Faits Divers

JUSTICE La septuagénaire accusée du meurtre de son mari : « J’ai eu une pulsion »

Maître Florence De Prato et Maître Sabine Gony-Massu en discussion avec Franck, le fils de la victime et de l'accusée. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maître Florence De Prato et Maître Sabine Gony-Massu en discussion avec Franck, le fils de la victime et de l'accusée. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Deuxième jour du procès, ce lundi 16 janvier, de Mireille Ayala, cette septuagénaire accusée d’avoir tué son mari Bernard le 6 septembre 2014 (relire ici).

Les mains serrées, la tête droite, le visage fermé, impassible, Mireille Ayala ne laisse rien transparaître depuis l’ouverture de son procès devant la cour d’assises du Gard. Ce petit bout de femme aux cheveux blancs, au regard noir, écoute attentivement le directeur d’enquête dévoiler quelques pans de sa vie avec son mari Bernard. L’enquêteur revient sur les disputes du couple comme la fois où Mireille aurait été jetée habillée et contre son gré dans la piscine ; une autre où elle aurait été poussée dans les escaliers ou encore quand Bernard lui aurait cassé ses lunettes. Mais ce qui a incontestablement bouleversé les dernières années de ce couple est l’arrivée de la maîtresse de Bernard, une certaine Chantal, ce qui aurait plongé l’accusée dans un état dépressif qui ne semble pas avoir disparu aujourd’hui.

Encore fragile, Mireille se lève dans le box pour évoquer sa personnalité et les faits. Elle se décrit comme quelqu’un de « très sensible », « soumise » et « malheureuse ». Elle enchaîne en dressant le portrait peu flatteur de la victime :

-      Il a levé la main sur moi à plusieurs reprises mais je n’osais pas en parler. J’avais peur de sa réaction. J’ai tout gardé pour moi. Il fallait toujours être de son avis, il ne savait pas parler sans crier. A plusieurs reprises, j’ai pensé à le quitter.

-      Finalement, vous avez été malheureuse toute votre vie avec ce monsieur, constate la présidente Geneviève Perrin.

C’est effectivement ce qui ressort de cette audience très psychologique, où l’on tente d’analyser un quotidien finalement assez banal, où l’on dissèque une relation de 50 ans entre un mari « autoritaire » et une femme « soumise ». Mais le 6 septembre 2014, cette femme soumise est prise d’un « coup de folie », comme elle le dit.

-      J’ai mis la cartouche et le coup est parti. Sur le moment, j’ai eu une pulsion. Je regrette mon geste. Je suis malheureuse aujourd’hui, j’ai gâché ma vie et je sais que mon fils souffrira toujours.

Face à elle, Franck, le fils unique du couple, âgé de 51 ans, ne bronche pas. Discret, comme sa mère, il s’avance à la barre et reconnaît que celle-ci a vécu « une relation compliquée » avec son père et que les deux « auraient dû divorcer il y a très longtemps ». Mais il tient aussi à dépeindre son père autrement :

-      C’était un gros travailleur, un homme au grand cœur, aimant sa famille, aimant la vie. C’était quelqu’un de courageux avec un caractère bien trempé.

Comme sa belle-fille, Oria, la compagne de Franck. Devant les jurés, cette dernière ne cache pas son inimitié pour sa belle-mère dont elle qualifie le geste « d’impardonnable ». Et comme la maîtresse de Bernard qui sera la dernière à passer à la barre, Oria défendra ses positions avec conviction face au duo d’avocates de la défense, Maîtres Magali Fiol et Florence De Prato, qui boucleront, ce mardi, une journée consacrée aux plaidoiries. Le verdict est attendu dans la journée.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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