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VENDREDI CULTURE Se souvenir pour ne plus se tromper

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J'ai survécu à ma mort est une fiction au-delà de la fiction puisque écrite par un déporté ayant survécu au camp de Mauthausen.

 

Le jeudi 27 avril 2017 à 18h00, dans le cadre de la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation, les amis de la fondation pour la mémoire de la déportation et le collectif histoire et mémoire nous invitent à une projection exceptionnelle du film, J'ai survécu à ma mort, au cinéma le Sémaphore à Nîmes.

Pourquoi venir plomber l'ambiance de ce printemps naissant avec un sujet d'une telle gravité ? Parce que parfois il faut savoir suspendre le temps, faire quelques pas en arrière pour se remémorer le passé et en tirer des conclusions utiles en ces temps incertains où l'avenir semble précaire et les peuples sans mémoire…

Écrit par Milan Jaris, déporté tchèque au camp de Mauthausen et réalisé en 1960 par Vojtech Jasny, « père de la Nouvelle Vague tchèque » selon Milos Forman, J’AI SURVÉCU À MA MORT ressuscite le camp à travers le parcours fictionnel d’un déporté tchèque, Tony, ancien boxeur, qui raconte en voix off à la fois « l’ordinaire » insensé du quotidien (les violences meurtrières, les actions nocturnes de résistance) et la chance extraordinaire qu’il a eue.

Tout déporté rescapé est un revenant d’entre les morts.

La force de ce film, qui n’est pas un documentaire, réside dans sa fonction de témoignage tout en montrant une réalité où se côtoient instinct de survie, et petits trafics, rivalités, complicités ambivalence de certains nazis. Mais le film pose aussi la question de la représentation de l’irreprésentable et de l’innommable, ce débat lancé à l’écrit par Semprun et, pour le cinéma, par Lanzmann.

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Découvrir une œuvre édifiante et  méconnue

*Ce film totalement méconnu et largement tombé dans l’oubli, J’ai survécu à ma mort est un film tchécoslovaque enthousiasmant qui a le grand mérite d’évoquer avec justesse la vie au sein du camp de Mauthausen, là où la plupart des œuvres sur l’univers concentrationnaire se focalise toujours sur Auschwitz. C’est l’occasion de découvrir un fonctionnement différent, mais tout aussi horrible et terrifiant, bien entendu. Pour apprécier le long-métrage, il faut juste accepter le fait que les acteurs paraissent un peu trop grassouillets pour être crédibles en internes sous-alimentés. Une fois cette convention franchie, le cinéaste est d’une grande véracité dans sa description du quotidien d’un camp de travail où la mort et l’humiliation sont le seul pain. Il faut ajouter à cela la découverte du trafic de numéros dans le camp (on ne tatoue qu’à Auschwitz) qui entraîne un important trafic d’identité. Autant d’éléments qui tranchent avec ce que l’on raconte des camps. Le film n’en oublie pas les atrocités, l’arbitraire, tout en soignant la réalisation. Bref, il s’agit d’une œuvre à redécouvrir pour tout cinéphile.

La projection sera suivie d’un débat en présence de Daniel SIMON, Président de l’Amicale de Mauthausen et de Dominique DURAND, Président des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation.

Film en Noir et blanc, sous-titré en français
- durée 1h33 –
Prévente possible uniquement sur place
 (Pas de réservation par téléphone) , au cinéma Le SEMAPHORE, 25 rue Porte de France, 30900 Nîmes.

*Sources : critiques allociné

Véronique Palomar

veronique.palomar@objectifgard.com

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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