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LE 7H50 des responsables du CLIP : le grand ras-le-bol des policiers

policiers association CLIP

Gérard Scola et Philippe Jean, responsables de Clip, le mouvement de grogne de la police. Photo Bdlc/ Objectif Gard

Connaissez-vous le Clip, le collectif libre et indépendant de la police ? Non, et bien nous allons vous le présenter. Cette association regroupe des policiers mécontents de ne pas pouvoir travailler dans des conditions décentes. Une structure qui trouve sa naissance dans le mouvement de revendications né il y a près d'un an après des agressions en France de fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur. Dans le Gard, deux policiers à la retraite, Philippe Jean et Gérard Scola, sont la voix de leurs collègues en activité, qui eux sont soumis au devoir de réserve et qui préfèrent donc rester dans l'ombre. Pourtant la colère gronde dans les rangs. Le Clip annonce un rassemblement de policiers devant la Préfecture, pour le jeudi 23 novembre... Les forces de l'ordre, les citoyens, les élus sont invités à y participer. Un mouvement qui en appelle d'autres et qui hérisse déjà les hauts gradés de l'Intérieur.  

Pouvez-vous nous présenter, votre association Clip 30... S'agit-il d'un nouveau syndicat de police ?

Surtout pas un syndicat, mais une association issue du mécontentement des policiers d'octobre 2016. Nîmes a fait appel à des retraités pour constituer cette structure appelée Clip, car nos collègues en activité ne peuvent pas s'afficher. Ils ont un devoir de réserve et de discrétion. Nous regroupons aujourd'hui sur Nîmes 207 policiers sur 399 fonctionnaires. Le but de Clip est de défendre nos collègues, de porter haut et fort leurs revendications. Par exemple à Nîmes certains jours, il n'y a pas de patrouilles dans la rue. Il faut le dénoncer. Il faut que la population soit consciente de ça. Entre les personnes qu'il faut accompagner au palais de justice, ce qu'on appelle les extractions judiciaires ainsi que les personnes qu'il faut garder sous surveillance policière à l'hôpital, il n'y a plus de fonctionnaires de police disponibles pour autre chose. Il ne reste que la BAC, la brigade anti-criminalité, qui a forcément de plus en plus d'activité. Tout le monde est à bout de souffle, le système s'enraye. Deux chiffres qui résument beaucoup : Nîmes a gagné 4 000 habitants en quelques années et a perdu 50 fonctionnaires de police.

Mais justement il y a des syndicats pour monter au créneau, pourquoi un collectif, quelle est votre particularité ?

Il y a une vraie défiance des policiers envers leurs syndicats car ils sont muselés. Il y a aujourd'hui un syndicalisme de confort et nos collègues ne veulent plus en entendre parler. Par exemple, les policiers réclament les patrouilles à 3, malheureusement parfois ils reçoivent des ordres illégaux et ils doivent patrouiller à 2. Les syndicats ont baissé les bras là-dessus, nous on se bat pour l'imposer. On veut être pris en considération, nous sommes le plus grand rassemblement de policiers dans le département... On veut siéger avec le Préfet et le directeur départemental de la Police au conseil participatif afin de mettre sur la table tous les sujets brûlants remontés par la base. Les policiers ont le droit, le devoir d'être entendus.

Le président de la République veut créer une police de sécurité au quotidien et promet 10 000 embauches. Cette annonce devrait vous ravir ?

Justement les annonces ne valent rien, on l'a bien vu par le passé. Nous, nous voulons du concret. Les policiers sur le terrain attendent d'être respectés, d'être pris en compte humainement et professionnellement, d'abord par la hiérarchie au niveau du département. Au niveau national, nous ne sommes pas sûrs que 10 000 policiers en 5 ans remplacent les départs en retraite sur la même période. Donc ce n'est pas la peine d'évoquer des recrutements supplémentaires si l'on ne parvient même pas à remplacer ceux qui partent à la retraite. Une autre déclaration de notre président inquiète les policiers sur le terrain, la territorialisation des moyens. C'est un terme qui va sembler incompréhensif, mais qui pour nous policiers suscite bien des craintes. Cela veut dire en réalité que le directeur départemental de la police aura encore plus de pouvoir sur la gestion du personnel. Les policiers veulent travailler pour le bien de tous, dans des conditions normales de sécurité et avec des moyens supplémentaires en fonctionnaires, en matériel.

Boris De la Cruz

 

 

 

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

1 commentaire sur “LE 7H50 des responsables du CLIP : le grand ras-le-bol des policiers”

  1. Comme quoi la retraite ne vous arrange pas… Qu’on fait ces deux anciens syndicalistes de leurs temps ? Pas plus que les mêmes qu’ils critiquent aujourd’hui !

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