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SÉCURITÉ Quatre clefs pour comprendre l’état d’urgence dans le Gard

Photo d'illustration.
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Depuis les attentats de Paris et Saint-Denis la préfecture du Gard a procédé à 16 perquisitions et 4 assignations à résidence. Tour d'horizon du dispositif mis en place dans le département. 

Cet après-midi, le préfet du Gard Didier Martin a évoqué les diverses actions effectuées par ses services dans le cadre de l'instauration de l'état d'urgence. Cette rencontre est la première depuis les attentats du 13 novembre. Régi par la loi du 3 avril 1955, l'état d'urgence a été activité, la dernière fois, en 2005 après les émeutes urbaines. Déclenché d'abord par le président de la République puis voté cet après-midi à l'Assemblée nationale*, il confère à l'administration des pouvoirs plus importants, lui servant à assurer la sécurité des Français "en cas de péril imminent".

Plan vigipirate

Mis en place en janvier après les attentats de Charlie, "le plan Vigipirate renforcé s'était quelque peu érodé", selon les propres mots du préfet du Gard. Les "patrouilles dynamiques" ont donc été renforcées autour "des lieux sensibles" : lieux de culte, gare, centres commerciaux ou près des sites techniques, industriels et technologiques. Gendarmes et policiers (450 policiers et 900 gendarmes pour 725 000 Gardois) travaillent main dans la main avec l'ensemble des policiers municipaux afin d'assurer "la meilleure couverture territoriale". A noter que l'état d'urgence n'enlève pas aux maires leur pouvoir de police.

16 perquisitions administratives 

La loi du 3 avril 1955 offre des possibilités juridiques nouvelles à l'administration qui, par exemple, peut se passer de l'accord du magistrat pour engager des perquisitions administratives. En France, 414 perquisitions ont été décidées par les préfets dont 16 dans le Gard. "L'objectif est d'aller voir ce qui se passe dans des locaux susceptibles de donner lieu à du trafic d'armes ou de stupéfiants. Bien souvent les réseaux terroristes s'adossent sur ce type de délit pour se financer", expose Didier Martin. Si le préfet se refuse à dévoiler la localisation de ces perquisitions et les résultats, elle concède à dire que ces dernières s'effectuent aussi bien en milieu rural qu'urbain. Ces perquisitions ont donné lieu à des interpellations. Les procédures judiciaires sont en cours, reprises en main par les services judiciaires.

Quatre assignations à résidence 

Sur les 118 assignations à résidence émises au niveau national, le Gard en compte 4. "Les personnes sont alors obligées d'être présentes la nuit à leur domicile. Il y a aussi une deuxième obligation : le pointage régulier dans le service territorial le plus proche, deux à quatre fois par jour de 7h à 20h", explique Didier Martin. Ces assignations sont prononcées lorsqu'il y a "une personne présente un risque de dangerosité pour l'ordre public".

Nîmes Olympique : les supporters privés de déplacement 

Enfin, le ministre de l'Intérieur a pris ce matin un arrêté publié au journal officiel, limitant la circulation des supporters des clubs de football. Nîmes Olympique fait partie de la liste des clubs dont les supporters ne sont pas autorisés à se déplacer ce dimanche pour la Coupe de France à Frontignan, puis le 24 novembre à Valenciennes pour le match de ligue 2. "Les forces de l'ordre ont pour priorité de se mobiliser dans la lutte anti-terroriste", conclut le préfet du Gard Didier Martin.

Par ailleurs, le préfet a demandé au ministère de la Défense des renforts militaires de l'opération Sentinelle, déployée au lendemain des attentats des 7, 8 et 9 janvier.

Coralie Mollaret

*Cet après-midi, l'Assemblée nationale a adopté la prolongation de l’état d’urgence de trois mois, par 551 voix contre 6 et une abstention : trois socialistes, Pouria Amirshahi, Gérard Sebaoun et Barbara Romagnan ainsi que trois écologistes Isabelle Attard, Noël Mamere et Sergio Coronado ont voté contre.

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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Un commentaire

  1. L’URGENCE DANS TOUS SES ETATS

    La Loi portant modification de la loi de 1955 sur l’état d’urgence présentée en Conseil des Ministres comporte des zones d’ombre sujettes à « interprétation » et donc pouvant s’appliquer à d’autres personnes que des individus dits dangereux. Notamment en ce qui concerne l’assignation à résidence qui s’appliquera donc à toute personne à l’encontre de qui il existe des « raisons sérieuses de penser » que son comportement est une « menace pour la sécurité et l’ORDRE PUBLIC ».

    Certes cette Loi précise bien qu’il n’y aura pas de contrôle des médias ni de perquisitions chez les avocats, mais quid des Syndicats et des Syndicalistes ? Au fait une Manifestation syndicale porte-t-elle atteinte à l’ordre public ?…

    Benjamin Franklin disait : « Un peuple prêt à perdre un peu de liberté pour une peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et finit par perdre les deux… »

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