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ALÈS L’Agglo et Saint-Hilaire refont la guerre du golf !

Conseil d'agglomération alésien. Eloïse Levesque/Objectif Gard
Conseil d'agglomération alésien. Eloïse Levesque/Objectif Gard

Il y avait 29 délibérations au conseil de communauté d’Alès ce jeudi soir mais seule la numéro 16 sur le golf de Saint-Hilaire-de-Brethmas a monopolisé les débats.

L’image est rare, le symbole fort. Le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Jean-Michel Perret, se tient debout, au fond de la salle, écoutant Max Roustan répondre aux éléments de son discours lu un peu plus tôt. A quelques jours de Noël, il n’y a pas eu de miracle : les deux hommes ne sont pas tombés d’accord. Et la distance entre eux, à l’image de leurs positions dans cette salle des assemblées, semble s’étendre chaque fois un peu plus.

Après un quart d’heure d’échauffement d’un conseil d’agglomération gentillet - où l’on notera tout de même que Philippe Ribot, président du jury d’Alès Audace, connaît tellement bien ses dossiers qu’il a réussi à se tromper sur le seul nom d’équipe qu’il a tenté de prononcer : le prix du jury, c’était L’Accent et non Belesa…. – l’assemblée passe aux choses sérieuses.

Saint-Hilaire ne paiera pas « le golf exit » !

Et qu’on soit pro, anti ou « golfoutiste », tout le monde était absorbé par les débats. Max Roustan le premier. Après l’énumération des grandes dates du projet commencé en 2004, il rappelle les 3 480 979,22€ engagés par sa collectivité qu’il espère récupérer dans les six mois. « On prend acte du vote démocratique, indique le président de l’Agglo. Mais on ne peut pas jeter l’argent public par les fenêtres. Vous pouvez changer d’avis, c’est la vie, mais faut payer ! Il faut assumer, soyez beau joueur », suggère-t-il sans toutefois préciser si c’est beau joueur… de golf ?

Jean-Michel Perret, encore assis, écoute patiemment et répond sur un ton calme et déterminé. Il insiste sur « le passage en force » sans consultation avec les Saint-Hilairois. Puis dénonce « les sommes imprudemment dépensées » pour ce projet qui n’était « qu’à l’état d’hypothèse ». « Quel est l’objectif ?, relance-t-il. C’est d’asphyxier une commune pour dire ‘on a gagné’ ? ». Le maire de Saint-Hilaire conclut : « Si vous persévérez, vous vous engagez dans une procédure dans laquelle nos deux communes ne sortiront pas gagnantes. (…) Non, non, non et non, les Saint-Hilairois ne paieront pas le golf exit ! » C’est bien le nœud du problème : personne ne veut le payer.

Vote final : onze abstentions

Dans les institutions, il y a des règles. Au tribunal, l’accusé a toujours la parole en dernier. A l’agglo, c’est Max Roustan. Grand seigneur, il concédera une demande du maire de Saint-Hilaire en lui proposant de réintégrer le comité des maires et de faire de nouvelles suggestions en remplacement du golf. Avant de conclure, buté : « Je ne vois pas où est le débat. C’est simple comme bonjour. Le maire, il veut pas le projet, il paie ». Vu comme ça, c’est vrai que c’est simple. Hélas, Jean-Michel Perret, déjà parti, n'a pas entendu le raisonnement de son président.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

6 réactions sur “ALÈS L’Agglo et Saint-Hilaire refont la guerre du golf !”

  1. Voilà, c’est comme à Nîmes, avec Tango, avec la gare de Manduel, avec « Magna Porta »,…On a à faire à des petits dictateurs locaux, qui ne s’embarrassent pas le moins du monde des règles de la démocratie. Le problème, c’est que avec ce système de communautés de communes et des élus non démocratiquement élus tout se fait forcément de façon non démocratique. A la fin il va falloir donner un grand coup de pied dans ce jeu.

    1. Sur Alès c’est totalement ubuesque , avec Max Roustan en père UBU et une ribambelle d’élus pour la plupart totalement inféodés qui votent mécaniquement à la vitesse grand V toutes les délibérations qui passent. Ils ne disent rien sauf pour mordre les rares élus opposants. Le maire d’Anduze qui a coulé sa propre intercommunalité parce qu’il n’avait pas obtenu une place de vice-président, lui se transforme en véritable chien de garde du système roustanien. On l’a bien vu hier soir c’était particulièrement grossier et ridicule. Il faut dire que Roustan l’a bombardé vice-président à l’Agglo d’Alès (1355,22 euros par mois) et il l’utilise quand bon lui semble. Il l’avait bien utilisé pour les élections départementales pour essayer de couler le duo Blanc-Suau et favoriser l’élection de Mme Rivenq et du docile Benezet de St Christol mais cela a capoté.
      La vérité c’est que dans cette affaire , Roustan a fanfaronné en relevant en juin 2016 le défi du référendum st hilairois et que le petit maire ostracisé de St Hilaire lui a mis une bonne baffe démocratique comme le dit Gérard et depuis il l’a amère. M^me sa cure de soupes de courges ne l’a pas calmé.
      Comme il abandonne de son propre chef le projet, comme il a initié des dépenses inconsidérées sans savoir si son projet rejeté par les commissaires enquêteurs en 2013 irait à son terme, il devrait effectivement payer les dépenses sur son patrimoine personnel. Il faut rappeler que depuis qu’il est en politique , il est devenu imposable à l’ISF. Normalement les élus initiateurs du projet de la municipalité de St Hilaire qui n’ont pas consulté, en 2004, les citoyens devraient également mettre la main à leur portefeuille. Au premier rang Roux et Bueno, l’ancien maire et le véritable maire de la commune à l’époque et la cohorte de conseillers suivistes : Cheyrézy, Teissier, Croze etc…Ils pourraient faire une collecte auprès de la clique des riches golfeurs avec lesquels ils ont initié en secret ce projet d’inutilité publique mais bien d’utilité très privée.

  2. Tout le monde y compris Roustan et lex municipalité devenu minorité a été d’accord pour le référendum : le vrai vote citoyen, il est là. En outre toutes les dépenses sauf 60.000 euros ont été réalisées imprudemment par l’Agglo sans savoir si dossier arriverait à terme. Il y a des enquêtes publiques et la 1ère a abouti à un échec. Qui rembourse pour MERCOIROL.
    Moralité : il faut consulter les citoyens sur des projets importants en amont en non dépenser à tout va. C’est Roustan et ses petits amis golfeurs qui devraient payer s’il y avait une justice morale.

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