valmalle et Martine Gayraud, tandem communiste.
Richard Valmalle et Martine Gayraud, tandem communiste.

Diviser pour mieux régner. La gauche viganaise a peut-être pris cette expression un peu trop au pied de la lettre. Dans la course aux élections départementales sur le canton du Vigan, trois binômes de gauche ont décidé de se présenter. Pour leurs adversaires de droite et d'extrême droite, l'espoir de décrocher une victoire est d'autant plus vivace.

Avec ses 23 000 habitants répartis dans 46 communes, le nouveau canton du Vigan est le plus vaste du département. Parmi les huit conseillers généraux sortants, seul Thomas Vidal, élu sur le canton de Valleraugue, ne faisait pas partie de la Majorité départementale. C'est sur ce territoire très marqué à gauche où l'actuel président de région, Damien Alary, est élu (Saint-Hippolyte-du-Fort), Eric Doulcier (Le Vigan) et Martin Delord (Trèves), sont tous deux candidats à leur propre succession élection.

Le grand bazar à gauche

Hélène Meunier et Martin Delord.
Hélène Meunier et Martin Delord.

Comme dans beaucoup d'autres cantons, la gauche n'a pas réussi à trouver un terrain d'entente. Les électeurs ont donc l'embarras du choix avec trois binômes aux sensibilités politiques similaires.

Pour la Majorité départementale, Martin Delord, élu depuis 1992 et maire de Lanuéjols, brigue un nouveau mandat avec Hélène Meunier, enseignante et adjointe au maire de Saint-Hippolyte-du-Fort. S'il reconnaît que la mésentente à gauche « nuit à l'avancée des projets », il reste persuadé que les électeurs voteront « pour une personne et non pour un parti ». « C'est pas un avantage d'être divisé, mais je pense que ça ne va pas beaucoup gêner », soutient-il. Son grand projet pour dynamiser le canton : « créer un guichet unique en partenariat avec la Région pour que les porteurs de projets puissent avoir des réponses rapides ».

Muriel Martinet et Eric Doulcier, candidats "sans étiquette".
Muriel Martinet et Eric Doulcier, candidats "sans étiquette".

Son adversaire Eric Doulcier, maire du Vigan, regrette quant à lui le manque d'union. « Je n'étais pas très exigeant. Je demandais simplement à être le remplaçant de Martin Delord, explique t-il, mais il a préféré écouter les sirènes du PS plutôt que de s'appuyer sur quelqu'un comme moi ». Qu'à cela ne tienne, l'élu viganais a décidé de se présenter sans étiquette avec Muriel Martinet, élue à Conqueyrac. S'il conserve son fauteuil, il souhaite faire de l'emploi « sa priorité, sans faire de promesses inconsidérées comme le font les autres ».

Troisième tandem : Martine Gayraud, ex-secrétaire départementale du parti communiste et Richard Valmalle, maire de Saumane. Ils veulent combattre « l'austérité imposée par le gouvernement » et ne craignent guère leurs rivaux. « Les gens s'interrogent sur la politique menée par le conseil général. Eric Doulcier se situe en dehors des partis. Et la menace du Front national est moindre sur ce canton », commente la communiste. Leur grande ambition ? « Lutter contre la désertification médicale et développer un vrai service d'accueil pour attirer et garder la population ».

L'espoir à droite

Hubert Norbert et Elise Viala.
Hubert Norbert et Elise Viala.

Hubert Norbert, ancien maire de Saint-Hippolyte-du-Fort et Elise Viala, restauratrice à Saint-Laurent-le-Minier, constituent l'union de la droite. « J'avais deux solutions, indique Hubert Norbert, rester chez moi à rouspéter sur ce qu'il se passe ou travailler pour que l'on puisse changer les choses ». Et il compte sur la division de la gauche pour pouvoir concrétiser ses idées. « Je pense que les trois binômes de gauche seront éliminés dès le premier tour. On devrait se retrouver en face du FN », assure le candidat.

Aurélie Wagner et Germain Spagnol.
Aurélie Wagner et Germain Spagnol.

Enfin, le Front national est représenté par Germain Spagnol, poissonnier à Nîmes, et Aurélie Wagner, chauffeur de taxi à Alès. Tous deux habitent dans les villes où ils travaillent, bien loin des enjeux du canton viganais. D'ailleurs, Germain Spagnol avoue « ne pas avoir de projet spécifique pour le territoire » et se cache derrière le programme national du FN. « Nous représentons Marine Le Pen. C'est sur le plan national que ça se passe », assure Germain Spagnol. Les élections des 22 et 29 mars sont pourtant départementales.

Elodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

2 réactions sur “DEPARTEMENTALES Canton du Vigan : les gauches se livrent bataille”

  1. Martine Gayraud? C’est pas elle qui voulait être investie sur le canton de La Grand Combe? On voit là son « ancrage territorial »!Passer de La Grand Combe au Vigan c’est faire du parachutage son sport d’election!!!

  2. Je ne vois pas vraiment en quoi la gauche est plus désunie que d’habitude. Si on prend l’ancien canton du Vigan (qui représente près de la moitié de la population du nouveau canton) on retrouve une configuration similaire à 2011.

    Il y avait 6 listes (!) dont le PS (M. Canayer), le PG (M. Labrosse) et M. Doulcier. Cela n’a pas empêché le front national et l’UMP d’être éliminés au premier tour et le sans-étiquette Doulcier de l’emporter au second. Dans les autres anciens « grands » cantons (Alzon, Sumène et Saint-Hyppolite) l’UMP n’avait même pas de candidats ! Je pense que M. Norbert est un tantinet optimiste, si droite il y a eu second tour, cela ne sera probablement pas lui.

    Le plus triste c’est que pour un scrutin local comme celui la, des gens qui ne font pas campagne et qui n’ont pas de programme vont sûrement faire un assez bon score. Ils ne peuvent logiquement pas être élus: cela serait un suicide pur et simple du territoire, qui a déjà perdu beaucoup en représentation auprès de Nîmes (2 élus au lieu de 8, c’est quatre fois moins !). Malgré les tentatives de « nationaliser » l’élection, les départementales sont un enjeu avant tout local surtout en région rurale comme la notre. En estimant l’abstention à 50% il leur faudrait 25% des exprimés -score qu’il n’ont jamais atteint- pour se maintenir au second tour, ce qui serait une très désagréable surprise.

    De même le tandem du front de gauche manque d’ancrage: Mme Gayraud était Nîmoise aux dernières législatives et Saumane reste assez excentré quand Le Vigan-Saint-Hyppolite-Sumène représentent plus de 40% de la population.

    Il reste donc le cas Doulcier/Delord. M. Doulcier a été capable de montrer par trois fois (Municipales 2008 et 2014 et départementales 2011) que son projet pour le territoire était assez complet et solide pour battre un parti socialiste rassemblé derrière un apparatchik dont les principaux arguments sont les soutiens des barons du département.

    Ainsi M. Delord a son « guichet unique », qu’il présente lui même comme le fruit d’une réflexion des présidents de région et du département, plus qu’une vraie solution ad-hoc pour le territoire. Ajoutons à cela que le soutient du PS n’est pas vraiment un avantage en ce moment, et que le département pourrait très bien basculer à droite, le redécoupage aidant.

    Tout cela fait de M. Doulcier le candidat le plus solide à mon humble avis. Mais nous verrons bien de quoi l’avenir sera fait.

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