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NÎMES OLYMPIQUE L’Association et la section Pro engagent un bras de fer incertain…

Côte à côte auprès du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, lors de la cérémonie d'anniversaire des 80 ans du NO, Rani Assaf et Gérard Di Dominico sont loin d'afficher la même proximité quant au devenir du club (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Côte à côte auprès du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, lors de la cérémonie d'anniversaire des 80 ans du NO, Roni Assaf et Gérard Di Dominico sont loin d'afficher la même proximité quant au devenir du club (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)
Côte à côte auprès du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, lors de la cérémonie d'anniversaire des 80 ans du NO, Rani Assaf et Gérard Di Domenico sont loin d'afficher la même proximité quant au devenir du club (Photo : Philippe Gavillet de Peney/Objectif Gard)

Après une magnifique saison en Ligue 2, les amoureux du Nîmes Olympique auraient bien aimé s'en passer. Pourtant, depuis hier soir, la crise couve au club entre l'association et la société Nîmes Olympique. Un risque de relégation en section amateur est possible.

Décidément, à Nîmes on ne sait rien faire comme les autres. Après avoir manqué d'un cheveu la montée en Ligue 1 au terme d'une saison qui restera marquée d'une pierre blanche, lors du conseil d’administration de l’Association, ce mardi 29 mai, un conflit a vu le jour entre Rani Assaf, à la tête de la section professionnelle du club et principal bailleur de fond, et l'Association en charge de la section amateur présidée par Gérard Di Domenico.

Le président Rani Assaf engage le bras de fer

La pomme de discorde et les...pépins qui s'ensuivent concernent la validation de la convention qui fixe les obligations de chacun pour les 10 ans à venir. Problème : les deux parties ont rédigé leur propre document et les ambitions ne sont pas tout à fait les mêmes. La section professionnelle a un projet ambitieux pour les prochaines années. Mais elle souhaite pour cela récupérer la marque et le logo Nîmes Olympique qui appartiennent à ce stade encore à l'association. Elle souhaite prendre en charge également la formation des jeunes dès 13/14 afin de les faire rentrer dans un cursus de professionnalisation via le Centre de formation existant...

Soumise au vote, celle de Rani Assaf, président du Nîmes Olympique a été très majoritairement rejeté en conseil d'administration hier soir (13 voix contre, 5 voix pour et 1 abstention, NDLR). À présent, sans conciliation, c'est l'avenir du Nîmes Olympique en Ligue 2 qui est en jeu. Le gendarme financier de la Fédération Française de Football (DNCG) doit recevoir les protagonistes ce mercredi. Et comme à la demande du club l'entrevue avait été différée, il n'y aura pas de nouveau délai. C'est dire si les protagonistes de ce mauvais vaudeville ont peu de temps pour mettre de l'eau dans leur vin et trouver un accord. En cas de rupture, la DNCG pourrait purement et simplement reléguer le club en CFA (2), le rang qu'occupe actuellement l'équipe réserve amateur du club. Une catastrophe sportive et humaine pour tout une ville, des supporters, le staff et les joueurs, toutes sections confondues, il va sans dire...

Une partie de poker menteur ?

Un peu nébuleuses il y a quelques jours, lors de la réception en mairie pour les 80 ans du club, les paroles de Gérard Di Domenico, lorsqu'il évoquait la mise en place "d'un nouveau fonctionnement" dans le respect "des valeurs qui ont fait ce club", résonnent aujourd'hui tout autrement. D'autant que Rani Assaf avait lui mis en avant qu'il y avait nécessité de "professionnaliser le club pour monter en Ligue 1 et...y rester..." De là  à penser que le feu couvait déjà sous la cendre avant que le torchon ne brûle entre les deux hommes il y a un pas que nous ne franchirons pas. Reste pourtant que, comme l'a confirmé le directeur sportif, Laurent Boissier, "Le président Assaf n'ira pas devant la DNCG demain (mercredi 31 mai, NDLR) pour représenter le club s'il n'a pas en main une convention qui lui permettra d'y aller." 

Dépité, le dirigeant dit ne pas comprendre la position prise par l'association : "Aujourd'hui personne ne se souvient qu'il y a deux c'est Rani Assaf qui a sauvé le club. Le projet sportif, c'est Assaf qui l'a mis en place avec l'entraîneur, Bernard Blaquart, et moi. Le président va mettre 10 millions d'euros dans NO, c'est normal qu'il veille avoir les coudées franches pour mettre en place son projet. Rani Assaf n'est pas Nimois mais il l'est plus que d'autres aujourd'hui." Suivez mon regard...

Le...ballon est désormais clairement dans le camp de l'association et, le compte à rebours étant bien engagé, bien malin celui qui saurait dire comment va se terminer ce qui s'apparente à une partie de poker dont l'enjeu n'est ni plus ni moins que le maintien du Nîmes Olympique dans le microcosme du football professionnel. Et, en envisageant le pire, on guette avec curiosité ce que pourra bien raconter celui qui prendra la responsabilité d'un échec qu'il faudra forcément, le moment venu, expliquer aux Nîmois, très attachés à leur club... Du côté des supporters, qui ont spontanément décidé de se retrouver aujourd'hui, mardi 30 mai, au stade des Costières, à partir de 17 heures, on croise les doigts...

Abdel SAMARI et Philippe GAVILLET de PENEY

Sur un forum dédié au Nîmes Olympique, Rani Assaf s'est exprimé ce matin. L'occasion de clarifier sa position. Objectif Gard vous propose de découvrir de larges extraits de ses propos :

"Petit rappel pour ce qui ne le savent pas : l'organisation archaïque du sport en France fait que seules les associations sportives peuvent être affiliées à la FFF pour participer aux compétitions. C'était logique et louable...mais au siècle dernier. Dans un monde ou le sport est devenu business avec une exploitation commerciale de la chose, on s'est vite rendu compte que la structure juridique d'une association ne permettait pas de tels développements. Notre Législateur, dans sa grande sagesse, a bricolé la loi pour permettre aux associations de déléguer à des sociétés anonymes (les fameuses SASP) la gestion et l'exploitation de ce qu'on appelle en gros "le secteur PRO". A Nîmes, comme ailleurs, il existe donc une association NO (c'est elle qui a 80 ans) et une SASP (créée en 1984) et une convention régit les relations entre les entités. Historiquement, cette convention avait une durée pouvant aller jusqu'à 5 ans. Une modification de la loi en 2016 fait que la convention a maintenant une durée entre 10 et 15 ans. La convention entre la SASP et l'Asso expire au 30 juin 2017. En l'absence de convention, le club perd sont statut PRO et ne peut participer aux championnats organisés par la LFP."

"Il faut savoir avant tout que le Centre de la Bastide est propriété de la SASP. L'entretien de ce Centre (pelouses, gardiennage, électricité, sécurité incendie, chauffage, eau...) coûte environ 500 k€ par an. Et je ne parle pas des frais de personnels (responsable du centre, femmes de ménage, intendant, etc.). L'association se comportait jusqu'à présent à la Bastide comme si elle était chez elle. Un des objectif de la nouvelle convention est de définir précisément les installations et les horaires de mise à disposition des installations aux profits de l'Asso et dans quelles conditions."

"Ensuite, à la demande du Staff Technique et non pas suite à un caprice personnel, il a été décidé que l'ensemble de la formation devait être professionnalisé. C'est déjà à 80% le cas dans les faits puisque: le directeur du Centre de Formation (CdF), l’entraîneur de la CFA2, l’entraîneur des U16/17, le kiné, le médecin et j'en passe étaient déjà salariés de la SASP depuis bientôt 2 ans puisque l'Asso n'avait de toute façon pas les moyens financiers de les payer. L’entraîneur des U19 sera salarié de la SASP à partir de cette saison. Donc, en clair, des U16 jusqu'à la CFA2, c'est de facto la SASP qui paie (mais pas forcément qui gère). Sauf que le Staff a voulu aussi récupérer la main sur les U14/U15. Pourquoi ? Parce que c'est à partir de cet âge là que se fait la sélection et donc les éléments retenus pour jouer dans cette catégorie sont déjà dans un parcours élite. Dans l'organisation actuelle la SASP payait mais l'Asso gardait la main sur l'organisation des matches et des déplacements."

"Ensuite, il y a le sujet de la marque Nîmes Olympique et tout ce qui va avec. Il faut savoir qu'historiquement l'INPI a refusé systématiquement d'enregistrer tout ce qui contenait le terme ''Olympique''. C'est uniquement en 2016 que sa position a été assouplie et l'Asso s'est empressée d'enregistrer la marque en décembre dernier. Je suis désolé mais moi je n'investis pas des millions et beaucoup d’énergie à développer une marque en co-gestion. (...) Donc, dans la convention, je demande la cession de la marque (non, c'est pas fait gratuitement) à la SASP qui est à même de l'exploiter et de contrôler son usage."

"Il faut que les choses soient claires : si je me suis investi dans les pires moments dans le club, c'était pas pour revendre, c'était pas pour faire une plus-value (est-ce possible?), c'est parce que ça me passionne. Mais je suis désolé, je ne m'investis pas dans quelque chose où je n'ai pas toute les cartes en main pour mener à bien le projet que je veux mettre en place. Si pour que le NO fasse du sur-place comme c'est le cas depuis 30 ans, alors c'est que les gens à Nîmes n'ont rien compris et que cette ville ne mérite pas la place à laquelle elle prétend au milieu de l'élite."

"Demain mercredi à 16 heures, le club est convoqué pour l'examen annuel de ses comptes devant la DNCG. Personne ne doit se faire la moindre illusion: en l'absence d'une convention signée, je n'irai pas défendre l'indéfendable et la commission prononcera l'exclusion du NO de toutes les compétitions. C'est écrit dans le courrier de convocation qu'ils ont adressé au président de l'Association (... ) Pour moi, personnellement, ça ne changera rien à ma vie ni à ma situation financière un tel gâchis. Je suis très, très triste pour les dizaines de salariés du Club et pour vous les vrais amoureux du NO et je vous demande pardon de ne pas avoir pu faire mieux. (...) Vingt et une personnes sont en train de tuer le NO. Ne leur en voulez pas trop, il parait qu'il font ça par amour du club. Rendez-leur cet amour."

Aperçu du projet dévoilé par Rani Assaf dans ce même message 

- renforcement de l'équipe PRO tout en gardant nos meilleurs éléments (ce qui suppose de gros efforts financiers de ma part pour boucler le budget)

- lancer la construction en 2017 d'un nouveau bâtiment pour les PRO à la Bastide car le bâtiment actuel n'est pas adapté aux besoins et transformation du bâtiment actuel en bâtiments administratifs pour déménager le siège social et accueillir la totalité des salariés sur le même site (2M€ d'investissements)

- lancer la construction en 2017 d'un nouveau bâtiment sur pilotis pour accueillir les équipes féminines (on parle de 5 vestiaires + salle médicale + vestiaires arbitres, etc...) (environ 1,5M€ d'investissements)

- investir encore plus sur la formation (augmentation du nombre de stagiaires et d'aspirants). Le passage en Catégorie 1 allait dans ce sens.

- entamer des discussions avec la mairie pour voir dans quelles conditions le NO peut soit acquérir le stade pour le rénover ou alors lancer le projet de construction d'un nouveau stade car de toute façon il faut être conscient que sous 4 ou 5 ans maxi on ne pourra plus jouer dans l'enceinte actuelle dans cet état.

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

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Un commentaire

  1. La section amateur devrait plus s’occuper d’avoir des éducateurs qui savent faire un contrôle chez les jeunes et non des papas qui surprotègent leurs enfants.

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