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MERCREDI CULTURE Le monde d’Antoine « Tato » Garcia

La sortie officielle du premier opus du guitariste catalan, "El Mundo", est prévue pour le 18 avril prochain. De passage à Nîmes pour un concert privé, l'artiste espère pouvoir y revenir un jour dans le cadre du festival flamenco.

©Yoann Galiotto

Le Perpignanais Antoine " Tato " Garcia n’aura eu de cesse depuis son enfance dans les rues de la capitale nord catalane de porter haut et fort le flambeau de cette tradition populaire ; la rumba catalane. Virtuose de la guitare et du chant, il fait de la scène son espace de vie, partageant au fil des années des instants magiques, comme suspendus en dehors du temps. "El ventilador" offre aujourd’hui  El Mundo, un album qui s'avère la synthèse parfaite d’une virtuosité totale, d’atmosphères intimistes ou légères et de cette fiesta gitane qui donne au quotidien de jolies couleurs. 

Objectif Gard : Pour commencer, depuis combien d'années faites-vous de la musique ? 

Antoine "Tato" Garcia : Chez les Gitans, on ne sait jamais vraiment quand est-ce que l'on commence. J’ai tout simplement baigné dedans. J’ai grandi dans la musique. Mon père et mes frères et sœurs jouaient de la guitare. Du coup un jour je me suis dit pourquoi ne pas essayer et depuis je n'ai jamais arrêté. Après, dans ma famille ils font ça par plaisir, ce n'est pas en tant que professionnel. 

Et qu'est-ce qui vous a donné envie de devenir professionnel ? 

À la base, je ne me voyais pas faire de la musique en tant que professionnel. J'ai commencé à jouer dans les fêtes gitanes, les mariages. J'accompagnais les chanteurs et les danseuses. Puis petit à petit, j'ai commencé à rencontrer du monde. On me proposait de faire des concerts et d'accompagner des danseuses de flamenco. Et un beau jour, un type qui s'occupait des jeunes talents gitans m'a proposé d'intégrer le groupe Tékaméli. C'est avec eux que les choses ont réellement commencé.

Vous faites donc de la rumba catalane. Est-ce que vous pouvez nous expliquer d'où provient ce style musical ?

La rumba catalane est née dans les années 60 à Barcelone. À cette époque, les marins cubains qui déchargeaient les bateaux allaient tous les soirs dans les bars de Barcelone pour se détendre et jouer de la musique. Et à la même époque, les Gitans jouaient de la rumba flamenca, ce qui était différent de la rumba catalane. Les Catalans voulant reproduire les percutions des musiques cubaines, la technique du "ventilador" est née. La main percute la guitare tout en pinçant les cordes, dans un rythme rapide qui évoque les pales d'un ventilateur, d'où le nom. C'est ainsi que la rumba catalane est née, d'un mélange de deux cultures musicales.

Au Festival de Nîmes ?

Il s'agit de votre premier album en solo. Cela représente quoi pour vous ? 

Tout d'abord j'ai envie de dire : enfin ! C'est vraiment énorme !  Même si ce n'était pas mon but d'en faire un en solo un jour. J'ai joué dans plusieurs groupes. J'ai souvent composé des musiques mais je ne pensais pas sortir un jour un album en solo.

Quels thèmes abordez-vous dans vos musiques ? 

Je parle surtout d'amour et de séparations... Après la rumba c'est vraiment très ouvert au niveau des sujets. Dans la chanson " El mundo ", je parle d'environnement, du fait que l'on détruit notre monde, qu'on ne fait pas attention et qu'il faut faire quelque chose. Après il y a des musiciens qui arrivent à faire des morceaux avec tous les sujets. Je pense par exemple à Peret Reyes qui faisait des morceaux sur la cigarette, les régimes... Des sujets que les gens ont du mal à traiter.

En parlant d'" El mundo ", vous y avez ajouté du piano. Est-ce que cela se fait souvent dans la rumba catalane ? 

En effet, à Barcelone, c'est assez répandu. Moi, je suis plus guitare qu'instruments à queues généralement. Mais de temps en temps c'est bien d'élargir la palette sonore. Pour ce morceau-là, ça s'y prêtait bien. On avait envie d'une introduction un peu flamenco où l'on pourrait laisser la voix courir dessus. Cela rajoutait tout simplement de la couleur et ça reste tout de même authentique. Après dans l'album, il y a un peu de tout : du jazz manouche avec Steve Lafond, puis des instruments indiens aussi...

Vous avez aussi partagé un morceau avec Agnès Jaoui... 

J'ai été l'un de ses musiciens et on a fait des duos en concert pendant au moins huit ans. J'ai également participé à trois de ses albums et j'ai composé quelques chansons. C'était un peu obligé pour moi qu'elle fasse partie de cet album. Je cherchais une chanteuse pour une chanson en particulier et j'ai de suite pensé à Agnès. Elle a été partante directe. Elle a même lâché un tournage pendant deux jours exprès pour venir.

Pour conclure, quelles sont vos dates clés de l'année 2019 ? 

Tout d'abord, il y a la sortie de l'album le 18 avril prochain à Perpignan au El Médiator pour la soirée de lancement. On a prévu de le sortir pendant la Semaine de la rumba, un festival qui se déroule dans la ville. Puis par la suite, on a des dates nationales qui se mettent en place petit à petit. Et on doit encore faire le tour de la France pour présenter l'album dans des concerts privés. Et j'espère un jour être invité à participer au festival flamenco de Nîmes.

Propos recueillis par Kelly Peyron

Ci-dessous Antoine "Tato" Garcia joue "La Trova" à Pablo Roméro pour Objectif Gard :

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