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AGGLO SPHÈRE Nîmes et ses transports, l’histoire s’écrit encore

Petit clin d'oeil aux locaux d'Objectif Gard, le premier arrêt d'autobus de Nîmes a été créé devant la porte du journal (Photo Collection Serge Lantin).
Petit clin d'oeil aux locaux d'Objectif Gard, le premier arrêt d'autobus de Nîmes a été créé devant la porte du journal (Photo Collection Serge Lantin).

La notion même de transport en commun est vieille comme le monde moderne et la révolution industrielle n'y est pas pour rien. Pour aller d'un point A à un point B, pas besoin de prendre vingt chemins différents quand on peut mettre vingt personnes dans la même machine. Mais avant l'avènement des machines existaient d'autres moyens de transport. Nîmes a su les égrainer pour définir l'autobus comme unité uniforme de son réseau. Publireportage.

Le Transport en Commun en Site Propre matérialisé par le Bus à Haut Niveau de Services (il y en a 11 qui circulent) et sa première ligne mise en place en 2012, puis son extension en 2016, devient peu à peu la norme nîmoise. Il connaîtra même une nouvelle prolongation jusqu'à Caissargues pour désengorger la cité et le sud de la ville mère.

A la fin du 19ème, croisement dune diligence qui descend sur Nîmes et du premier moyen de transport collectif en direction de Castanet (Photo Collection Serge Lantin).
À la fin du 19ème, croisement dune diligence qui descend à Nîmes et du premier moyen de transport collectif en direction de Castanet (Photo Collection Serge Lantin).

Mais l'histoire remonte loin... Pour Serge Lantin, spécialiste des transports nîmois, "C'est Blaise Pascal qui, en 1662, eut le premier l'idée d'organiser une desserte des différents quartiers de Paris". Le temps que l'idée ne parvienne aux oreilles des Nîmois qui ont la chance de faire partie des villes bénies par la révolution ferroviaire, quelques années passent. "En 1845 sont créés les premiers transports publics de Nîmes naquirent très prématurément par rapport à la moyenne des villes de sa taille à la même époque. Les omnibus exploités par des voituriers privés vont se développer sur des itinéraires très variés, et on comptera jusqu'à 40 voitures en service en 1880. Après cette date l'omnibus va entrer en concurrence avec le tramways qui le supplante peu à peu en ville..." poursuit Serge Lantin.

Dans les années 1920, une double ligne est créée entre Nîmes et le Pont du Gard (Photo Collection Serge Lantin).
Dans les années 1920, une double ligne est créée entre Nîmes et le Pont du Gard (Photo Collection Serge Lantin).

En 1880 débarquent les premiers tramways à chevaux sur un réseau de sept kilomètres en trois lignes composées de huit voitures et 36 chevaux. "Nîmes n'est cependant pas en retard dans cette réalisation qui intervient la même année que deux grandes villes : Bordeaux et Lyon!" affirme le spécialiste. Pas des plus rentables, en 1898 les trams parcourent près de 347000 km/an et transportent 1293000 voyageurs avec 41 chevaux, 18 remorques ouvertes de 24 places et 24 remorques fermées de 20 places.  En 1900, le réseau à traction électrique est mis en service et comporte quatre lignes. Il s'agrandira au fil du temps avant de se contracter à nouveau peu avant sa fin en 1949.

Entre temps, Josias Paut, maire de Nîmes de l'entre deux guerres, a mis quant à lui en place deux lignes électriques de bus qui reliaient Nîmes au Pont-du-Gard en passant par Remoulins ou Beaucaire dans les années 1920. Mais la véritable révolution guette Nîmes et n'arrivera que quelques décennies plus tard. "Même si l'idée n'est pas neuve puisqu'elle date des années 1930, l'autobus arrive en force dans les années 1950" avoue Serge Lantin. Entre la vétusté des tramways et l'essai non concluant des trolleybus, c'est décidé, Nîmes roulera pour l'autobus. "Le 9 Juillet 1951, les derniers tramways sont définitivement évincés des deux lignes où ils étaient  encore présents : Châlet - Castanet et sur le service circulaire du tour des boulevards".

(Photo Collection Serge Lantin).
(Photo Collection Serge Lantin).

De là, Nîmes va vivre l'âge d'or des autobus. Avec les nouveaux quartiers qui naissent aux abords de la ville, les riverains nîmois veulent avoir accès au transports urbains collectifs. "Le 4 Septembre 1961, la première ligne à agent seul est mise en service pour desservir le quartier du chemin bas d'Avignon. La simplification de la tarification avec instauration du tarif unique qui favorise la suppression des receveurs intervient en octobre 1964" conclut Serge Lantin. En 1969, le réseau atteint enfin 1000000 de kilomètres annuels avec un parc de 37 autobus et 4500000 voyageurs transportés.

Coup de coeur de Serge Lantin, cette photo datent des années 1970 sur lavenue Feuchères (Photo Collection Serge Lantin).
Coup de coeur de Serge Lantin, cette photo datent des années 1970 sur l'avenue Feuchères (Photo Collection Serge Lantin).

Typicité que l'on retrouve aujourd'hui, c'est en 1973 que la création des couloirs à contre-sens est réalisée afin de mieux desservir le centre-ville. En 1980 on comptait 5717000 de voyageurs pour 1540000 kilomètres. En 1990 on atteint 11449000 de voyageurs pour 3217000 kilomètres mais les inondations de 1988 vont bouleverser le réseau de TCN.

Au pied des arènes, la présentation officielle des nouveaux bus des TCN (Photo Collection Serge Lantin).
Au pied des arènes, la présentation officielle des nouveaux bus des TCN (Photo Collection Serge Lantin).

Retour au présent avec la ligne 2 du TCSP qui ne sera pas un tramway mais qui sera longue de 16 kilomètres et qui coûtera 180 millions d'euros pour faire voyager le coeur des Nîmois de l'agglo de la SMAC Paloma au CHU Carémeau en passant par les quartiers "sensibles", la gare et le centre-ville. Mais comme Nîmes grandit et que les agglomérations deviennent le centre des prises de décisions, c'est Nîmes Métropole qui a la charge de la compétence "transport". Du coup, l'agglo doit penser aux 38 autres communes de son territoire... À cet effet, ce sont 38 lignes qui remplacent les anciens trajets scolaires périurbains qui desservent principalement les établissements des autres communes de l'agglomération. Ces bus sont évidemment accessibles à toute personne munie d'un titre de transport valable!

trambus

 

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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2 réactions sur “AGGLO SPHÈRE Nîmes et ses transports, l’histoire s’écrit encore”

  1. On voit un Berliet PR100 au fond et surtout 2 des Saviem SC2 « courts », à 3 portes.
    Les Berliet PH100 et autres semblent être devenus discrets à cette époque…
    Ces SC2 « courts » se distinguaient des « longs » par cet arrière effilé, en fait celui des autocars de ligne de la gamme saviem. Les « longs » avaient une grande plate-forme arrière cubique, avec des glaces en arrondis d’ angles.
    Spécificité nîmoise sur ces bus : le capot de ligne à l’ arrière de la toiture, qui recevait une toile marquée des indices du réseau, ici le C.
    A ma connaissance, les seuls du type avec cet appendice (et c’ est très bien ainsi…).

    La plupart de ces bus ont été revendus en Vendée à Sovetours (maintenant groupe Fast) dans les années 80. On les retrouvaient à Fontenay le Comte, aux côtes de s105 (longs!) de Versailles. chacun restés dans leurs livrées d’ origine.
    Ceux de Versailles (1973) avaient reçu une nouvelle carte grise, suite à leur transformation de bus en car (ajout de banquettes).
    Tous ces cars servaient aux ramassages scolaires, avec une tripotée d’ autres du même type.

    1. Faut que j’ arrête le jus d’ orange…

      Ce ne sont pas des Saviem sc2, mais des s105…!!!
      Ceci-dit, on trouvait la distinction « long » et « court » sur le sc2…

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