A la uneActualitésPolitique

FAIT DU JOUR La gauche à l’épreuve du second tour

Gérard, Alex, Jean-François et Sébastien. Quatre électeurs de gauche mécontent du casting du second tour de la Présidentielle... (Photo/Montage : Coralie Mollaret)
Gérard, Alex, Christian et Sébastien... Quatre électeurs de gauche mécontents du casting du second tour de la Présidentielle. (Photo/Montage : Coralie Mollaret)

Dans le Gard, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en deuxième position avec 21,61 % des voix. Entre abstention, vote blanc ou vote pour Emmanuel Macron, le coeur des électeurs de gauche balance… 

Pour la deuxième fois sous la Ve République, le Front National s’est qualifié au second tour de la Présidentielle. En 2002, le même scénario avait suscité une levée de boucliers. Un large et solide Front Républicain. Quinze ans plus tard, « la situation n’est plus la même », confie Christian, retraité et militant CGT. Ce lundi, moins de 1 500 personnes étaient rassemblées au traditionnel défilé du 1er mai, à Nîmes. Une démobilisation, symptomatique du dilemme auquel est confronté le peuple de gauche. « Aujourd’hui, on a le choix entre l’extrême-droite et l’extrême-libéralisme ! Le candidat Macron ne mobilise pas », se désole le cégétiste.

Ce dernier n’a pas digéré la loi Travail, « dont l’ex-ministre de l’Économie est l’un des artisans. » L’inversion de la hiérarchie des normes a fait prévaloir l’accord d’entreprise au code du travail. « Soumis au chantage à l’emploi, aux pressions des patrons, on expose les salariés à accepter tout et n’importe quoi ! », ajoute Vincent Bouget, secrétaire départemental Parti Communiste Français. D’autres mesures scandalisent la gauche, comme la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires ou le recours aux ordonnances, « un 49.3 permanent ! »

Ceux qui voteront Emmanuel Macron

Malgré tout, Christian est formel : « je voterai Macron, comme j’ai voté Chirac en 2002 : entre le pire et le moins pire, j’ai choisi le moins pire ! » Alex, 25 ans, originaire de Nîmes partage cet avis : « On ne va pas jouer avec le feu… Contraint et forcé, je voterai Macron. Le Front National divise les Français, en faisant des amalgames. » Les communistes, Vincent Bouget et Sylvette Fayet, ont annoncé qu’ils voteraient aussi pour le candidat d’En Marche!. Car l'élue PCF nîmoise l'assure : « une abstention, c’est une voix de plus pour Marine Le Pen. »

Ceux qui voteront blanc ou nul 

Tous les électeurs de Gauche ne sont pas prêts à voter pour Emmanuel Macron. Gérard, ne sait toujours pas quelle décision prendre : « le libéralisme que porte Emmanuel Macron creuse les inégalités, ce qui alimente le Front National. » Lundi matin, dans le cortège du défilé du 1er mai, le NPA a distribué des tracts : « Votez blanc ». Pour le parti d’extrême gauche, pas question de choisir entre « l’homme de la finance et du grand patronat » et, « une milliardaire qui défend des idées fascistes, racistes et sexistes. »

Photo : Coralie Mollaret)
Tract distribué par le NPA à la manifestation du 1er mai à Nîmes. (Photo : Coralie Mollaret)

Ce « ni, ni », tente une partie des Insoumis de Jean-Luc Mélenchon. Une tentation d’autant plus grande, que le candidat à la Présidentielle n’a pas donné de consigne de vote, ni n’a divulgué explicitement son choix. « Moi je voterai encore Mélenchon ! », annonce Charles Ménard, Insoumis et fondateur du PG 30. Partisan du vote obligatoire, le citoyen ne se voit pas ne pas honorer son devoir, dimanche. Amer, il tient à rappeler : « On nous a déjà fait le coup en 2012 avec François Hollande ! »

Photo : CM)
Sur la non-consigne de vote de Jean-Luc Mélenchon, Josef, électeur de gauche, comprend cette décision : « il ne peut pas appeler à voter pour Macron et le combattre après aux Législatives. » Pas sûr, pour Jean-François (PS) : « c’est une mauvaise analyse politique. Soutenir Macron ne l’engageait pas pour les Législatives. » (Photo : CM)

Ceux qui n'iront pas voter...

Le ras-le-bol. C’est le sentiment qui domine chez de plus en plus d’électeurs de gauche, déçus du quinquennat de François Hollande. Sylvie, 40 ans, fonctionnaire, n’en démord pas : « Aller voter ! pour quoi faire ? » Même constat pour Sébastien, 38 ans : « j’ai voté Hollande en 2012 et ça n’a rien changé ! Alors le vote, je n’y crois plus. Je crois davantage aux mobilisations sociales dans la rue… Vous verrez, dans cinq ans, beaucoup  penseront comme moi. »

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

4 réactions sur “FAIT DU JOUR La gauche à l’épreuve du second tour”

  1. Déjà tout attendre d’un homme ou femme providentiel faut être bête.
    On a la chance de vivre en France dans un beau pays mais si on n’est pas bien c’est la faute aux méchants politiques.
    Au fait pour les cocos (insoumis ça n’existait pas à l’époque), c’est par eux qu’ont commencé les nazis…

  2. Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ont fait reculer le F.N dans els quartiers populaires mais aussi l’abstention dans des villes de grande pauvreté comme Roubaix. C’était cela le vote utile, utile pour changer la vie difficile que vivent une majorité de Français.

  3. Message pertinent reçu ce jour à ce propos.

    Les partisans de Macron, au premier rang desquels se trouvent toute la vieille garde socialiste et les dinosaures de la droite classique, se propagent dans tous les médias très complaisants, en exagérant, le risque de la peste « brune » comme si Mme Le Pen était aux portes du pouvoir et comme si tous ses électeurs étaient des « fachos » alors qu’il s’agit pour la grande majorité d’entre eux, de « fachés ». Aucun d’entre eux, aux commandes depuis des décennies avec grosso-modo la même politique, ne pointe sa part de responsabilité dans la montée inexorable du FN depuis plus de 30 ans d’alternance.

    Les sondages qui tournent autour du rapport 60/40 en faveur de M. Macron lui donnent environ 6 à 8 millions de voix d’avance. Probablement plus depuis ce débat minable d’hier soir. Tout le monde sait donc depuis le 23 avril , y compris dans le camp Le Pen, que Macron va gagner. C’était le but …du fameux vote dit « utile » ( sur le 24% de Macron , moins de la moitié a voté par adhésion à son programme c’est le plus faible vote d’adhésion chez les « grands » candidats!) .

    Aujourd’hui, la vraie inquiétude chez les « macroniens » est ailleurs. Ils redoutent que le nombre des abstentionnistes plus les votes blanc et nuls minimisent sa victoire programmée, handicapent son camp pour les législatives et pour l’application de son programme d’accélération (par ordonnances) de la régression sociale notamment dans le démantèlement du droit du travail. Or, des millions de citoyens qui ne veulent ni du FN , ni du programme néolibéral de « En marche » espèrent une toute petite victoire (en nombre de voix) de M. Macron d’où l’importance de l’abstention ou du vote blanc.
    Contrairement aux bobards médiatiques, le vote blanc ou nul ne donne pas plus de voix au FN, ni au candidat de la drauche. C’est même sa vocation, sa marque de rejet de ce NON CHOIX.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité