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NÎMES Carré d’art, monumental et incontournable

Daniel-Jean Valade, adjoint à la culture de la ville de Nîmes nous embarque dans une visite du Carré d'art Jean Bousquet. À découvrir ou à redécouvrir.

Jean-Marc Prévost, directeur de Carré d'art et Daniel-Jean Valade, adjoint à la culture de la Ville (Photo Anthony Maurin).

Comme nous l'avions fait pour le Musée de la Romanité et Musée des Cultures taurines, Daniel-Jean Valade se prête au jeu d'une petite visite " coup de coeur " du Carré d'art Jean Bousquet.

Musée d'Art contemporain, le site est aussi un monument à part entière visité par des touristes et assimilé par les Nîmois comme un lieu de rassemblement culturel. Une grande caisse qui arrive après un vaste trou. En 1988, les fondations de Carré d'art ont probablement sauvé quelques Nîmois de l'invasion des eaux. Aujourd'hui, l'édifice est bâti et s'impose fièrement face à l'antique Maison carrée.

" Ce que j’apprécie, en plus des œuvres naturellement, c’est l’architecture de cet édifice. Mais le lieu est encore plus beau quand il est vide. C’est une vision exceptionnelle et on comprend mieux ce que sir Norman Foster a dessiné avec une ambiance vert-pâle. Voir la Maison carrée à travers les carreaux de Carré d’art, voir les colonnes à travers les carrés, c’est magnifique. Les récents travaux ont apporté des améliorations, notamment les portes-tambours, le repositionnement de l’accueil et la partie dédiée aux enfants. Mais il faut garder le volume du hall d’entrée, c’est un parti-pris mais c’est essentiel ", note Daniel-Jean Valade.

Il est évident que l'on pourrait croire que ce musée est hermétique. Intellectualiser l'art est une chose, le priver de sa base populaire en est une autre. Ici, pas question de tomber dans ce travers... " La librairie fonctionne bien. Elle est très bien fournie en art contemporain mais aussi en livres éducatifs pour les enfants. C'est essentiel car une génération entière est celle de Carré d'art. Tous les enfants y sont passés. Soit avec l'école, soit avec leur parents et aujourd'hui ils viennent avec leurs enfants. Nous continuons ce travail avec des ateliers pédagogiques et des visites spéciales. Tout cela pour transmettre à la jeunesse ce qu'il faut savoir de l'art. J'en profite d'ailleurs pour saluer le travail des excellentes équipes pédagogiques qui sont compétentes, créatives et passionnées ", poursuit l'élu.

En haut des escaliers, l'oeuvre d'Ugo Rondinone attire les visiteurs.Le mois d'octobre tiré de sa série Sunrise esat  (Photo Anthony Maurin).

Mais pour l'adjoint à la culture qu'il est, Daniel-Jean Valade n'oublie pas les débuts du musée. " Tout d'abord je veux tirer mon coup de chapeau à Bob Calle, le créateur de la collection permanente. Mais tous les directeurs ont su parfaitement flairer l'air du temps. Jean de Loisy, qui est aujourd'hui président du Palais de Tokyo, Guy Tosatto, Françoise Cohen et maintenant Jean-Marc Prévost. Ils ont tous eu une connaissance très affinée que l'on verra une nouvelle fois lors de la prochaine exposition (NDLR Picasso le temps des conflits du 25 octobre au 3 mars) ".

Parlons des œuvres exposées... ou pas. " J'aime les œuvres de Martial Raysse. Cet homme est incroyable ! Je salue son travail et le fait qu'il ne porte pas plainte contre la Ville... Quand on voit la sur-occupation de la place d'Assas... Il aurait de quoi dire ! ", s'agace M. Valade. Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre œilleton. C'est sous le spectre " valadesque " que nous découvrons quelques réalisation fantasques mais délicieuses.

Daniel-Jean Valade a ses préférences pour la partie gauche du tableau (Photo Anthony Maurin).

" Les volumes sont passionnants et quoi qu'on décide d'installer, ça fonctionne. C'est là que l'on voit le génie de Foster. Ça, c'est de Bernard Frize. La toile n'a pas de nom mais elle révèle pour moi la luxuriance de l'Amérique du Sud. Je peux y rester quelques heures et lire du Rousseau. "

Petits morceaux de la statue de la Liberté, version Danh Vo (Photo Anthony Maurin).

Dans la salle d'à côté, du cuivre au sol, étincelant. Danh Vo, We the people de 2011. " L'oeuvre reprend les premiers mots de la Constitution américaine de 1787. Sans vraiment de lien, j'ai travaillé avec des étudiants et des classes plus jeunes et nous demandions aux jeunes de nous citer trois monuments de Nîmes. Dans le désordre il y avait souvent les arènes, la Maison carrée et Carré d'art. Ils considèrent ce musée comme un monument, c'est grand, imposant et il s'y passe toujours quelque chose ", ajoute Daniel-Jean Valade.

D'autres œuvres sont naturellement à ne pas manquer dans ce vaste musée où il est bon de flâner pour se perdre dans les dédales de verre et de béton. " Je vous conseille le petit manuel (Manuel pour mon fils écrit à Uzès au IXe siècle, NDLR) de Dhuoda. Il faut le lire. Il est très pédagogique et rythmé. C'est un livre de raison. J'aime aussi le livre d'Esther dans la tradition juive. C'est un magnifique rouleau enluminé. Évidemment, Goya. Nous avons des gravures tauromachiques de Goya tirées sur les cuivres d'origines. Nous avions même choisi "l'Estudiante de falces" pour illustrer une grande exposition. C'est une belle allégorie de la vie. Je suis également admiratif face à l'épée de notre académicien Jean Paulhan que nous avons pu récupérer grâce à la famille qui nous l'a offerte pour le centenaire de sa naissance ", apprécie l'élu.

Le fameux Estudiante de Falces de Goya.

Si le tourisme culturel a de l'avenir, un tel édifice situé à un tel endroit ne peut faillir. " Pourquoi venir ? C'est un espace de visibilité esthétique situé face à la Maison carrée. À votre avis, les touristes, quand ils se baladent, ils voient en premier la Maison carrée ou Carré d'art ? Vous seriez surpris ! Ensuite, ils y entrent comme on pénétrait dans un temple antique. Les escaliers et l'oeuvre d'Ugo Rondinone qui est au sommet y font également penser. C'est un lieu sacré. Une sorte de temple de la culture. Carré d'art est aussi un lieu de convivialité et d'espaces à partager sans oublier la terrasse et la brasserie qui existent sur le toit ", conclut Daniel-Jean Valade.

Les réserves de Carré d'Art recèlent quelque 550 œuvres alors il y a de quoi faire car tous les 1,5 an, une grande rotation des œuvres est mise en place par les équipes du musée.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 34 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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