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GARD Le malaise de l’enseignement après le suicide de Christine Renon

Mme Castera, directrice d’école à Saint-Hippolyte-du-Fort et membre du syndicat Sud (Photo : Coralie Mollaret)

Après le suicide d’une directrice d’école à Pantin (Seine-Saint-Denis), des rassemblements étaient organisés cet après-midi à Nîmes et à Alès.

À la pause méridienne, plusieurs directeurs d’école et enseignants se sont réunis devant l’inspection académique. Un hommage à Christine Renon qui s’est donnée la mort dans son école à Pantin. Selon une étude de l’Éducation nationale, le taux de suicide dans ce secteur de la fonction publique est 2,4 fois plus élevé chez les enseignants que la moyenne des salariés. « Les directeurs sont surchargés de travail ! », témoigne Mme Castera, directrice d’école à Saint-Hippolyte-du-Fort et membre du syndicat Sud. En poste depuis trois ans, la directrice est à la tête d’une école de 200 élèves.

« J’ai huit heures de décharge pour m’occuper de l’administratif ainsi que des relations avec les parents et la mairie. C’est insuffisant ! », explique celle qui, aujourd’hui, est « en colère. » Dans les établissements plus grands, comme les collèges, « il y a un conseiller pédagogique, une infirmière et du personnel administratif. Moi, je commence à 7h30 pour partir à 18h30 avec une pause de 40 minutes pour manger », poursuit Mme Castera.

Marie Legal, secrétaire départemental du SNES-FSU, et Mathilde Canet, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU (Photo : Coralie Mollaret)

Marie Legal, secrétaire départemental du SNES-FSU et Mathilde Canet, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU travaillent, elles, dans le secondaire. « Solidaires », elles veulent témoigner de leurs conditions de travail et de leur souffrance : « Quand on enseigne à des enfants, c’est par vocation. Ne pas avoir les moyens de le faire, avoir le sentiment de faire mal son travail, engendre des dysfonctionnements intérieurs. » Un mal-être qui peut parfois conduire à l’irréparable.

Thierry Olivier, directeur d'école aux Prés-Saint-Jean. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

À Alès, c'est en fin d'après-midi que la communauté éducative s'est réunie devant l'Inspection du travail. D'abord pour rendre hommage à Christine Renon, mais aussi pour « amplifier le message qu'elle a laissé », souligne Thierry Olivier, directeur de l'école des Prés-Saint-Jean.

Lui-même, comme de nombreux autres collègues de la profession, se reconnaît dans le dernier courrier de Christine Renon : « La surcharge de travail qu'elle décrit, c'est notre quotidien. Dans une école, un directeur est seul pour tout gérer. En plus de s'occuper de ses classes et d'animer l'équipe, il remplit tout un tas de rôles. »

Rassemblement ce soir à Alès. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Pour que cette tragédie ne se reproduise plus, la profession réclame des mesures concrètes. « Plutôt que de faire des économies, il faut investir dans l'école pour que nous puissions continuer d'assurer notre mission première, c'est-à-dire nos élèves, dans de bonnes conditions ! » Ces revendications sont à retrouver dans la pétition en ligne "Plus jamais ça", qui a déjà recueilli plus de 98 000 signatures.

Coralie Mollaret (à Nîmes) et Élodie Boschet (à Alès)

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

3 réactions sur “GARD Le malaise de l’enseignement après le suicide de Christine Renon”

  1. Mouais… Alors à chaque suicide dans tel ou tel cadre professionnel on va instrumentaliser pour exiger des moyens supplémentaires…
    Faut quand même pas exagérer: l’ école maternelle n’ est pas la plus difficile( élèves encore gérables) et il n’ y a pas d’ exigences de résultats inatteignables.
    On n’ arrête pas de toujours vouloir plus et on trouve toujours une bonne raison. Et qui payera? Les gens avec leurs impôts .
    Alors ce seront encore les mêmes qu’on va entendre encore râler et pleurnicher si on se met à augmenter les moyens partout? ça suffit.
    Les gens n’ ont jamais été aussi difficiles et exigeants. Qu’ils aillent voir ailleurs si la vie est aussi facile qu’ en France, tout confondu.

  2. Vous n’avez rien compris comme le gouvernement d’ailleurs.

    Le cœur du soucis : charge de travail grandissante, le manque de moyens , les rythmes scolaires qui ne respectent pas le rythme des enfants et qui surchargent les enseignant.es, les pressions hiérarchiques, sa solitude face à des situations quotidiennes difficiles à gérer, l’absence de soutien de la hiérarchie…

  3. J’ai travaillé 21 ans en posté 3X8 dans un bruit permanant ( 80 décibels) dans une atmosphère très poussiéreuse sans vrai soutien syndical ou hiérarchique .Quant à la direction elle n’avait pour seul objectif le rendement. Les arrêts pour maladie sanctionnés sur la prime d’assiduité plus 1 jours de carence avec contrôle médical à la clef dès la deuxième absence . Les arrêts accident du travail entrainaient une minoration de la prime d’intéressement avec rappel culpabilisant des règles de sécurité impossible a respecter . Les congés payés imposés aux équipes postées s’étalant du 15 juin au 15 septembre . Des fêtes, des anniversaires loupés passés à l’usine… Usé et fatigué j’ai presque été soulagé que l’entreprise cesse son activité. Après quoi j’ai connu l’enfer du chômage , de l’intérim et de la reconversion a un âge ( 50 ans) ou les employeurs ne sont pas enclins à vous embaucher. Oui j’ai douté même déprimé en silence car je me devais d’assumer mes responsabilités familiales. Là a été ma force d’avancer.

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