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LES SPÉCIALISTES Sylvain Mieszalski, directeur de la future Ecole du Digital à Nîmes

Sylvain Mieszalski, directeur de la future école EDN à Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Sylvain Mieszalski, directeur de la future école EDN à Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Tous les samedis, à 7h, ne manquez pas le décryptage des spécialistes d'Objectif Gard sur un événement, un fait d'actualité, une polémique... Cette semaine, rencontre avec Sylvain Mieszalski, directeur de la future Ecole du Digital à Nîmes. Avec l'école Images et Créajeux déjà existantes, EDN est la seconde école autour du numérique à ouvrir ses portes à la rentrée prochaine avec l'ISDD. Nîmes est-elle en passe de devenir un prochain pôle du digital ?

Originaire de Manduel, Sylvain Mieszalski a effectué ses études au lycée Dhuoda puis à l'IAE de Montpellier. À Paris, il a travaillé dans l'enseignement supérieur privé comme responsable des relations entreprises pour deux écoles réputées. À Nîmes, il souhaite mettre son expérience au profit de la création d'une école dédiée au commerce digital, secteur en pleine expansion.

Objectif Gard. Pourquoi avoir choisir Nîmes pour implanter cette école ?

Sylvain Mieszalski. Il y a pléthore d'écoles à Paris, mais très peu dans le domaine du commerce digital finalement. Il y en a une dizaine sur toute la France dont Toulouse et Marseille, et deux antennes vont aussi s'ouvrir à Montpellier. Si on s'attarde un peu sur la géographie, Nîmes est un carrefour stratégique. D'Alès ou de l'Ardèche, d'Arles ou d'Avignon, c'est plus compliqué pour aller jusqu'à Montpellier. Même pour les gens qui arrivent de la Drome, ils n'ont pas une offre de formation très étendue dans leur secteur. Les parents se réjouissent de se dire que leurs enfants pourront rentrer tous les soirs sans devoir payer un appartement à Montpellier ou ailleurs. À Nîmes, il y a une forte envie. On propose de former des jeunes sur des métiers d'avenir et en alternance. Ils sortiront de chez nous avec un diplôme reconnu par l'état, formés à des métiers dans lesquels toutes les entreprises ont des besoins aujourd'hui.

Mais y a t-il un vivier suffisant d'entreprises ici dans ce domaine ?

Vous avez publié un article suite à la conférence sur le commerce connecté de Jean-Baptiste Vallet à la CCI. Cela a très bien marché, il y avait une soixantaine d'entreprises présentes et nous avons eu des bons retours. C'est un train en marche, mais en creusant on se rend compte que les gens ne savent pas vraiment ce que c'est concrètement le digital. Pourtant le digital est déjà là, et les entreprises attendent des jeunes formés à 360 degrés.

Donc c'est quoi le digital ?

Nous sommes une école de commerce digital, pas une école d'ingénierie informatique ou de graphisme. Avant on parlait de marketing mais les entreprises aujourd'hui font du web marketing, on les prépare autant à concevoir un site qu'au web design, au référencement, ou à vendre des encarts. Nous, on forme sur le marketing, le commerce et la communication dans une approche digitale.

 

"On rêve d'un pôle digital à Nîmes"

 

Quelle est la différence entre votre offre et les écoles concurrentes de la région ?

Il y a des acteurs importants comme Xavier Niel (Free) qui ont crée une école équivalente, l'EEMI. Notre différence, c'est que nous ne sommes pas un grand groupe qui nous implantons de façon agressive. On souhaite travailler de concert avec l'ensemble des interlocuteurs. Depuis que le projet a germé, on a rencontré le sénateur-maire Mr Jean Paul Fournier, Gilles Ridel de Nîmes Métropôle ainsi que des gens de la CCI. On veut s'inscrire dans une synergie et créer des émulations, j'imagine très bien un incubateur. Ce sont des métiers où les jeunes vont pouvoir travailler de façon très autonome. La plupart des PME/TPE ne peuvent pas s'offrir un consultant SIO à temps plein. C'est un métier qui monte, donc on les forme à travailler en indépendant. Et puis, l'idée c'est aussi une école implantée dans le local mais à ouverture internationale.

Qu'est-ce qui est fait politiquement pour favoriser le développement de ce secteur dans le Gard ?

Je me sens épaulé, l'opportunité de faire une conférence comme on a fait avec Jean Baptiste Vallet nous a permis de parler de la création de notre école en apportant aussi notre compétence. D'autres choses sont mises en place, on nous fait rencontrer des acteurs économiques et éducatifs. À priori on est soutenu car c'est une école qui s'inscrit dans le développement économique. On a besoin de se faire connaitre mais on propose aussi une vérité quasi absolue à propos de l'orientation des jeunes. Via l'alternance ils auront une expérience et ne sortiront pas de l'école comme jeunes diplômés, mais comme "junior". C'est un différence important sur le marché du travail.

S'installer à Nîmes c'est aussi faire le constat que le digital réduit les distances, on n'a plus besoin d'être à Paris pour travailler pour une entreprise basée à Los Angeles par exemple.

Aujourd'hui, il y a plusieurs formats ; ce qu'on retient, c'est que le tissu économique national, ce n'est pas de la grande entreprise mais plutôt TPE/PME, soit 95 % des entreprises. Donc qu'on soit indépendant ou embauché dans une petite entreprise, on a besoin de connaitre à 360 degrés les missions. Effectivement quand vous êtes dans une très grande entreprise on se spécialise. Nous, on cherche à les préparer à un large panel de domaine dans lequel ils seront amenés à travailler. C'est important pour nous qu'ils aient pu balayer l'intégralité des compétences dans le commerce digital. Il y a chez les jeunes un potentiel créatif incroyable, et il faut l'exploiter et les accompagner. Si on s'intéresse vraiment à l'écosystème numérique, on voit que les gens travaillent à l'international très rapidement même en tant qu'autoentrepreneur. Je lisais récemment un article sur une jeune étudiante de 20 ans qui lançait une application pour ne plus se retrouver seul à la cantine. C'est un réseau social qui permet de réunir des personnes seules. Des idées innovantes comme celle là, chaque jour il y en a.

Est-ce que cela peut favoriser le développement d'entreprises liées au digital à Nîmes ?

Cela y participera, j'en suis sûr. Idéalement dans quelques années, quand on pensera à Nîmes, on pensera au numérique et au digital. On a des étudiants formés dans le commerce du digital, on a une école d'ingénierie orientée numérique, on a Images qui fait dans le design, Créajeux aussi. Tout cela va attirer des entreprises. On rêve d'un pôle de compétitivité du digital implanté ici.

Baptiste Manzinali

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Baptiste Manzinali

Diplômé de l'ESJ, passionné d'actualité en général, musique, football, cinéma, jeux vidéo et civilisations anciennes.

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