Faits Divers

ALÈS Vomissements, ecchymoses et dent cassée… les étranges conséquences d’un passage chez « nounou Sylvie B. »

Photo d'illustration

Vendredi dernier, une assistante maternelle de Salindres était jugée devant le tribunal correctionnel d'Alès pour des "violences habituelles" sur quatre enfants âgés de 20 mois à 4 ans.

À en croire les parents des victimes, présents durant cette audience qui se tiendra pendant près de cinq heures, "tout se passait bien au début". Seulement, avec le temps, ils ont commencé à se poser des questions. Le plus âgé des enfants - que nous appellerons Romain - est d'abord revenu de chez "nounou Sylvie B." avec quelques bleus au visage ainsi qu'à l'oreille. Un autre jour, suite à une chute, il est rentré avec une dent cassée. Il a ensuite été pris de soudaines crises de vomissement avant, en février 2016, de ne plus pouvoir bouger le bras après une journée chez sa nounou. Emmené aux urgences, l'enfant présente une luxation de l'épaule. Ses parents résilient aussitôt leur contrat avec l'assistante maternelle.

Le problème, c'est que Romain n'est pas un cas isolé. Un frère et une sœur, confiés à la même nounou par une autre famille, présentent des symptômes similaires : ces fameux bleus sur le visage et aux oreilles. Une pure coïncidence qui n'est que le résultat de "chutes", se défend l'assistante maternelle. La présidente Amandine Abegg en doute : "quand on tombe, on se fait difficilement mal des deux côtés en même temps...".

Le procureur : "des gestes d'impatience, d'agacement"

Sylvie B. ne réagit pas à cette accusation et suit sa ligne de défense, malgré l'avalanche d'accusations de l'avocate des parents, Maître Émilie Porcara, et du procureur, Pascale Palau : elle n'a jamais porté le moindre coup à un enfant. Elle accuse même les parents de "complot" et insinue que Romain, deux ans au moment des faits, faisait exprès de vomir pour l'embêter... L'accusation de trop pour la la représentante du parquet qui démonte chacun des arguments :

- Pourquoi ces gens qui ne se connaissent pas, et même s'ils se connaissaient d'ailleurs, pourquoi comploteraient-ils contre vous ? Pourquoi ?

Sylvie B. baisse la tête.

- Et les traces, poursuit Pascale Palau, c'est pas un fantasme. Elles sont objectivées, photographiées et vues par des médecins. (...) Je pense qu'on est sur des gestes d'impatience, d'agacement. Mais des gestes d'agacement restent des gestes volontaires, dit-elle avant de requérir trois ans de prison avec sursis.

La tâche qui attend Maître Julie Gras est immense. Elle concède la défense maladroite de sa cliente, "elle a eu du mal à s'exprimer", mais refuse qu'elle porte toutes les accusations sur ses épaules. Habilement, elle démontre que tout était scrupuleusement noté par la nounou dans un cahier de liaison, même les bleus.

- Quand on commet des violences sur des enfants, est-ce qu'on se jette dans la gueule du loup en les écrivant ?, interroge l'avocate alésienne.

Elle rappelle aussi l'existence de tous les autres enfants, "souriants et en bonne santé", gardés par la nounou avant d'insinuer :

- Lorsqu'il y a des difficultés entre ma cliente et certains parents, ces mêmes parents trouvent des traces de violence sur leur(s) enfant(s)..., plaide-t-elle avant de demander la relaxe.

L'affaire a été mise en délibéré au 7 septembre prochain.

Tony Duret

Important : une autre assistante maternelle de cette commune, Mme Sylvie Denat n'est pas concernée par cette affaire.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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