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FAIT DU JOUR Un dispositif innovant pour aider les personnes handicapées isolées

Sandrine Peter et Jérôme Lemaistre, de l'UNAPEI 30, chargés de la mise en place du PCPE à Alès et Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

PCPE : derrière ce sigle se cache le Pôle de compétences et de prestations externalisées. Un nouveau dispositif, lancé cette semaine sur les secteurs d’Alès et de Bagnols, qui pourrait bien changer la donne pour les personnes isolées en situation de handicap.

Concrètement, « il s’agit de la mise en place d’une équipe hors les murs, mobile, pluridisciplinaire, composée d'un éducateur spécialisé, d'un aide médico-psychologique, d'un conseiller économie, social et familial, d'un psychiatre et d'une secrétaire qui intervient à domicile après sollicitation par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH, ndlr) », explique Jérôme Lemaîstre, directeur de l’Institut médico-éducatif (IME) de Rochebelle, à Alès, qui participe à la mise en place du dispositif PCPE par l’association UNAPEI 30.

Ce dispositif s’adresse à toutes les personnes âgées de 3 à 60 ans en situation de handicap. « De tout type de handicap », souligne Jérôme Lemaîstre, alors qu’initialement le dispositif avait été pensé pour les personnes concernées par des troubles autistiques. Les handicaps moteurs, mentaux ou encore les déficiences sont concernés du moment que les personnes se retrouvent dans des situations d’isolement.

Le tout sachant que plusieurs « zones de ruptures » existent. « Les ados de 16/17 ans à l’arrêt de la scolarité, les jeunes de 18/20 ans qui font face à la problématique du manque de places et qui, une fois qu’ils sont chez eux, sortent des écrans radars, et les adultes avec des parents vieillissants », présente le directeur de l’IME de Rochebelle, qui travaillera, comme l’IME des Violettes de Bagnols, étroitement avec l’équipe chargée du PCPE.

Le dispositif se décompose en plusieurs étapes. « Nous allons mener une phase d’observation, puis une autre d’évaluation du degré d’autonomie et du taux d’incapacité pour définir ce qui pourrait être proposé », poursuit Jérôme Lemaîstre. Le plus important étant, in fine, « d’identifier les causes de la rupture et de l’isolation à domicile », note Sandrine Peter, cheffe de service et chargée du dispositif PCPE à l’UNAPEI 30.

Du cas par cas

À partir de là, « nous devons, par nos réseaux, nos connaissances, nos établissements, essayer de trouver des solutions, poursuit Jérôme Lemaîstre. Ces solutions peuvent aller d’une prise en charge sur une demi-journée à une place dans un établissement par exemple. » L’idée reste de faire du cas par cas. « La spécificité du dispositif, c’est qu’il s’adapte aux situations présentées », précise Jérôme Lemaîstre.

« Il ne s’agit pas seulement de trouver une place mais d’être dans l’accompagnement et d’être force de proposition. On est dans l’insertion, l’inclusion, pour remettre les personnes en mouvement », martèle-t-il ensuite.

« Toutes les personnes n’ont pas forcément une place en institution, mais peuvent être accompagnées, avoir une passerelle », abonde Sandrine Peter. Autre particularité : le PCPE comprend un engagement entre l’UNAPEI 30 et la personne aidée. Un engagement contractuel d’une année maximum, plus précisément de deux fois six mois.

L'équipe de l'UNAPEI 30 lors de la préparation du local du PCPE cet été à Saint-Quentin-la-Poterie (Photo : DR)

Le dispositif, encore tout nouveau, a été lancé l’année dernière sur quelques secteurs pilotes, dont Nîmes, où il est géré par l’association Escalières. Il est donc aujourd’hui étendu aux secteurs de Bagnols et d’Alès, depuis un local de la place du Marché de Saint-Quentin-la-Poterie trouvé par la mairie de la commune, pour permettre à l’équipe de cinq personnes plus la direction de rayonner au maximum.

Le Gard compte donc désormais deux dispositifs PCPE, une rareté au niveau national qui s’explique par les situations sociales parfois difficiles rencontrées dans notre beau département. « Les études ont mis en lumière les besoins », note pudiquement Jérôme Lemaîstre, qui précise que les premières sollicitations arrivent déjà.

Alors l’Agence régionale de la santé (ARS) a vu d’un très bon oeil l’initiative de l’UNAPEI 30, autofinancée par « une association de parents très mobilisée sur ces questions », affirme le directeur de l’IME Rochebelle. Reste que ce dispositif s’inscrit dans le changement de politique sur le handicap depuis plusieurs années, selon Jérôme Lemaîstre : « Nous passons d’une politique de protection vers une politique inclusive et sociale adaptée, avec une notion d’autodétermination, qui doit répondre au parcours de vie des personnes. » Même si ce parcours est parfois accidenté.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Plus d’informations auprès de la MDPH du Gard au 04 66 02 78 00, mdph@gard.fr, ou de l’UNAPEI 30 au 07 84 21 33 59 et au 06 48 22 60 97.

Et aussi :

L’UNAPEI 30 a été retenue par l’Agence régionale de la santé pour porter prochainement l’expérimentation dans le département d’une équipe d’appui médico-social pour la scolarisation des enfants en situation de handicap.

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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