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VALLABRIX Les opposants à l’extension de la carrière passent à l’action

Devant la carrière de Vallabrix, ce matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Devant la carrière de Vallabrix, ce matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Devant la carrière de Vallabrix, ce matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Ils étaient une centaine environ ce matin devant l’entrée de la carrière de Vallabrix, à l’appel du collectif d’associations et de citoyens opposés à l’extension de l’installation.

Parmi eux un certain nombre d’élus, avec notamment les maires de Vallabrix et de Saint-Quentin-la-Poterie, ou encore le député Christophe Cavard.

« Une schizophrénie totale »

Les manifestants ont bloqué l’entrée de la carrière durant près de deux heures pour protester contre l’extension de l’installation à la commune voisine de Saint-Victor-des-Oules, et pour demander le respect des arrêtés préfectoraux régissant le tonnage maximal que le carrier peut exploiter chaque année.

Pour les manifestants, « on est dans une schizophrénie totale, affirme Christophe Cavard. La préfecture constate en 2013 et en 2014 une surexploitation, elle saisit le parquet et dans le même temps elle donne des largesses au carrier. Il y a quelque chose qui ne va pas. »

« L’objet de l’arrêté contesté est de mettre en œuvre la réhabilitation »

Du côté de la préfecture, le son de cloche est différent. Le secrétaire général Denis Olagnon admet certes qu’« en 2014, une inspection a constaté que l’exploitation laissait à penser un dépassement des 250 000 tonnes annuelles maximales, le préfet a signé un arrêté de mise en demeure adressé au carrier pour demander le respect des 250 000 tonnes ainsi que le réaménagement du secteur central de la carrière. » Ce réaménagement consiste en la réalisation de paliers pour limiter l’érosion, et à leur végétalisation. Et c’est là que se loge la pomme de discorde.

« L’objet de l’arrêté contesté du 11 août est de mettre en œuvre la réhabilitation », explique Denis Olagnon, et non pas d’augmenter le tonnage. « Mais cela a un impact sur le volume de matériaux exploités », poursuit-il. En bref, la création de paliers nécessite l’extraction de matériaux, « et le paradoxe, c’est que Fulchiron (l’exploitant, ndlr) n’a rien demandé », affirme le secrétaire général de la préfecture, qui tient à distinguer deux notions : « le tonnage annuel, de 250 000 tonnes pouvant monter à 500 000 si la voirie est réalisée à Saint-Victor-des-Oules (elle ne l’est pas à ce jour, ndlr), et le volume global d’exploitation sur 20 ans, fixé en 2013 à 3,8 millions de mètres cube. L’arrêté du 11 août ne modifie pas le tonnage, mais augmente le volume global de fait, passant de 3,8 à 5,1 tonnes. Il ne fait que traduire la réhabilitation du secteur central. »

« Une première pierre »

Les opposants demandent un rencontre avec le préfet, qui « ne s’est toujours pas manifesté, affirme Alain Loones, président de l’association Vitae. On a déjà écrit à la ministre de l’Environnement, et on va le refaire, mais apparemment le préfet refuse de nous recevoir. » Denis Olagnon admet qu’il y a « une difficulté à être à la fois dans la concertation et dans le contentieux », les associations et la commune de Vallabrix ayant mis l’arrêté préfectoral de 2013 au tribunal administratif, qui n’a pas encore rendu de décision. Denis Olagnon rappelle qu’il y a eu « une concertation pour les arrêtés, y compris celui de 2013 », et se dit « prêt à rencontrer les élus pour leur expliquer. » Pour ce qui est des associations, en revanche…

En attendant, les manifestants sont remontés, la manifestation du jour étant « une première pierre » pour la maire de Vallabrix Bernard Rieu. Le député Cavard compte quant à lui « saisir le ministère pour lui demander par écrit les éléments précis et objectifs qui justifient ce nouvel arrêté. » Concernant la suite des événements, Alain Loones avertit : « si on n’obtient pas une rencontre à la préfecture et une évolution de la position, on prendra des actions plus virulentes. »

Lire aussi :

VALLABRIX L’inquiétude monte face à l’extension de la carrière

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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Un commentaire

  1. C’est ubuesque ou alors nous avons une administration préfectorale quasi sicilienne. L’exploitant contrevenant ne respecte pas les règles alors par arrêté on change les règles pour qu’il soit dans les clous.
    C’est vraiment n’importe quoi. Si la situation dégénère et les opposants demandent la fermeture de la carrière ce qui n’est pas le cas actuellement, le Préfet l’aura bien cherché.

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