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PORTRAIT DU DIMANCHE Jean-François Dufaud dévoile les secrets des remparts romains à Nîmes

Jean-François Dufaud, auteur d'un ouvrage sur les remparts romains à Nîmes. Crédit photo JFD.

Originaire d'Uzès, Jean-François Dufaud s'est prit de passion pour l'histoire locale. Accompagnateur des journées du patrimoine et membre de la FAHG, il s'est entouré d'archéologues et d'historiens pour publier un ouvrage sur les remparts romains.

Lorsqu'il prend sa retraite de la banque en 2008, Jean-François est tout sauf inactif. L'histoire de son pays natal, il la découvre pendant son temps libre. Dès qu'il le peut, il fait visiter la ville de Nîmes mais reconnait au début un manque de connaissance. "J'ai été obligé de faire des recherches plus approfondies et j'ai découvert l'association Pont-Du-Gard et Patrimoine spécialisée dans l'aqueduc de Nîmes". C'est là qu'il apprend que l'eau était acheminée d'Uzès jusqu'à Nîmes. Cette association organise des visites à pied de l'aqueduc, soit 50 km de marche répartis en six journées. "C'est un moyen de découvrir cette région avec un regard différent" précise t-il. Parallèlement, d'autres collègues se penchent sur les remparts de Nîmes à partir d'un texte de Christian Liger, véritable jeu de piste au service d'un patrimoine souvent méconnu.

Un travail de longue haleine

Jean-François Dufaud illustre ce texte de photos, d'une carte et répartis le tracé sur 20 étapes. La Fédération Historique du Gard, qui regroupe 40 associations et 2 500 adhérents, s'intéresse à son travail et lui demande d'animer une conférence sur le sujet et d'écrire. De là née un premier bulletin paru dans la revue Patrimoine 30 de la Fédération Archéologique et Historique du Gard. Cet ouvrage, Jean-François Dufaud ne l'a pas fait seul. "C'est un travail d'équipe, je me suis entouré de vrais professionnels comme l'archéologue Richard Pellé, qui est en train d’effectuer des fouilles sur les pentes de la colline Montaury et à partir des travaux de Pierre Varène, membre du CNRS et avec la permission de Madame Liger, garante de l’œuvre de son mari."

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L’enceinte est construite en blocage entièrement revêtu à l’époque romaine d’un parement de moellons en pierre de Roquemaillère, un calcaire dur de provenance locale. Le blocage (opus caementicium) constitue le volume principal. Il est réalisé avec les éclats de taille, des cailloux, des blocs bruts et des débris divers. L’ensemble est lié par un mortier de couleur rose très dur avec des grains de chaux apparents. Image Jean-François Dufaud.

Des secrets jusqu'ici bien gardés

Dans cet ouvrage, l'auteur livre quelques hypothèses concernant notamment l'emplacement d'un cirque à proximité des arènes, entre l'avenue Feuchères et la Porte de France, "une découverte exceptionnelle et de première importance." Une information rapportée par l'archéologue Richard Pellé. Mais Jean-François Dufaud prend toutes ces précautions. "Nous ne voulons pas que nos propos soient mal interprétés. Il ne s'agit là que de simples hypothèses qui demandent à être confirmer." À l’époque romaine, devant l’amphithéâtre, le long des remparts et côté extérieur à la ville, une voie longée par un fossé permettait aux voyageurs de contourner la ville sans emprunter la voie Domitienne qui entrait dans la ville. Dans le rempart - devant les Arènes et l’actuel Palais de justice - un passage a été aménagé par les romains pour permettre l’évacuation des eaux du quartier, actuellement matérialisé par un marquage au sol. "Un autre archéologue de l’INRAP Yves Manniez m’a remis une figure inédite du rapport AEF – 2009 dans laquelle il présente la restitution de la courbe de la voie périphérique extérieure et de l’emplacement d’un petit pont  pour traverser le canal d’évacuation situé au sud-est de la porte des eaux des Arènes."

Sur la dizaine de portes qui perçaient l’enceinte romaine, la porte de France reste, avec la porte Auguste, la seule à être encore visible aujourd’hui. Nîmes était un carrefour de voies antiques (cf. ill. 3 page 6). Les constructeurs des remparts ont respecté ces lieux d’accès dans la ville en construisant des portes.
Sur la dizaine de portes qui perçaient l’enceinte romaine, la porte de France reste, avec la porte Auguste, la seule à être encore visible aujourd’hui. Nîmes était un carrefour de voies antiques. Les constructeurs des remparts ont respecté ces lieux d’accès dans la ville en construisant des portes.

Cette lecture de l'histoire locale est un moyen de "voir la ville sous un autre angle." Mais au delà, l'auteur souhaite une prise de conscience d'un patrimoine pas exploité à sa juste valeur. "Nous cherchons à protéger et mettre en valeur la partie de Montaury où la ville a bloqué la zone afin qu'elle soit non-constructible. Il faut l’emménager, pas moins de 300 mètres de remparts sur six mètres de hauteur en pleine garrigue s'y trouve".

Son livre est disponible dans les librairies Teissier et Biblica à Nîmes, mais également dans de nombreux autres points de vente dans le Gard. Un deuxième est prévu pour septembre.

Pour plus d'informations, vous pouvez contactez Jean-François Dufaud : activites.pdgp@sfr.fr

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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