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FAIT DU JOUR Une saison et un Site remarquable du Goût pour la truffe d’Uzès

Hier matin, lors de la présentation de la saison de la truffe, à Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Hier matin, lors de la présentation de la saison de la truffe, à Uzès (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Que de chemin parcouru en 25 ans ! » : le président du Département Denis Bouad ne boudait pas son plaisir hier matin à l’heure de lancer la nouvelle Saison de la truffe à Uzès, une saison marquée par l’attribution récente du label Site remarquable du goût pour la tuber melanosporum du pays d’Uzès.

De quoi faire du Gard le premier et le seul département de France à compter quatre Sites remarquables du Goût, après les oignons des Cévennes, le Taureau de Camargue et l’olive de Nîmes.

Un label, pour « mettre la truffe dans son écrin »

Un label qui vient récompenser « un produit emblématique qui est dans un site remarquable du point de vue géographique et paysager, un bâti d’exception, et les hommes et les femmes qui le font fonctionner », résume le président de la Fédération française des Sites remarquables du Goût Jean Jallat, pour qui un Site remarquable du Goût « c’est mettre le produit dans son écrin. »

Pour autant, l’attribution du label n’est que « la première marche, il faut le faire vivre » a estimé le président de la fédération, avant de se féliciter de voir que le programme de la Saison de la truffe correspondait à cette exigence. C’est que la Saison, qui s’étirera jusqu’au 15 mars et qui associe la truffe du Pays d’Uzès et les vins de l’appellation Duché d’Uzès, garde la recette qui en fait son succès, avec le week-end de la truffe les 13, 14 et 15 janvier. Un week-end qui comprend toujours la soirée vigneronne, la soirée truffes, la soirée de gala avec les chefs étoilés du département, et la journée de la truffe le dimanche. « Mais chaque année il faut innover, il y a deux ans on a créé l’opération Truffe et terroirs, l’année dernière une nouvelle soirée Place aux Herbes, et cette année nous lançons les balades gourmandes, pour aller découvrir les truffières, caver et déguster sur une journée », explique le président du syndicat des producteurs de truffes Louis Teulle.

Un marché pour les particuliers

Par ailleurs, porté par le succès du récent marché de gros de truffes d’Uzès lancé l’année dernière, « qui se situe désormais au niveau des quatre marchés les plus importants de France », dixit Louis Teulle, les trufficulteurs locaux ont lancé hier un marché pour les particuliers qui se tiendra tous les mercredis et les samedis sur la place aux Herbes, sachant que le marché du troisième dimanche de janvier est « le premier marché au particulier de France, avec entre 120 et 180 kilos de premier choix ». De quoi « rivaliser avec des grandes villes et peut-être arriver à les dépasser », sourit le maire d’Uzès Jean-Luc Chapon, qui salue « quelque chose de très porteur pour notre territoire. »

Porteur, et pas qu’à Uzès : « Quand on a démarré la journée de la truffe on était 4 ou 5 en Languedoc-Roussillon, maintenant il y en a plus de 130 », affirme le président de la Fédération française des trufficulteurs l’Uzétien Michel Tournayre. Un président qui a décidé d’essayer de mettre de l’ordre en mettant en place une labellisation des manifestations, notamment pour bannir les arômes et produits dérivés, « une arnaque, de la merde, qui n’a rien à faire sur nos manifestations. »

Reste qu’en dépit de ces quelques dérives, le développement de ce marché profite économiquement au département, qui y a consacré « 350 000 euros ces dix dernières années », a rappelé Denis Bouad qui souhaite « faire du Pont du Gard une vitrine des produits du département, et la truffe y aura toute sa place. »

Et aussi :

Quelques chiffres : le Gard est « en règle générale le quatrième ou cinquième département de France en termes de production, avec de 3 à 5 tonnes », explique Louis Teulle, qui remarque « un démarrage plus lent cette année » et pronostique, avec toutes les précautions d’usage, une production de 3 tonnes. Au niveau national, la production était de « 35 tonnes en 2015 » d’après Michel Tournayre, pour qui la production, impactée par la sécheresse, va baisser en 2016. Le Gard compte 1 500 hectares de plantations déclarées.

L’irrigation, un véritable enjeu : Michel Tournayre a profité de l’occasion pour lancer un appel aux élus pour un nouveau plan d’aide aux plantations et à l’irrigation, d’une part car un chêne truffier donne son meilleur « de ses 10 à ses 20 ans », ce qui implique un renouvellement des plantations pour conserver le niveau de production, et d’autre part car « cette année, il n’y a pas une truffe en milieu naturel, la production est à 100 % issue de plantations », affirme le président. La clé serait l’irrigation, surtout dans une année de sécheresse comme 2016, sachant que « la truffe n’est pas le maïs, on n’a pas besoin de quantités d’eau phénoménales. » La conseillère régionale Monique Novaretti, présente hier matin, a assuré Michel Tournayre de son soutien : « nous sommes conscients que la trufficulture a besoin d’irrigation, il est très important que la région participe à ce projet. » A suivre.

Le programme complet de la Saison de la truffe est ici.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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