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AU PALAIS Condamné à six mois de prison, il rit de bon cœur et remercie le juge

Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)
Le palais de justice de Nîmes. (Photo Baptiste Manzinali / Objectif Gard)

Une chose est sûre, Khaled veut faire bonne impression devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Ce Tunisien de 29 ans, sans papiers et qui fait l’objet d’une mesure de reconduite à la frontière, a dégradé la salle de transit du centre de rétention de Nîmes. Il a également refusé de se soumettre au relevé des empreintes digitales ainsi que de rencontrer le consul de Tunisie. Mais, dans le box, l’homme qui était dans une colère noire le 26 avril dernier, est aujourd’hui très aimable. Trop, peut-être. Quand le président de l’audience, Jean-Pierre Bandiera, lui demande – par l’intermédiaire de son interprète – s’il veut être jugé immédiatement ou bénéficier d’un délai pour préparer sa défense, il répond :

-          C’est comme vous voulez, Monsieur le juge.

-          Ce n’est pas à moi de choisir, répond le président.

-          Non mais on fait comme ça vous arrange.

-          Je ne peux pas décider pour vous, reprend le magistrat.

-          Bon aujourd’hui ?

Allez, c’est vendu ! Le président rappelle les faits du 26 avril : Khaled a saisi un banc et s’en est servi pour tenter de briser une porte du centre de rétention. Selon lui, un policier lui aurait rit au nez et il ne l’aurait pas supporté :

-           J’ai fait une crise, je voyais flou, tout noir. Je n’avais pas pris mes médicaments, je suis malade. Je suis un psy. Désolé.

Interrogé sur le refus de donner ses empreintes et de rencontrer le consul, Khaled nie :

-          C’est un mensonge, je n’ai jamais refusé.

Le procureur, étonné des réponses et du comportement du prévenu, parlera d’une « personnalité riche ».

-          Il a des réponses déroutantes, poursuit-il avant de demander, s’il est jugé sur le fond, 12 à 15 mois de prison.

L’expertise psychologique ne sera pas retenue par le tribunal. Invité à dire un dernier mot, Khaled assure :

-          Toute décision qui vient de vous, Monsieur le président, je l’accepte.

Le tribunal sourit mais le condamne à six mois de prison. En apprenant la condamnation, Khaled rit et, toujours aussi poli, lance au président :

-          Merci ! Et au revoir, Monsieur le juge.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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