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NÎMES Dans les entrailles de la piste des arènes

La salle cruciforme est très peu ouverte au public mais reste un vestige atypique intéressant.

La salle cruciforme de l'amphithéâtre de Nîmes (Photo Archives Anthony Maurin).

On le sait et le monde entier le saura une fois Nîmes passée dans le giron patrimonial de l'UNESCO, l'amphithéâtre de la cité des Antonin compte parmi les mieux conservés du monde romain. Sous ces pierres millénaires subsistent quelques pépites "privées" qui entretiennent le questionnement au sujet de l'édifice.

Non ce n'est pas un mythe, une drôlerie ou des racontars, les arènes ont bel et bien une salle cachée. Enfin, quand on écrit cachée, il faut surtout lire dissimulée. Sous la vaste piste sablonneuse des arènes s'étire une salle en forme de croix, d'où elle tire son nom, la salle cruciforme. Rouverte il y a près de cinq ans après une fermeture vieille de deux décennies, on peut y voir deux galeries qui se croisent au centre de la piste.

 

Le dégagement de la salle cruciforme en 1864 (Photo DR).

Pour les aficionados, l'entrée de cette piste est située à l'endroit exact où le toro à l'habitude de tomber après la pique... Le sol y est moins dense qu'ailleurs. Pourquoi cette salle? Comment et pour qui fonctionnait-elle? Quelques hypothèses sont à l'ordre du jour.

Cette salle a été redécouverte dès 1819 par l'ingénieur en chef des ponts et chaussées du Gard qui signale la présence de substructions au centre de l’amphithéâtre. En 1865, de nouvelles fouilles permettent de prouver l’origine romaine de ces sous-sols. Des fouilles conduites de 1987 à 1989 ont montré que les aménagements de la piste ne s’arrêtaient pas cette "salle cruciforme".

Evidemment, à l'époque où elle fut redécouverte, les amphithéâtres romains et leur fonctionnement étaient mal connus des archéologues car peu d'entre eux (les monuments pas les archéologues) ont su traverser le temps avec autant d'élégance que celui de Nîmes.

La salle cruciforme découverte (Photo DR).

Après fouilles, recherches et études, la salle servait au bon fonctionnement des spectacles donnés en piste. A l'instar des coulisses actuelles que l'on peut trouver au théâtre ou à l'opéra et qui servent à changer les décors grâce à des monte-charges, cette salle devait servir à élever des cages contenant des animaux ou à tirer hors de terre des animations surprenantes pour un public ébahi. Des plans inclinés remontaient vers les deux entrées principales pour amener les machineries et les décors. Des galeries, bien plus étroites et surtout secondaires faisaient également le tour de l’amphithéâtre, complétant ainsi l’ensemble.

Aujourd'hui invisible du public, elle est recouverte entièrement par le sable et fermée par un toit fait d'une dalle de béton.

Architecte ou mécène... L'inscription d'un nom, Titus Crispus Reburrus.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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