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FAIT DU JOUR L’heure du premier derby a sonné

Portraits de jeunes supporters nîmois qui vont assister pour la première fois au match Nîmes-Montpellier.

Pour le derby, Aurélien a décidé de faire porter l'écharpe du Nîmes Olympique à la statue de Nimeno II (photo Corentin Corger)

Cela fait 26 ans que le stade des Costières n'a pas été le théâtre d'un derby entre Nîmes et Montpellier en Ligue 1. La demi-finale de Coupe de France en 1996 n'a fait que renforcer cette longue impatience. Ce dimanche à 15h, au stade des Costières bon nombre de supporters nîmois vont assister au derby pour la première fois. Nous en avons rencontré certains. 

"Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître". Jamais ces paroles de Charles Aznavour ne se sont aussi bien prêtées pour décrire le contexte de ce derby. Seulement le troisième disputé en Ligue 1 après ceux de 1992. Une jeune génération qui n'a pas connu l'élite et qui n'était pas née ou à peine lors de l'exploit 1996. Élevée aux matches face à Romorantin, Sannois-Saint-Gratien, Châteauroux, Niort... avec 5 000 spectateurs de moyenne réunis pour vivre les joutes de la Ligue 2 et du National.

Alors elle a pu vibrer avec l'épopée de 2005 en Coupe de France achevée au stade des demi-finales où les héros se prénommaient Cantareil, Enza Yamissi, Beyrac ou encore Verschave. Il y a aussi eu les montées acquises en 2008, en 2012 et la plus belle en 2018, synonyme de retour en Ligue 1. Tant d'années à espérer, parfois sans ne plus croire à pouvoir enfin vivre un derby.

Ils seront des milliers à 15h à découvrir cette atmosphère si particulière. Aurélien Marciau a 21 ans et fréquente les Costières depuis son adolescence. Cette saison, ce passionné s'est forcément abonné au Pesage Est. "J'ai envie de vibrer, que ce soit le feu et que tout le stade chante pour qu'on nous entende de l'autre côté du Vidourle", répond-t-il trépignant d'impatience en évoquant ce qui l'attend. Celui qui imagine déjà des possibles scènes de joie aux alentours de 17h se met à la place des 3 600 enfants invités qui pour certains vont même découvrir les Costières. "J'aurais aimé connaître ça dans mon enfance. Ils vont avoir les yeux qui pétillent et j'espère qu'ils auront envie de supporter Nîmes", commente t-il.

 
Aurélien n'est pas totalement inconnu. C'est lui qui après un "challenge de la barre" à la mi-temps d'un match de Montpellier à la Mosson avait réussi sa frappe des 30 mètres et avait célébré en montrant son maillot du Nîmes Olympique face à un public pailladin survolté. Il avait rapidement fait le buzz sur la toile. Lui aussi ne raterait pour rien au monde cette rencontre. "Avec mon club de foot je joue exprès samedi avec la réserve pour ne pas jouer dimanche. Même avec une jambe en moins je viendrai au match." Et forcément nous lui avons posé la terrible question : tu préfères perdre et te maintenir ou l'inverse ? Après de longues secondes de réflexion, il concède : "Je préfère que l'on se maintienne, même si ça ferait mal de perdre à domicile." 

Estelle au côté de son idole Renaud Ripart (photo DR)

Estelle aura 18 ans en mars et va vivre également son premier derby. Native de l'Hérault, par le gène nîmois paternel elle supporte les Crocos. "Ma mère ne comprend pas pourquoi je ne supporte pas Montpellier", sourit-elleLa lycéenne titulaire de la tribune Sud est très impatiente : "Dès que l'on est monté, j'y ai pensé direct. J'ai été bercé par l'histoire de cette rivalité." Forcément, cette semaine une seule chose occupait son esprit : "Au lycée, je répétais les chants à mes amis. Une nuit, j'ai même rêvé d'une victoire". Elle savoure ce moment et se réjouit de ne pas avoir eu à attendre une année de plus. Nous lui avons aussi exposé le fameux dilemme. Et la réponse est sans équivoque mais... subtile : "Perdre et se maintenir pour le gagner la saison prochaine", répond t-elle avec malice.

Un derby se vit en famille (photo DR)

Ce derby sera aussi l'occasion de transmettre l'amour des Crocos, entre un père et son enfant mais aussi un frère et une sœur. Bertrand, 25 ans, fait partie des rares privilégiés à avoir assisté aux deux derniers derbies disputés aux Costières en 2000 et 2009, alors que les deux équipes évoluaient en Ligue 2. "Je me souviens d'une ambiance folle avec énormément de monde et des fumigènes", raconte ce Rodilhanais alors âgé de 7 ans. Désormais c'est plus l'angoisse du résultat que la tension du match qui le préoccupe.

Plus habituée du Parnasse que des Costières, Bertrand a décidé d'initier sa petite sœur au derby : "C'est elle qui est venue m'en parler, elle ne voulait pas le rater. Toute la semaine, elle a été étonnée de voir sur les réseaux les coups bas entre les supporters." Un engouement soudain se crée même pour les gens qui ne sont pas mordus de ballon rond. "Je crois qu'elle ne s'imagine pas ce qu'elle va vivre", conclut le grand frère, ravi de partager ce moment en famille.

Et pour ceux qui n'auront pas l'occasion de le vivre cette année, comptez sur Bernard Blaquart et les siens pour faire de ce moment unique, un rendez-vous annuel !

Corentin Corger

Leur pronostic : Aurélien : 2-0 même 1-0 ça suffit ;  Estelle : 2-1 ; Bertrand : 3-1. 

 

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