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USAM Jean-Jacques Acquevillo, le plaisir avant tout

Petit, en Martinique, Jean-Jacques a commencé par le foot (Photo Corentin Corger)

Jean-Jacques Acquevillo est la dernière recrue arrivée à l'USAM cet été en provenance de Cesson-Rennes. Portrait d'un joueur atypique, parti de Martinique à 19 ans et qui a découvert la première division à 27 ans. 

Loin du brouhaha animé par les anciens joueurs au fond du bus, Jean-Jacques Acquevillo, lui, se fait discret. N'y voyons pas un signe d'une mauvaise intégration mais plutôt celui d'un garçon réservé. Une force tranquille qui mesure 1,95 mètres et frôle les 100 kg, qui a accepté de retracer son parcours. Né en Martinique, le 17 janvier 1989, Jean-Jacques Acquevillo vient "d'un quartier difficile, un peu chaud", confie t-il à demi-mot. Comme tous ses copains, c'est d'abord avec le pied qu'il va taper dans la balle avant de préférer le hand.

"J'allais voir ma grande sœur jouer au hand et ça m'a intéressé", précise celui qui après le club du coin signe au SCL Lamentinois en moins de 17 ans. Jean-Jacques joue pour le plaisir mais il a suffi d'un signe pour que sa carrière prenne un premier tournant. Celui de son coach Christian Montare qui le persuade de tout quitter pour la France où l'ALC Longvic, près de Dijon, est prêt à l'accueillir. "Pour moi c'était compliqué, je n'étais pas très partant. Ma famille m'a poussé y aller. Mon père m'a dit : "au pire si ça ne marche pas, tu peux revenir chez toi." 

Jean-Jacques Acquevillo a découvert la première division à 27 ans (Photo Corentin Corger)

Tout quitter et partir là-bas, "faut du cœur faut du courage", comme disait un autre Jean-Jacques... Goldman. Malgré le froid, l'intégration du Martiquinais se passe bien et il connaîtra deux montées successives de la Prénational à la N2. "À ce moment-là, mes parents m'envoyaient des sous pour pouvoir vivre", avoue l'arrière gauche. Il en profite pour terminer ses études et obtenir un bac électronique mais ne poursuit pas derrière. En 2011, à 22 ans, il franchit un nouveau palier et signe à Grenoble où il évolue en N1 durant trois saisons. Une progression lente où Jean-Jacques n'a jamais perdu espoir malgré sept saisons à végéter en jouant au maximum au troisième échelon du hand français.

"Je vivais le truc et tant que je prenais du plaisir, c'était l'essentiel. Je savais que je n'avais pas fait de centre de formation mais j'étais bien et ça me suffisait." Avec le statut de semi-pro, le jeune adulte est logé et reçoit un petit salaire. Sa vie se poursuit au même niveau mais du côté de Saran. Un club ambitieux qui va servir de tremplin et enfin mettre un coup d'accélérateur dans la carrière de notre handballeur. "Nous montons deux fois en deux ans", savoure Jean-Jacques qui découvre la première division en 2016, à quasiment 27 ans. Après une première saison avec un maintien obtenu lors de la dernière journée, Saran est relégué en Proligue l'édition suivante.

"Je ne m'y attendais pas du tout"

"J'avais la volonté de rester en Lidl Starligue et de confirmer ce que j'avais fait." Un message entendu par Cesson-Rennes qui recrute le joueur. Mais le sort s'acharne et il connaît une deuxième descente consécutive. "C'était dur à vivre. Tu te poses pas mal de questions : "est-ce que j'ai tout donné ?". La réponse est oui et va venir du sélectionneur de l'équipe de France, Didier Dinart, qui le convoque pour la première fois pour disputer les deux derniers matches des éliminatoires de l'Euro 2020. "Je ne m'y attendais pas du tout. Ce fut une surprise pour moi. Je recevais des messages de félicitations, je ne comprenais pas pourquoi", se souvient-il. Une éclaircie qu'il saisit en jouant quinze minutes contre la Lituanie et une période entière face à la Roumanie.

Une fierté de porter le maillot bleu, mais Jean-Jacques sait qu'il sera difficile de renouveler l'expérience. "Il y avait quand même des blessés, notamment Nikola Karabatic donc ça change pas mal de choses." En quelques jours, tout s'est enchaîné puisque à son retour, le néo international signait à l'USAM. Plus question de jouer le maintien cette saison mais le haut du tableau et la Coupe EHF. Jean-Jacques n'est pas encore au bout de ses rêves et compte vivre cela à fond comme il a toujours fait.

"Mon parcours est un peu une leçon de vie pour les jeunes. Si on donne tout, ça paye. Faut jamais baisser les bras et continuer à prendre du plaisir. Tout est possible", assure-t-il. En attendant de remporter pourquoi pas un titre avec Nîmes, Jean-Jacques profite de son petit garçon, Nolan, qui a deux ans, marche seul.

Corentin Corger

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