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MARCOULE Chez Orano Melox, un « fablab » pour encourager et accélérer l’innovation

Le directeur d'Orano Melox Jean-Philippe Madelaine en pleine présentation du "fablab" (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Des imprimantes 3D, de la réalité virtuelle ou encore une machine de découpe laser : le « fablab » du site Orano Melox, à Marcoule, est petit mais bien meublé.

Lancé en juillet dernier, il est ouvert aux 1 300 personnes qui travaillent sur le site, membres du géant du nucléaire ou de ses sous-traitants. Après les sites Orano de la Hague ou du Tricastin, c’est désormais le site de Marcoule qui est doté de cet équipement, véritable laboratoire de fabrication d’innovations.

« Le ‘fablab’ permet de regrouper les compétences et d’aller beaucoup plus vite pour passer de l’idée à la solution », affirme le directeur du site Jean-Philippe Madelaine, qui se décrit lui-même comme « un peu geek dans l’âme. » Car pour lui, si Melox possède un savoir-faire unique dans la fabrication de combustible MOX pour les centrales nucléaires, « nous devons nous développer dans le digital, c’est essentiel car ça permet de produire plus facilement et avec plus de sécurité. » Sans compter que l’usine, bâtie il y a près de 25 ans, doit « savoir renouveler ses outils » et ses salariés, sur un secteur — le nucléaire — qui a parfois du mal à recruter : « c’est aussi un élément d’attractivité, pour attirer les jeunes », ajoute le directeur de Melox.

Les élus du territoire ont visité le "fablab" d'Orano Melox vendredi (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Alors Orano Melox a investi 300 000 euros pour équiper son « fablab » de trois imprimantes 3D, une petite, une moyenne et une grande, d’une machine de découpe laser ou encore d’une salle de conception équipée d’une caméra 360 degrés et d’un casque de réalité virtuelle, pour y faire de multiples tâches. On peut y faire « des capteurs intelligents, de l’instrumentalisation, de l’internet des objets, de la modélisation 3D, de la fabrication additive, de l’analyse de données, de la réalité augmentée ou encore des robots », énumère Jean-Philippe Madelaine, qui voit le « fablab » « avant tout comme un endroit où on peut échanger et mettre en oeuvre des solutions. » Et les mettre en oeuvre plus vite, « en quelques heures ou quelques jours, alors que dans le nucléaire c’est plutôt deux ans minimum », note le directeur. Les entreprises locales sont également invitées à utiliser ce nouvel équipement. D’ailleurs, l’entreprise bagnolaise Gambi-M, qui fait dans la 3D, travaille sur un projet sur place. « Il est important que les locomotives comme Melox apportent un accompagnement technologique aux start-ups qui gravitent autour d’elles », se félicite le député de la troisième circonscription Anthony Cellier, présent lors de la présentation avec la sénatrice Pascale Bories, la conseillère régionale Catherine Eysseric et le vice-président de l’Agglo du Gard rhodanien Bruno Tufféry.

Dans le « fablab », chapeauté par Jacky Jehanno, une équipe de neuf personnes, sont deux alternants, est là pour accueillir les salariés et leurs projets. « Nous analysons le besoin, aidons la réflexion et permettons l’utilisation de tous les moyens à disposition », explique-t-il. Il peut s’agir de concevoir et fabriquer un prototype pour un entonnoir utilisé en boîte à gants (une enceinte étanche qui permet la manipulation d’objets), de remplacer une petite pièce ou encore de fabriquer une réplique à l’échelle 1 d’un objet utilisé en boîte à gants pour y envisager des améliorations et faire de la formation, le tout à moindre frais. Dans la salle voisine, on travaille autour de la captation à 360 degrés et de la réalité virtuelle pour préparer au mieux les interventions et en limiter la durée et par conséquent l’exposition des salariés aux radiations. Le suivi des standards, comprendre le contrôle des salles de travail de l’usine, a aussi été numérisé dans le cadre du « fablab ».

La réalité virtuelle est aussi travaillée au sein du "fablab" d'Orano Melox (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Par ailleurs, Orano Melox a lancé des challenges, avec des primes de 1 500 euros à la clé, à destination de ses salariés, qui participent au « fablab » sur la base du volontariat sur leur temps de travail. L’encouragement de l’innovation passe aussi par les bonnes vieilles méthodes.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

31 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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