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FAIT DU JOUR Gaëtan Paquiez, le patient nîmois

Parfois titulaire et parfois remplaçant, le Nîmois travaille et attend son heure, en toute humilité.

Paquiez face à Lille la saison dernière (Photo via MaxPPP)

Le défenseur des Crocos n’est peut-être pas installé dans le onze de départ du Nîmes Olympique, mais cela ne l’empêche pas de répondre présent quand on a besoin de lui, comme il le fait depuis quatre ans.

« À lui tout seul, il vaut deux joueurs ». Le compliment vient de Bernard Blaquart qui fait allusion à la capacité de Gaëtan Paquiez de pouvoir jouer aussi bien à gauche qu'à droite. L’entraîneur du Nîmes Olympique poursuit : « Il est indispensable, surtout à Nîmes ». On comprend l’enthousiasme du coach des Crocos car le défenseur est le prototype du joueur polyvalent. Il peut jouer des deux côtés de la défense, et le cas échéant, en sentinelle voire même en récupérateur.

«  Je sais que je suis prêt à les enchaîner »

Malgré tout, il n’est pas devenu un titulaire, car Sofiane Alakouch (à droite) et Florian Miguel (à gauche) sont bien accrochés à leur poste. Pour Gaëtan, il faut être patient et saisir les opportunités, comme des blessures ou des suspensions. « C’est compliqué, car on est meilleur quand on enchaîne les matches, et je sais que je suis prêt à les enchaîner », concède Paquiez, mais il ne fait pas d’histoires et il travaille encore et encore.

Paquiez console son ami Briançon quand il a été expulsé contre Nice  (Photo Anthony Maurin)

« C’est un travailleur acharné et un compétiteur », souligne Yannick Dumas, l’entraîneur de la réserve nîmoise, qui l’a eu pendant cinq dans les équipes des jeunes. Et il poursuit en louant l’état d’esprit de ce père de famille : « Il est au service du collectif, il est généreux dans l’effort, c’est un équipier modèle. Ce n’est pas le plus talentueux, mais grâce au travail, il a su passer les étapes et aujourd’hui il joue en Ligue 1. »

Paquiez lors d'un jeu avec Luca Valls à Peralada (photo Norman Jardin)

Il pourrait se prendre la tête mais Gaëtan préfère savourer la chance qui est la sienne de vivre de sa passion. Pourtant ça n’a pas toujours été facile, comme quand à quelques jours de la reprise de la saison 2015-16, le club lui fait comprendre qu’il ne compte plus sur lui. Le coup est rude. Gaëtan doit travailler au magasin "Espace Foot", situé à 500 mètres du stade des Costières, pour arrondir ses fins de mois. La tentation de baisser les bras est proche mais Yannick Dumas lui conseille de s’accrocher. « Cela n’a pas été facile pour moi. En plus mes parents ont divorcé. Yannick m’a pris sous son aile. C’est grâce à lui que j’en suis là aujourd’hui », se souvient-il.

Une première titularisation en Coupe de France à Moulins

Alors il s’accroche et il a raison puisque Bernard Blaquart devient l’entraîneur de l’équipe première le 24 novembre 2015, en remplacement de José Pasqualetti. Onze jours plus tard, Gaëtan fête sa première titularisation à l’occasion d’un match de Coupe de France à Moulins. Ce soir-là, il partage la défense avec Briançon (son meilleur ami), Barrillon et Renaut. Sportivement, c’est un fiasco, avec une élimination 1-0 et un but encaissé en fin de match. Mais la carrière du Croco vient de basculer du bon côté, car Blaquart compte sur lui. « Je considère que mes vrais débuts, c’était plutôt en championnat face à Brest (NDLR, 8 janvier 2016). On avait gagné 2-0 et je n’ai plus quitté le groupe. »

Gaëtan avec sa fille Giulia et son copain Anthony (photo Anthony Briançon)

Il joue 17 matches lors de cette demi-saison puis 46 en deux autres saisons de Ligue 2 et 20 en Ligue 1 l’année dernière. Alors oui, il n’est pas titulaire indiscutable mais il se console : « J’ai joué les matches contre les grosses équipes.» Rien que la saison dernière, il a affronté le PSG, Lyon, Marseille, Lille et Saint-Etienne ! Depuis le début de l’exercice en cours, il a été aligné contre le PSG, Lille et Monaco. C'est toujours ça de pris.

« Gagner plus d’argent et ne pas être heureux, ça ne m’intéresse pas »

Gaëtan attend son heure, et il a prolongé son bail nîmois jusqu’en 2022. Pourtant l'Estac lui a récemment fait les yeux doux. « Troyes était chaud et le projet était intéressant. Mais si c’est pour gagner plus d’argent et ne pas être heureux, ça ne m’intéresse pas. » Car la vie du Croco a été embellie ses dernières années avec les arrivées de Giulia (2 ans) et Raphaël (6 mois, dont Briançon est le parrain). Avec sa femme Céline, Gaëtan est un papa et un mari comblé.

Paquiez parfois sur le terrain et parfois sur le banc (Photo Anthony Maurin).

Si le défenseur nîmois savoure le présent, c'est aussi parce qu'il se souvient du passé. Né à Valréas (Vaucluse) le 15 février 1994, il part en Corse à l’âge de trois ans, puisque son papa, gendarme, est muté sur l’île de beauté. C’est à l’île-Rousse que vit la famille Paquiez : « j’ai eu une belle enfance, je n’ai jamais manqué de rien. J’avais l’accent corse, c’était la belle vie. J’habitais à 100 mètres de la plage. Je me sens plus Corse que Vauclusien, mais plus Nîmois que Corse. »

« Il fait passer le collectif avant ses états d’âme »

L’aventure insulaire se termine à l’âge de 10 ans avec la mutation de son père à Aramon. Paquiez signe alors chez les poussins du Nîmes Olympique. Il ne quittera les Crocos que pour une courte parenthèse à Avignon en U13. Il revient au club à 14 ans et, depuis, il donne tout pour le maillot rouge. À Nîmes, il s’est aussi fait des amis pour la vie. Il y a bien sur Briançon, mais aussi Bobichon, Valls, Depres et Ripart qui décrit son pote : « C’est un garçon qui parle peu, mais qui bosse beaucoup. Il fait passer le collectif avant ses états d’âme, et on ne peut être qu’admiratif. »

Anthony Briançon et Gaëtan Paquiez le soir de son premier match de championnat face à Brest (Photo Tony Duret)

En attendant de devenir enfin un titulaire incontestable, Gaëtan patiente et quand on fera appel à lui, il donnera tout. Comme d’habitude.

Norman Jardin

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