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FAIT DU JOUR Quand le rêve devient réalité ou l’itinéraire d’un garçon parfait

À quelques heures du début de la feria de Nîmes, le jeune Solalito se prête au jeu de l'interview et explique sa vie de futur novillero.

Deux oreilles pour Solal à Bellegarde il y a quelques jours (Photo Anthony Maurin).

On l'appelle Solalito mais il se prénomme Solal et se nomme Calmet. Vous pouvez le croiser dans les rues de la ville, souvent juché sur un vélo, gravitant autour de son anneau préféré, les arènes de sa cité. Il faut dire que l'amphithéâtre et son histoire font rêver tous les jeunes apprentis toreros nîmois mais pour certains comme Solal, le rêve devient réalité.

Le petit change de catégorie et fera ses débuts en tant que novillero ce samedi matin à 11h30 avec une course de San Sebastian et au côté de son compagnon nîmois El Rafi et de l'Espagnol Fernando Plaza. Interview.

Objectif Gard : Qui êtes-vous ?

Solalito : Je suis né en décembre 2000. J'ai 18 ans. Je suis né à Nîmes et j'habite à Nîmes. J'ai vu ma première corrida à l'âge de six ans et je me suis inscrit à l'école taurine l'année d'après. J'ai voulu refaire ce que j'avais vu en piste. Le toro, sa puissance, sa force m'ont marqué. Je suis de la ville, je n'avais jamais trop vu ni approché d'animaux... Le costume de lumière m'a aussi marqué ! Ça en jette, ça m'a plus impressionné que le torero. J'en ai pris plein les yeux et depuis j'attache une importance particulière à mes costumes. Pour cette présentation, j'en aurai un neuf qui vient de Santos (Madrid) où j'ai aussi acheté un peu de matériel.

Solal, petit torero aux grandes ressources ici en mars 2016 à Vauvert (Photo Anthony Maurin)

Le paseo approche, tout va bien ?

Je suis serein, tranquille mais avec la pression que je sens monter petit à petit. Je vois les responsabilités qui vont avec mais je n'aime pas trop cette attente. J'ai le trac. J'ai envie d'en découdre au plus vite et honnêtement ce n'est pas très agréable... En plus, c'est Nîmes, une arène de première catégorie, et mes compañeros de cartel sont forts. C'est le niveau qu'il me faut et même si c'est ma première, elle définira la suite des événements. Je me concentre pour que tout marche. Je veux vivre ce moment pleinement mais là je suis encore dans l'attente. Je m'entraîne beaucoup. Je vais courir, j'occupe bien mes journées pour ne pas trop y penser.

Comment un jeune-homme équilibré et vivant au XXIe siècle fait-il pour être passionné par les toros ?

J'ai été amené ou plutôt je me suis amené dans ce monde par les lectures et la découverte. Ma vie d'aujourd'hui tourne autour de la tauromachie alors que petit je n'y pensais pas. C'est la beauté de ma trajectoire. Les gens passionnés se font rares et la tauromachie c'est quand même spécial. C'est différent d'une autre passion car nous tournons autour de la mort, nous la toréons et nous donnons. C'est ce qui donne un sens à cette passion. Au lycée, j'ai connu quelques problèmes mais rien de très grave. J'ai le respect de mes proches et ça me suffit. Je n'ai que le bac quand mes amis s'assurent une vie tranquille en continuant leurs études. Moi, je n'en sais rien.

Solal, novillero banderillero (Photo Anthony Maurin).

Pourquoi devenir novillero ?

Une seule réponse est possible, pour devenir plus tard matador de toros puis figura del toreo. Je ne me contenterai pas d'être novillero. Je veux être numero uno ! Je veux prendre l'alternative. Je veux couper deux oreilles à un toro à Madrid... J'ai plein d'objectifs et de rêves dans la tête mais je veux y aller petit à petit. Si j'arrive à tout ça, ça sera très bien mais après, je veux le rester dix ans ! Je travaille pour ça. Je dois être régulier et ça serait magnifique d'y arriver.

Et ce passage aura lieu dans vos arènes...

C'est beau, vraiment. Ce sont mes arènes. J'ai une histoire avec elles. J'y ai vu ma première corrida en 2007. C'est la ville dans laquelle j'ai toujours habité et où j'ai fait mes premières passes. C'est un peu de pression mais c'est tellement beau !

Quels sont vos points forts et vos points faibles ?

C'est dur d'avoir autant de recul à mon âge et avec le niveau qui est le mien actuellement. J'ai pas mal toréé mais je ne pense pas encore être prêt à définir ma tauromachie. Peut-être à la fin des novilladas piquées ou peu après mon alternative... Je sais que j'avais du mal à transmettre ce que je ressentais en piste mais tout cela s'améliore avec le temps et ça devient un point fort. Je suis en rodage. Je ne peux que m'améliorer.

Solal au capote à Alès cette année (Photo Anthony Maurin).

Comment se projeter quand on connaît ce monde si dur et exigeant qu'est celui de la tauromachie ?

Se projeter est carrément impossible quand je ne sais même pas où je serai la semaine prochaine ! Je sais ce que je veux devenir. Comment je ne le sais pas encore, mais je vais tout donner pour y arriver. Je ne veux pas être prétentieux mais je crois en moi. Pourquoi certains y sont-ils arrivés et pourquoi je n'y parviendrai pas ? Je vais passer par des moments difficiles, injustes, mais le travail paie toujours et c'est ce qui me rassure. Je me suis gagné la chance d'être programmé à Nîmes, c'est déjà ça !

Vous aimez votre vie ? Qu'imaginez-vous de votre vie de futur novillero ?

Ma vie d'aujourd'hui ne me satisfait pas ! Je ne fais pas encore ce que je veux faire... Je pourrais très bien être un éternel insatisfait mais je ne l'espère pas. J'espère connaître la joie dès samedi mais je pense qu'il y aura tellement de choses à corriger, à rectifier et à améliorer. Je me connais ! Je vais avoir à travailler.

Un dernier mot en version carte blanche ?

Je veux dire merci. Merci à tous les gens qui croient en moi, à ma famille, à mes amis, à ma peña et aux ganaderos qui ont joué le jeu pour ma préparation en me laissant toréer leur bétail. Je suis content d'être au cartel avec El Rafi. J'ai commencé en novillada sans picador avec lui, on se retrouve après avoir pris des chemins différent. Il est resté à l'école taurine et je suis parti en Espagne mais je suis très content de cette affiche. Je suis allé voir les toros au campo mais j'ai du mal à les juger car je les imagine toujours plus gros, plus forts et plus agressifs. Le ganadero a confiance en eux. Je lui fais confiance ! Demain matin, venez me soutenir !

Pour acheter sa place, c'est par ici ou par téléphone au 08.91.70.14.01 (0,225 euros TTC / min). Pour les cartels complets, c'est par là.

Solal (Photo Anthony Maurin).

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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