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FAIT DU JOUR La déviation de Laudun-l’Ardoise n’évite pas le débat

La réunion publique de mardi soir a fait le plein, à l'Ardoise (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
La réunion publique de mardi soir a fait le plein, à l'Ardoise (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

S’il fallait encore une preuve que le projet intéresse largement les citoyens lauduno-l’ardoisiens, le voici : le foyer communal de l’Ardoise était plein comme un oeuf, mardi soir pour la réunion publique sur le projet de déviation de la route nationale 580.

Il faut dire que ce projet, c’est l’Arlésienne ! « On en parle depuis de nombreuses années », lancera en guise de propos liminaire le maire Philippe Pécout, avec force euphémisme. Dans la salle, nombreux étaient ceux qui estimaient cette durée à plus de trois décennies.

Une déviation et une zone commerciale

Il faut dire que malgré son revêtement impeccable, la portion de la nationale reliant les Angles à Bagnols passant par le bourg de l’Ardoise ressemble fort à une survivance de temps immémoriaux, avec ses deux passages à niveaux, son passage vouté sous la voie ferrée qui oblige les très (très) nombreux semi-remorques à se déporter au milieu de la route pour passer, son feu tricolore et sa limitation à 50 km/h. Bref, cette fois, après de nombreux atermoiements, il semblerait que le dossier avance sérieusement, avec sa planification dans le Contrat de plan Etat-Région.

Concrètement, le projet de déviation présenté mardi soir débute au nord par un giratoire au niveau de la rue du Port, et s’achève au sud par un autre giratoire au niveau de l’entrée de FM Logistic. Elle serait bâtie le long de la voie ferrée, passerait sous la RD9 et la voie ferrée de Ferropem, et serait reliée à la RD9 par le giratoire nord. Le giratoire nord serait quant à lui prêt à accueillir la deuxième phase de la déviation, mais ce n’est pas encore le sujet.

La déviation serait accompagnée de la « requalification de l’ancienne route nationale pour mieux aménager les déplacements piétons et cyclistes à l’Ardoise, et un cheminement piéton sera créé pour relier le nouveau quartier de Suc et Pradelle », explique l’architecte urbaniste Stéphane Bosc, qui travaille également sur la révision générale du Plan local d’urbanisme de la commune, ce qui lui permettrait « d’anticiper et accompagner le projet de déviation », souligne-t-il. A côté de la déviation, au niveau de l’intersection avec la RD9, « on aurait des ensembles bâtis avec de la mixité, des activités commerciales, des services, de la petite logistique et des bureaux », poursuit l’architecte urbaniste, avant de préciser que le projet n’en est à ce stade qu’à la phase d’anticipation.

En bleu, la route actuelle, en rouge, le projet de déviation (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
En bleu, la route actuelle, en rouge, le projet de déviation (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Un projet alternatif et une ambiance électrique

La parole n’était pas encore donnée à la salle qu’un l’Ardoisien lançait du fond de la salle qu’il n’arrivait pas à vendre sa maison située le long de la voie ferrée alors que les travaux n’ont pas encore commencé. Un signe avant coureur de la crispation et l’électricité qui règnera dans l’air durant toute la seconde partie de la réunion, ambiance installée volontiers par le Comité de défense de l’Ardoise. Son président Michel Mazzoleni réclamera d’abord un rond-point supplémentaire, avant que son secrétaire Dominique Griotto ne défende avec vigueur un projet alternatif signé du Comité. Un projet qui s’éloignerait de la voie ferrée pour passer dans les vignes et qui permettrait « de faire une économie de 2 millions d’euros. » Le secrétaire du Comité accusera le maire de l’avoir « rien fait » sur cette alternative puis d’avoir « mis sur le côté » le Comité. « C’est le plus gros projet de votre mandat, et vous n’en avez pas conscience ! », lancera le secrétaire à l’élu, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Le maire lui répondra en sous-entendant que l’intervention précédente contenait des attaques personnelles, ce qui n’était pas évident pour les non-initiés. Il défendra ensuite le projet présenté, notamment vis-à-vis des commerçants de l’Ardoise, « qui seront prioritaires sur les 7 hectares de zone commerciale pour que l’Ardoise vive avec ses commerces. » « Quand vous dites que vous vous occupez des commerçants, c’est faux ! » rétorquera Dominique Griotto, provoquant un tollé dans la salle.

30 millions d’euros

Le directeur-adjoint de la direction transports de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Patrick Burté ramènera un peu de calme et de factuel : « nous n’avons pas refusé d’étudier le tracé, nous l’avons étudié et nous avons été convaincus qu’il valait mieux revenir sur le tracé initial. » Et pourquoi donc ? « Ce tracé nous faisait sortir de la déclaration d’utilité publique. » Conséquence : « il fallait acheter les terrains, ce qui rajoutait une difficulté. » D’autant plus que « toutes les emprises sont achetées, abondera Serge Cuculière, de la DREAL. Nous sommes propriétaires de tous les terrains. » Ç’aurait été dommage…

Quant au coût, et à l’accusation faite par le secrétaire du Comité de défense de « gaspiller l’argent public », le technicien de la DREAL expliquera que le projet présenté coûterait 30 millions d’euros, « un prix raisonnable compte tenu de la complexité du projet. » Plus cher que la variante ? Pas si sûr : « la variante était à 28,3 millions d’euros, auxquels il fallait rajouter 800 000 euros de foncier, ce qui faisait 29,1 millions », affirmera Serge Cuculière. Le maire précisera plus tard que l’acquisition du foncier était loin d’être une formalité et que des blocages s’étaient fait jour, achevant d’éloigner la déviation alternative de la réalisation.

« De toute façon, c’est ce projet là qui se fera », nous glissera, fataliste, un l’Ardoisien dans l’assistance. Il a probablement raison : l’année 2018 sera consacrée aux études, notamment hydrauliques, « et le chantier commencera en 2019 avec les giratoires, précisera Serge Cuculière. Et le reste suivra. »

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

30 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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