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NÎMES EN FERIA Grâce de Perera, calme de Castella

Le troisième toro de Garcigrande a été honoré dun tour de piste posthume (Photo Anthony Maurin).

Corrida de Garcigrande et Domingo Hernandez pour Sébastien Castella (oreille et deux oreilles), Jose Maria Manzanares (oreille et silence) et Miguel Angel Perera (oreille et deux oreilles symboliques). Porte des Consuls pour Castella et Perera. Le troisième exemplaire de Garcigrande a quant à lui eu droit au mouchoir bleu synonyme de vuelta al ruedo à titre posthume. Le dernier de la course, Cazadotes, a été étrangement indulté...

Il y a des courses comme ça et ces courses se font plus nombreuses que par le passé. À vrai dire, on ne sait plus trop où camper dans cette affaire. Il est certain que la corrida envoyée par Domingo Hernadez et Garcigrande n'a pas été de grande qualité. Ses pupilles n'ont pas toujours donné ce pourquoi on les a primés. De la noblesse à revendre, bien sûr, mais très peu de bravoure et au final une vuelta al ruedo et un indulto pour un lot sans relief.

Premier toro de Sébastien Castella (Photo Anthony Maurin).

Sébastien Castella est le premier à entrer en piste. Après avoir salué l'assemblée en compagnie de ses deux compañeros de cartel, le Biterrois s'est lancé dans la bataille sous l’œil d'un public qui l'attendait au tournant. Comme à son habitude, le toreo du Français est templée, lent et techniquement imparable devant un toro des plus fades et qui s'est assoupi pendant la lidia. Un oreille peut-être pas majoritaire mais une oreille quand même.

Second toro de Castella (Photo Anthony Maurin).

Pour son second combat, le Biterrois fera carrément tomber deux mouchoirs blancs du palco géré par Bernard Angelras. Il faut avouer que la faena était belle, douce mais décroissante dans l'âme et les pattes du toro. Dommage car le début initié par Castella était plus que prometteur avec une entame dans le dos et un placement parfait pendant quatre bonnes minutes. Les deux oreilles sont acquises mais, là aussi, un poil généreuses au vu de l'estocade notamment.

Manzanares avec son premier exemplaire de Domingo Hernandez (Photo Anthony Maurin).

S'il y en a un qui n'a pas pu faire grand chose, c'est bien le natif d'Alicante Jose Maria Manzanares. Il a coupé une oreille à l'issue de sa première faena alors même que le public mettait du temps à se mettre d'accord pour savoir s'il méritait le trophée ou non. Comme à son habitude, l'Espagnol est d'une classe folle mais il ne peut rien tenter devant un toro qui n'avance pas et qui prend les passes les unes après les autres sans émotion aucune à la sortie. Heureusement que Manzanares a presque réussi son recibir, c'est bien la seule chose d'intense que l'on a pu relever de ce duel !

Manzanares et son second toro de Domingo Hernandez (Photo Anthony Maurin).

Manzanares a écouté le silence nîmois après son ultime rendez-vous avec un toro pour cette feria des Vendanges 2019. Il est le seul a voir tiré du chapeau deux exemplaires de Domingo Hernandez, il est le seul à ne pas être sorti en triomphe... Logique ? Plus violent que les autres, ce toro lui a faire prendre le périphérique à la mort (quatre épées) et cherchait l'homme plus que l'étoffe rouge.

Miguel Angel Perera (Photo Anthony Maurin).

Hors du circuit traditionnel, on ne voit que trop peu Miguel Angel Perera. Il a de la personnalité, un talent fou et une manière de toréer qui manquent à la tauromachie moderne. Le voir en remplacement est une vraie belle surprise et le public ne s'y est pas trompé. Il a réclamé l'oreille de son premier pour une faena de classe et de certitudes. D'un bout à l'autre, l'Espagnol a embarqué Tornasolado dans ses rêveries les plus folles. Pour être plus équitable, on aurait aimé voir un second mouchoir blanc tomber du palco mais le public a préféré demander une vuelta al ruedo à titre posthume que le bicho ne méritait sans doute pas.

Miguel Angel Perera et son ultime toro, un bicho qui est rentré vivant au toril (Photo Anthony Maurin).

Cazadotes, c'est le petit nom du pensionnaire de Garcigrande qui va rentrer chez lui tranquillou à la finca après quelques soins donnés à Nîmes. On ne peut pas dire qu'au cheval ce toro se soit montré important, loin de là. Il n'a pris que deux petites piques et la dernière fut tellement brève qu'on a du mal à se la rappeler. Bon. Perera a fait du Perera. Il a montré l'étendue de son savoir et a éclaboussé ses compagnons de cartel par sa générosité, sa fougue, son envie de tout casser et son panache. Perera a indulté ce toro, bien. Mais Perera vaut mieux que cela. Il a coupé deux oreilles symboliques après avoir fait tout ce qu'il a voulu de Cazadotes. Le toro ne s'arrêtait plus de chargé, sans vice ni mauvais geste. Seulement avec un incroyable et naturel allant. Un toro de plus gracié mais un torero rare que l'on veut revoir.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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